Le recrutement des enseignants du supérieur 2015 : une affaire de tribalisme, de droit de cuissage et de corruption.

Contrairement aux années précédentes, l’ex ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique Gnamien KONAN a bien voulu confier l’organisation du recrutement des enseignants chercheurs aux universités. Une initiative qui a ses avantages et inconvénients.

Vendredi 29 Janvier 2016 - 10:40


Mme Ramata LY-BAKAYOKO, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
Mme Ramata LY-BAKAYOKO, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
En effet, le recrutement des enseignants d’université se faisait autrefois dans les universités et grandes écoles publiques et la liste des présélectionnés étaient acheminée à la fonction publique pour validation. Puis cette procédure avait fini par disparaître avec l’arrivée du ministre Ibrahim Cissé Bacongo qui avait instauré à la faveur de l’arrêté n° 394 MESRS/CAB du 02 novembre 2009 une Commission Nationale de Recrutement des Enseignants du Supérieur (CNRES). Cette structure comprend  le  Ministère de tutelle (président), le Directeur Administratif et des Ressources Humaines du ministère, le ministre de la Fonction Publique et les toutes les structures d’enseignement supérieur qui utilisent les Assistants.

La création de cette commission nationale visait à donner les mêmes chances d’accès à l’emploi à toutes les filles et fils du pays. Par le passé, certains directeurs de Département ou de faculté privilégiaient l’injustice flagrante. Ils s’érigeaient en demi dieu et accordaient l’accès à l’emploi à certains et privaient d’autres fils du pays d’intégrer le corps des enseignants chercheurs selon leurs désidératas.

Cette année le recrutement a été une catastrophe. Le processus a été confié aux universités par le ministre Gnamien afin qu’elles choisissent elles-mêmes en fonction de leurs besoins. Mais les enseignants d’université ont favorisé des critères officieux à savoir le droit de cuissage, les dessous de table, les règlements de compte et le tribalisme qui ont refait surface dans le recrutement des enseignants chercheurs session 2015.  

A l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody par exemple, une candidate malheureuse de la faculté des sciences dures nous a confié sous le couvert de l’anonymat  que le directeur de son Département qui la draguait depuis des années lui a dis qu’elle ne sera jamais recruté dans ce Département comme enseignante tant qu’elle ne lui offrait pas une partie de jambes. Chose qu’elle a refusait surtout qu’elle est mariée. Elle a donc échouée avec la note éliminatoire de 8 sur 20.  Par contre, une de ses amies rentrée d’un pays étrangers et qui a des relations extraconjugales avec le sieur directeur en question a été la première sur la liste des admis. Chose bizarre, sa spécialité est dite prioritaire par les responsables du Département et en plus elle a plusieurs publications scientifiques. La première sur la liste n’a aucune publication. Elle comprend qu’elle a été victime d’une campagne d’intoxication de la part de celui qui la courtise depuis longtemps et à qui elle ne compte pas se livrer.  Mademoiselle S. A. H est dégouttée car personne ne veut l’écouter et elle veut se donner la mort de façon spectaculaire devant le bureau de son bourreau qui est par ailleurs son chef de Département.

Dans cette même université de Cocody, la faculté des langues, littératures et civilisations  étrangères s’est illustrée de la plus mauvaise des manières. Au Département d’espagnol par exemple, le jury a été formé sur des bases tribales (plus de 65 pour cent des membres soit 2 sur 3 étaient de la même tribu et seul un était réellement spécialiste de la discipline). Comment un tel jury pouvait-il rendre compte de la qualité d’une thèse complètement rédigée  en espagnol ? .

Selon une enseignante dudit Département, le pire c’est que 80 pourcent des admis (soit 4 sur les 5 sélectionnés) appartiennent au groupe ethnique du président du jury et du doyen de la faculté. Cette dame toute révoltée affirme qu’il s’agit bel et bien d’une forfaiture dont le but était d’éliminer des candidats sur la base de l’ethnie. Elle regrette et a du mal à comprendre le fait que contrairement aux autres jurys de la faculté il n’y avait que 3 personnes au lieu de 5 voire plus ailleurs.  C’était tout sauf un entretien conclut-elle.

Quant à la faculté des sciences humaines notamment le Département de philosophie de la même université de Cocody,  la course aux heures complémentaires a été privilégiée au cours de ce recrutement. La stratégie était simple. Plus on recrute des enseignants moins on a des heures complémentaires et  on perd de l’argent.  Alors il faut donner des notes éliminatoires à la majorité des candidats et réduire de fait l’effectif des enseignants. Selon un enseignant du Département, les membres du jury avait pour mission de donner des notes éliminatoires aux candidats afin que le Département de philosophie ne reçoive pas de nouveaux enseignants cette année.  C’est ainsi que plusieurs candidats ont eu une note inférieure à 12 sur 20 soutient-il.

En somme, de nombreux candidats ont été éliminés pour des raisons farfelues et subjectives. De faux rapports d’entretien ont été faits  et de mauvaises notes ont été attribuées à des excellents  candidats. C’est pourquoi, le ministère doit redéfinir les choses. L’autonomie des universités suppose que les universités s’autofinancent or en Côte d’Ivoire c’est l’Etat qui finance les universités et grandes écoles publiques. Du coup l’Etat ne doit pas laisser le recrutement aux mains des universités au nom d’une quelconque autonomie. Les critères de sélection doivent être connus de tous et comme au CAMES par exemple, chaque article publié compte 1 point et celui qui a plus d’articles aura plus de point et sera le premier du concours.

 Cette classification par mérite académique éviterait ses notes fantaisistes et injustes qui nous a été donné de constaté lors de cette dernière session de recrutement des enseignements du supérieurs.     

 Un contributeur anonyme.




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