Le procès de Gbagbo et Blé Goudé à la CPI est la plus vilaine métaphore de la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui et de ses dirigeants actuels.

Samedi 13 Février 2016 - 23:58


«…penses-tu que si nous n’avions pas tué Désiré Tagro et Ibrahim Coulibaly (IB), on pourrait faire ce que nous sommes en train de faire actuellement en Côte d’Ivoire ?… » Aux dires des sachants du marigot infect de Blaise Compaoré-Alassane Dramane Ouattara, ces propos sont de Soro Kigbafori Guillaume alias ‘’Kirikou’’. Ce membre de phrase est tiré de l’une des conversations téléphoniques, entre le premier cité et Djibril Bassolé. Des conversations liées au coup d’Etat en perpétration au Burkina Faso dont la face visible est Gilbert Diendéré. Il s’agissait en effet, de mettre tous les plans et moyens à contribution pour faire aboutir cette forfaiture de charognards à la peau d’hommes. Suite à cela, il y eut une vague d’agitations juridico-politiques qui s’éteignit comme une flamme de bougie sous la rotation d’un ventilateur mal intentionné. Diantre, quelle est cette ombre épaisse qui protège ces marginaux de la société qui ensevelissent nos intelligences porteuses d’avenir fécond et fécondant pour nos peuples travailleurs ? D’où vient cette chape de plomb inhibitrice de nos initiatives de construction et de production pour l’essor de notre chère Côte d’Ivoire, au mieux des intérêts des peuples du monde ?


 

Faisons connaissance des acteurs, des contextes pour mieux en asseoir nos thèses


 

1/-Contexte ivoirien

1er personnage : Qui est Désiré Tagro ?

 

 

Il est un magistrat chevronné, ministre de la justice et ministre de l’intérieur et de la sécurité sous le régime du président Laurent Gbagbo (2000-2010). Au-delà de ces fonctions, Désiré Tagro s’est taillé un profil d’homme central dans le système Gbagbo, au point de réussir les accords de Ouaga. Par ce fait, l’homme est une bibliothèque qui contient tous les tenants et aboutissants de la rébellion dévastatrice déclenchée en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002 ; c’est un tout-sachant donc un homme hautement encombrant pour Soro Guillaume et ses parrains. Voilà pourquoi Désiré Tagro a été tué par une décharge à la Kalachnikov sur sa mâchoire inférieure, peu avant la capture du Président Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011 à 11 heures.

 

2ème personnage : Qui est Ibrahim Coulibaly (IB) ?

 

 

Il est un militaire subalterne, Sergent Chef mais tête de prou de la rébellion de septembre 2002 jusqu’avant les premières négociations entre l’Etat de Côte d’Ivoire et les rebelles, initiées à Lomé au Togo. IB était très tôt dédié au couple Ouattara et enfants, en qualité d’aide de camp aussi bien en France qu’en Côte d’Ivoire. Sa taille et sa corpulence le disputent à son charisme qui fait de lui, un grand meneur de troupe. Malheureusement, sa maitrise approximative de la langue française et son niveau relativement bas de la culture intellectuelle furent du pain béni pour que leur mentor Alassane Dramane Ouattara préfère Soro Guillaume à lui, dans la conduite de la rébellion. Ibrahim Coulibaly a ressenti ce choix fait par Alassane Dramane Ouattara comme un témoignage d’ingratitude mieux, comme une trahison. Dès lors, il devient la cible de nombreuses tentatives d’assassinats commanditées, au sein de leur confrérie, en vue de le réduire au silence absolu. Son instinct de survie et ses ressorts de militaire lui réussirent à merveilles qu’il échappa à la mort et se planqua dans un pays voisin, moins partie prenante dans la rébellion.

 

3ème  personnage : Qui est Soro Guillaume ?

 

Il est un étudiant en anglais de niveau premier cycle, perturbateur de l’orthodoxie académique par le moyen de la Fédération des Etudiants et Elèves du Secondaire de Côte d’Ivoire (FESCI) dont il tenait les rênes. Sous le règne de cette pègre universitaire, il n’y eut plus jamais d’années académiques régulières en Côte d’Ivoire. Et, cette dérive culmina en une année blanche au désarroi de toute la société ivoirienne qui, jusque-là, en était étrangère. Soro Guillaume sort de son parcours universitaire, clair-obscur, pour saisir la main tendue et se jeter sur les mamelles sanguinaires d’un certain lugubre personnage surnommé ‘’bravetchè’’ pour s’abreuver. Eduqué désormais, à la sève des putschs, des rébellions, des tueries vaches et des chienlits, Soro Guillaume est désormais recomposé en terroriste sans foi ni loi.

 

4ème personnage : Qui est Bakayoko Soumaïla ?

 

 

Il est un militaire de carrière au béret noir. Il fut officier supérieur (Colonel), chef de corps du 1er Bataillon blindé (BB) du camp militaire d’Akouédo avant la rébellion de septembre 2002. Ce militaire, du fait qu’il appartient au corps de la cavalerie, est le choix tout trouvé pour servir les causes noires de la confrérie. Un militaire cavalier est celui qui détient les chars et tous les engins lourds de destruction. Il a pour mission de tout détruire sur son passage, d’ouvrir la voie aux autres dans un contexte d’insurrection.


 

Chronologie des nuisances causées à la Côte d’Ivoire par cette confrérie

 

La porte du cœur, c’est la bouche ! C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle ! Cette pensée est confortée par les faits suivants :

-1993-1999 : « …le président Houphouët est mort, en ma qualité de 1er ministre, je mets en place un comité de crise pour gérer les affaires courantes de l’Etat… » La mort du Président Houphouët Boigny est intervenue le 7 décembre 1993. A ce moment, l’article 11 de la Constitution ivoirienne, toujours en vigueur aujourd’hui, ouvrait droit au président de l’Assemblée Nationale de succéder au défunt président. Nous en concluons que la phrase dite entre les guillemets est sortie de la bouche d’un cœur insubordonné, belliciste et putschiste.

- Un an après soit en 1994, le RDR fut créé (une dissidence du PDCI-RDA) par l’auteur de cette phrase. Il va entrainer le FPI de Laurent Gbagbo dans un front républicain pour boycotter les élections présidentielles de 1995 causant des morts à l’infini.

-En 1998, des conférences de presse se sont multipliées en Afrique et en France autour de phraséologies insurrectionnelles : « …je suis Ivoirien, j’aime mon pays, je veux le servir, on m’en empêche parce que je suis musulman et issu du nord de la Côte d’Ivoire…Ce pouvoir moribond, je le frapperai le moment venu, il tombera et je rentrerai dans mon pays… ».

-Ainsi, le 24 décembre 1999, la Côte d’Ivoire fut plongée dans un émoi assourdissant parce qu’elle connaissait le 1er coup d’Etat militaire dans sa jeune histoire avec des morts qu’on cachera au monde. Malheureusement pour cet assoiffé de pouvoir, les réalités du terrain vont contrarier ses ambitions, cependant il se taille la part du lion dans la composition du gouvernement de transition. Qu’à cela ne tienne, il remet ça.

-En 2000, une rixe de chiffonniers oppose Gbagbo Laurent à Robert Guéi pour réclamer la victoire, suite à l’élection présidentielle. Le troisième larron, à pas feutrés, trouve que son heure a enfin sonné et déverse ses sofas dans les rues d’Abidjan à travers ce mot d’ordre : « …le pouvoir est dans la rue, allez y le ramasser et me le ramener… ». Ce fut encore une occasion pour ce dernier de sacrifier des vies humaines sans toutefois qu’il ait gain de cause. Il va lâcher comme les autres ignobles récitals celui-ci : « …je rendrai ce pays ingouvernable…». Ne voulant pas démordre de sa lubie, le pyromane va s’offrir les services de Mouammar Kadhafi et de son compatriote Blaise Compaoré. Le Burkina Faso va donc servir de base-arrière et de foyer d’incubation de la conspiration contre la Côte d’Ivoire.

-le 16 janvier 2001 et comme test, Ibrahim Coulibaly (IB), alors aide de camp du couple Ouattara tenta pour le compte de son mentor, le foireux coup de la Mercedes noire venue du Nord. Dans le même filon, c’est le même IB qui convoyait l’argent qu’Alassane Dramane Ouattara déboursait pour entretenir la rébellion en préparation à Ouagadougou au Burkina Faso pour attaquer le régime Gbagbo. IB, grand sachant sur le couple Ouattara méritait cette mort tragique qui montre aussi, le cynisme de ce couple sulfureux.

-En septembre 2002, ce fut la perpétration grandeur-nature des ambitions putschistes de l’individu. Les chefs de guerre, les combattants et les chefs politiques de la rébellion, de par leurs origines et appartenances d’une part, les origines et appartenances des victimes d’autre part, confirment la thèse sécessionniste. Et aussi, de la vengeance forcée par l’homme d’une partie du pays d’une autre. Dans cette période de triste mémoire (septembre 2002-avril 2011), que de vies humaines sacrifiées, que de ressources du sous-sol pillées, que de biens privés dépossédés et détruits à travers les fours crématoires et les camps de concentration de Soro Guillaume et de ses mandants à Bouaké ?


 

2/-Contexte burkinabè

1er personnage : Qui est Blaise Compaoré ?

 

Il est un officier subalterne (capitaine) de l’armée burkinabè, un Mossi qui commandait le camp des bérets rouges de PO. Même s’il s’en cache, la mémoire collective retient que Blaise Compaoré, même s’il n’est pas l’auteur direct, il n’est pas neutre non plus dans l’assassinat du président du Faso Thomas Sankara qui est un Peulh, le 15 octobre 1987. Il dirigera, de façon totalitaire, le Burkina Faso pendant 27 ans grâce à son Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP) et après avoir fait tuer toutes les têtes fortes du pays, tant au plan intellectuel, militaire que civil, suscptibles de lui faire ombrage. Vers fin 2014, le peuple des hommes intègres exacerbé par la dictature sanguinaire et gabégiste de Blaise Compaoré réussit à le chasser du pouvoir. Une transition s’installe et conduit merveilleusement la barque.

 

2ème personnage : Qui est Diendéré Gilbert ?

 

Il est un officier général de l’armée, commandant du RSP, une gestapo à la burkinabè, bras droit à tout faire de Blaise Compaoré et exécuteur de Thomas Sankara. C’est lui qui a conduit le foireux putsch contre la transition de l’après Compaoré.

 

3ème personnage : Qui est Bassolé Djibril ?

 

Il est un général de la gendarmerie burkinabè, ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré et homme des missions noires.

 

4ème personnage : Qui est Chérif SY ?

 

Il est le président de l’Assemblée de transition et celui qui a tenu haut le pavé pour maintenir la transition jusqu’à l’échec du coup contre la transition.

 

5ème  personnage : Qui est Salif Diallo ?

 

Il est l’actuel président de l’Assemblée Nationale burkinabè qui a rompu les bancs avec Blaise Compaoré longtemps avant.

 

Analysons par analogie

 

En Côte d’Ivoire, il y a eu un boycott actif meurtrier de l’élection présidentielle de 1995, ensuite un coup d’Etat en 1999, puis une chienlit en 2001-2002, une rébellion perlée (déconcentrée en zones Centre-Nord-Ouest) très sanguinaire de 2002 à 2010 et une guerre postélectorale affreuse d’octobre 2010 à avril 2011. Cela avait pour seul objectif d’ouvrir plusieurs fronts en vue de paniquer, affaiblir et déstabiliser l’armée régulière de sorte à lever tous les obstacles à l’accès au pouvoir par le mentor. Pour y parvenir et confisquer à jamais la démocratie, il eut fallu tuer Désiré Tagro et Ibrahim Coulibaly, commettre les pires exactions, pousser de nombreux Ivoiriens en exil, d’autres en prison, en déportation à la CPI et geler les comptes d’autres encore. Les écoutes téléphoniques révèlent que Soro Guillaume promet des soutiens matériels et financiers au putsch du Général Diendéré comme la rébellion ivoirienne en a reçu de Kadhafi, de Blaise Compaoré et du monstre masqué qui pourtant bénéficie de tout aujourd’hui. Soro conseille d’attaquer plusieurs villes du pays pour que l’armée régulière panique et se sente obligée de répondre partout afin qu’affaiblie, le RSP résiduel puisse prendre le pouvoir quand le Président Michel Kafando aura fui par forfait. Soro recommande aussi que Salif Diallo et Chérif SY, les équivalents de Désiré Tagro et Coulibaly Ibrahim soient tués pour que Blaise Compaoré réintègre son poste dans la quiétude. En somme, Soro conseille le modèle ivoirien au Burkina Faso. Le Général Soumaïla Bakayoko n’en conseille pas moins. Les noms d’Hamed Bakayoko, d’Alassane Dramane Ouattara dans ces conversations illustrent bien le pays délétère que la Côte d’Ivoire est devenue par le bon vouloir du régnant actuel dans notre pays .


 

Qu’en retenir ?

 

Au regard de ce qui précède, je retiens que le RDR régime au pouvoir, à défaut de changer le cours de l’histoire en Côte d’Ivoire par un programme politique et une mobilisation des masses, pour des élections démocratiques, justes, libres et transparentes, a depuis 1995 jusqu’à ce jour fait le choix des putschs. De ce fait, il ne s’est jamais embarrassé des moyens illégaux et proscrits par les Etats modernes pour parvenir à ses fins. Et, il s’y est installé à vie. Alors, c’est le péage de la circulation des biens et des personnes en pleine agglomération d’Abidjan. Ce sont les strangulations des entreprises, les nominations tribales aux hautes fonctions civiles et militaires, c’est l’explosion exacerbée du régime fiscal qui empêche les masses populaires d’avoir un pouvoir d’achat et de créer une classe moyenne. La Côte d’Ivoire est composée actuellement d’une minorité aristocratique et d’une grande masse prolétaire. Jamais ce pays n’a été aussi divisé.


 

Procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la CPI


 

De quoi s’agit-il ? Une procureure nommée pour servir un réquisitoire aussi ubuesque qu’inique après 5 ans d’investigation ? La ligne de contrattaque des avocats de la défense balaie toutes les affabulations échafaudées par ce complot international contre le vrai peuple ivoirien. Comment peut-il se faire que depuis 5 ans d’investigations, et des mandats d’arrêt lancés contre les chefs de guerre du RDR, rien ne soit exécuté pour ouvrir un procès contradictoire des protagonistes des deux camps en vue de faire jaillir la vérité ? Il s’agit de protéger qui ? Où en sommes-nous avec les mandats d’arrêt internationaux lancer contre Blaise Compaoré, Soro Guillaume, Soumaïla Bakayoko par la justice française pour les uns et par le Burkina Faso, la Belgique pour les autres ? Le RDR, Blaise Compaoré, les chefs de la rébellion en Côte d’Ivoire et des tueurs pro-ouattara de la guerre postélectorale appartiennent à la même confrérie, à la même pègre. Blaise Compaoré a déstabilisé le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Sierra Léone, la Guinée Conakry, le Libéria, la Guinée Bissau, le Mali et le Niger. Le Président François Hollande rabaisse la Grande France en s’appropriant le honteux héritage de la rébellion en Côte d’Ivoire qui a permis à Alassane Dramane Ouattara de s’installer au pouvoir sans aucune élection véritable ni pour son premier mandat, ni pour le second. François Hollande accepte donc qu’Alassane Dramane Ouattara dispose de l’épée que lui a passé son frère Blaise Compaoré pour mettre la Côte d’Ivoire et la Sous-région en coupes réglées ? C’est misérable pour l’ONU, la CPI, la France et la Communauté internationale de donner cours à ce jugement des plus partiaux dans l’histoire de l’humanité. Tous les décideurs et ceux qui encouragent ce procès inique rendront compte à la postérité. Que dit François Hollande lorsque Alassane Ouattara, au sortir de l’Elysée, déclare ne plus envoyer un Ivoirien à la CPI parce que notre appareil judiciaire est devenu crédible, que dit François Hollande le socialiste, alors qu’il sait que Ouattara met son régime qui prend fin dans 4 ans à l’abri en faisant dire à la CPI que le procès de Gbagbo connaitra son épilogue dans 4 ans ? François Hollande « président normal et le changement maintenant » est-il devenu anormal et le meilleur apôtre de Nicolas Sarkozy dans l’effondrement de l’image de la grande France ? Que dit la douce France quand François Hollande,  protège une constellation de terroristes conduite par Blaise Compaoré et son frère Alassane Dramane Ouattara, alors qu’il prétend faire la guerre aux terroristes ? Que doit-on attendre de ce procès déséquilibré ? A mon sens, LE PROCES DE GBAGBO ET BLE GOUDE A LA CPI EST LA PLUS VILAINE METAPHORE DE LA COTE D’IVOIRE ET DE SES DIRIGEANTS ACTUELS QUE CE PAYS N’A JAMAIS ETE ET CONNUS


 

Le régime ouattara

 

 

En réalité, le régime ouattara incarne la faillite morale, économique et sociale du peuple ivoirien parce qu’Alassane Dramane Ouattara est un homme-programme. Le programme politique, économique et social du RDR se résume à Alassane Dramane Ouattara. La crise postélectorale doit être située dans la mouvance du mécontentement général des Ivoiriens qui sourdait. La rébellion du RDR de 2002 qui a empêché le Président Gbagbo Laurent démocratiquement élu de gouverner, le tribalisme du RDR (politique du rattrapage), la tendance à la remise en cause du vivre-ensemble, le mal-être et le mal-vivre, la cherté de la vie, les libertés démocratiques confisquées, la presse libre combattue, la non libéralisation des média, les emprisonnements sans jugement, les crimes extrajudiciaires, la justice des vainqueurs, la gabegie au sommet de l’Etat, les pertes forcées d’emplois, la gestion familiale du pouvoir, le pillage des ressources du pays et celles des entreprises, sont autant de maux qui vont jeter la base d’un mouvement de masse qui va éclater si l’on n’y prend garde dès maintenant. Qu’en pensent les Socialistes français, qu’en pense la classe politique française, enfin qu’en pensent les démocrates du monde ? Doit-on laisser une minorité terroriste naufrager les masses populaires valides, socle du développement ?


 

Le rapport de la CDVR

 

 

A-t-on raisonnablement besoin d’un tel cirque à la CPI alors que le débat a été tranché par la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR) ? En effet, cette commission conduite par son Président Charles Konan Banny avait pour mission de connaitre des crises sociopolitiques qui se sont succédé en Côte d’Ivoire. Pour ce faire, elle a sollicité les services de cabinets spécialisés pour dresser le plan de travail que je ramasse en 5 points :

  • Lumière sur les crises socio-politiques intervenues en Côte d’Ivoire. Quelle période ? Celle retenue est 1999-2011.

  • Quelles en sont les causes profondes ? un symposium a été organisé à cet effet.

  • Quels sont les crimes commis et leur nature ? qui a fait quoi et pourquoi ?

  • Qui sont les victimes sur toute l’étendue du territoire ?

  • Quels sont les cas emblématiques ? Sélection appelée en audiences publiques.


 

De ce travail volumineux qui a duré 3 ans, a été mené avec méthode, rigueur, objectivité et un esprit scientifique, 72 000 victimes ont été répertoriées et les plus emblématiques sont passées aux audiences foraines. Des films, des écoutes et autres supports ont été réalisés pour provoquer une catharsis entre victimes, bourreaux, commanditaires etc., de sorte que tous les Ivoiriens puissent savoir ce qui s’est passé. Et au final, que les fautes soient reconnues, que les repentirs suivent afin que le pardon intervienne pour que sans complaisance, la justice fasse son travail. Ainsi, les Ivoiriens en chœur, pourront dire, plus jamais ça ! Toute chose qui pourrait ramener une vraie réconciliation entre les Ivoiriens. Malheureusement, lorsque le Président Charles Konan Banny a remis ce rapport final de la CDVR au Président Alassane Dramane Ouattara, le commanditaire du travail, il a pris soin de le ranger au rebut. En effet, il a réuni ses proches autour de lui pour visionner le film. Au sortir de leur conclave, ils censurent purement et simplement le rapport de la CDVR  en arguant que les images sont horribles, choquantes et que par conséquent, elles ne méritent pas d’être diffusées au grand public. Cette attitude d’Alassane Dramane Ouattara me parait curieuse tout autant qu’elle soulève des interrogations : à quelles fins a-t-il commandé ce travail ; les images visionnées travestissent-elles la réalité ; les victimes survivantes et leurs parents ainsi que les parents des morts ignorent-ils comment ces crimes ont-ils été commis ; veut-il encourager d’autres forfaits de ce genre en cachant ces images, veut-il lui-même cacher son parti lié ou bien, veut-il protéger ses sofas ? Bien au contraire, je pense que ces images doivent être diffusées pour que les bourreaux et leurs mandants voient leurs atrocités dans sa laideur la plus animale, aux Ivoiriens et aux populations du monde, la cruauté que l’homme peut nourrir contre l’homme pour arriver à ses fins égoïstes. Il faut choquer l’opinion pour décourager d’autres velléités de cette nature en s’appropriant ce travail qui doit aboutir à une table ronde impliquant la France, l’ONU et les leaders des organismes de défense des droits humains, et les Intellectuels en vue de nous aider à solder ce lourd  passif et sceller une vraie et définitive réconciliation entre Ivoiriens.


La Côte d’Ivoire ne saurait se plier à la métaphore d’enclos auquel Alassane Dramane Ouattara veut la réduire. Elle doit s’ouvrir au monde et faire partie du village planétaire. D’où, la nécessité de faire une large diffusion des films sur le rapport final de la CDVR. Notre pays doit s’ouvrir, même si les nombreux actes d’atrocité commandités par Alassane Dramane Ouattara ont fait plus de victimes qu’au Rwanda. Ce pays, en toute responsabilité, a créé un musée des ossements des victimes du génocide. Ce musée est ouvert à tous pour marquer les esprits des générations, dans le temps et dans l’espace ; mais surtout, pour incruster l’aversion pour la guerre comme un totem national dans les mémoires. Aujourd’hui, la Rwanda est un modèle de développement, même si la perfection n’est pas de ce monde. La création de la Commission Nationale de Réconciliation et d’Indemnisation des Victimes (CONARIV) sur la défunte CDVR n’est qu’une chronique ordinaire de la haine qu’Alassane Dramane Ouattara voue à monsieur Charles Konan Banny et au peuple ivoirien. Non, ce peuple n’a jamais été autant divisé ! Distribuer de l’argent comme rançon à des parents en échange de leurs filles, fils, mères, époux, pères et collatéraux atrocement arrachés à la vie est le pire rempart du mal absolu dans une société. L’argent absout-il la criminalité, l’argent peut-il transformer un loup en colombe, l’argent réconcilie-t-il les peuples braqués les uns contre les autres ?


 

Qu’en conclure ?

 

 

Au regard de ce qui précède, ce n’est pas trop demander d’affirmer l’échec et la forclusion d’Alassane Dramane Ouattara quant à la conduite de l’Etat en vue du rassemblement et de la réconciliation des Ivoiriens. Cet homme est hanté par les fantômes des nombreuses personnes tuées pour sa gloire. Alassane Dramane Ouattara ploie sous le poids de sa méchanceté envers ses semblables, il est affecté et n’en peut plus de devoir lutter contre un mal chronique qui le ronge. Subtilement, il a avoué ne pas terminer son deuxième mandat. Il faut le disqualifier pour asseoir un nouvel ordre transitionnel qui puisse préparer un retour à la paix devant ouvrir les chances à des élections démocratiques et plus crédibles. A ce sujet, passant en revue, avec la tête froide, les acteurs politiques ivoiriens, monsieur Charles Konan Banny apparait à mes yeux comme l’homme de la situation. Ce grand commis de l’Etat, ayant à cœur de sauver sa nation des turbulences, a toujours été là pour éteindre les feux et pour rapprocher les extrémités. Les Présidents Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et le chef rebelle Soro Guillaume ne peuvent me contredire là-dessus. N’est-ce pas le Président Charles Konan Banny qui a réussi à les faire asseoir autour de la même table à Yamoussoukro au pire des moments de la rébellion et provoquer la signature des accords de Ouaga ? Une fois cette mission terminée, il céda le poste de premier ministre, le 29 mars 2007.


 

Un aperçu du parcours du Président Charles Konan Banny

 

 

En 1990, au moment où la Côte d’Ivoire subissait la crise économique et que le Président Félix Houphouët-Boigny  était malmené par les effets du discours de la baule, c’est monsieur Charles Konan Banny qui a été appelé depuis le siège de la BCEAO pour être nommé Secrétaire Général du Comité Interministériel pour le redressement structurel de l’économie. En 1994, après la dévaluation du Franc CFA, c’est monsieur Charles Konan Banny, alors Gouverneur de la BCEAO, que le Président Henri Konan Bédié a sollicité pour une application bien maitrisée de cette nouvelle donne dans le monde des finances. Sous le Président Laurent Gbagbo et en pleine rébellion, quand le gouvernement n’arrivait plus à se réunir du fait du repli des forces nouvelles dans la moitié nord du pays, c’est monsieur Charles Konan Banny que la CEDAO et la Communauté internationale ont désigné, bien sûr avec l’aval du peuple ivoirien, comme premier ministre ayant pleins pouvoirs avec signature de décrets de nomination, sur la résolution N°1633 du Conseil de Sécurité de l’ONU en décembre 2005. Sous le premier mandat du Président Alassane Dramane Ouattara, c’est encore monsieur Charles Konan Banny que Ouattara  et Bédié ont consensuellement, toujours avec l’accord du peuple, désigné Président de la CDVR, par décret présidentiel le 11 juillet 2011, pour une vraie réconciliation. Il quittera ses fonctions le 17 décembre 2014.


Le Premier ministre Charles Konan Banny fait l’unanimité des populations et de tous les Présidents de la République de Côte d’Ivoire, chaque fois que ce pays connait des difficultés d’ordre général. Malheureusement, monsieur Charles Konan Banny a été confronté, dans le cadre de la CDVR, aux obstacles qu’Alassane Dramane Ouattara a échafaudés pour parasiter son travail. Nonobstant cela, j’affirme que monsieur Charles Konan Banny a une légitimité historique dans la gestion des grands dossiers de l’Etat, il est crédible parce qu’il n’est pas l’homme des combines et des combinaisons mafieuses, il n’est pas l’homme des compromis et des compromissions aventurières, Charles Konan Banny a sillonné toute la Côte d’Ivoire, il a su être dans la proximité des populations, il a su être à leur écoute, il a su recueillir leurs récriminations et comprendre leurs attentes. Charles Konan Banny a su s’armer de patience, d’endurance, du sacrifice de soi et il a séché les larmes des victimes, il a apaisé le cœur et éteint les feux flamboyants de vengeance que crachaient les yeux des victimes et de leurs parents. Sur les visages où écumait la désespérance, Charles Konan Banny a su semer les graines de l’espoir en un avenir sans écueils en Côte d’Ivoire.


 

Non, il n’est pas un homme aux relents terroristes, il est un Chef d’Entreprise dans l’assertion la plus noble du terme. Charles Konan Banny est un homme de paix, de discrétion qui est toujours à la recherche du consensus partagé qui construit et qui fait avancer. C’est pourquoi, il trouve que le combat est ailleurs. Pour lui, il faut étendre les libertés démocratiques, respecter les libertés individuelles, faire reconnaître aux majorités leurs devoirs envers les minorités et à ceux-ci leur droit à la différence, améliorer les conditions de vie des populations ivoiriennes. Charles Konan Banny est pour une vraie politique de l’emploi des jeunes qui, malgré leur poids dans la société, sont durement frappés par le chômage, il veut lutter contre la vie chère, l’insécurité et le manque de démocratie. Charles Konan Banny  comprend les velléités de revendication des masses face à la misère et à la pauvreté car, la faim et la maladie n’attendent pas, comment les masses peuvent-elles attendre les recommandations du gouvernement contre les revendications ? Avec monsieur Charles Konan Banny, la chape de plomb sautera un jour en Côte d’Ivoire pour un vivre-ensemble harmonieux dans la justice, la paix, la sécurité, la vérité et la démocratie. De ce fait, il est une grande conscience de ce pays et il a de grands projets pour ses populations. Pourquoi ne pas explorer monsieur Charles Konan Banny et le contenu de son rapport de travail à la CDVR si l’on veut un vrai « Côte d’Ivoire is Back ? » telle est ma ferme conviction qui je sais, est partagée par les nombreuses populations ivoiriennes.

Il faut sauver la Côte d’Ivoire.



 

                               Roger-Antoine KASSI

                               Citoyen ivoirien, Militant PDCI-RDA

 





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