Le président du PIT sur ONUCI FM Daniel Ahizi :« Il faut un consensus national minimal avant les élections de 2015 »

Daniel Ahizi, le président du parti ivoirien des travailleurs était hier matin, l’invité de la radio Onuci FM. Il y a donné sa vision de la réconciliation nationale et précisément sa recette pour des élections apaisées en 2015 en Côte d’Ivoire.

Samedi 21 Décembre 2013 - 07:01


Daniel Aka Ahizi, président du PIT
Daniel Aka Ahizi, président du PIT
Vous sortez d’une réunion du comité central du PIT, quelles  en sont les grandes décisions ?

Au cours de ce comité central, nous avons salué la récente déclaration du président de la République qui  appelle les partis politiques à  se préparer à aller aux élections. Cela témoigne de sa volonté de respecter le calendrier des  différentes échéances  électorales fixées par la Constitution. Et nous avons examiné la situation pour voir si les conditions étaient  réunies pour aller aux prochaines élections.

De quelles conditions parlez-vous ?

Nous parlons de la sécurisation du pays dans un premier temps, qui ne peut pas nous permettre en l’état actuel des choses d’aller à des élections apaisées, parce que  nous faisons le constat depuis 1995 que tous les drames que ce pays  connait, sont le fait d’élections présidentielles mal organisées. Dans ces conditions il est bon que l’on s’asseye, que l’on mette tout sur la table à l’effet de trouver un consensus  minimal entre  les partis politiques d’une part et d’autre part, entre  le gouvernement et les partis d’opposition, avant de parler d’élections dans ce pays.

Cela veut dire quoi concrètement ?

Cela veut dire concrètement, que d’abord, la sécurisation de ce pays soit assurée ; que la loi portant statut des partis politiques de l’opposition soit votée ; que la CEI dans sa configuration actuelle soit dissoute pour faire place à une commission plus équilibrée entre les partis politique d’une part et la société civile d’autre part.

Quelles sont les propositions que vous faites pour une nouvelle commission électorale indépendante ?

Nous proposons que des personnalités issues de la société civiles puissent y entrer en grand nombre pour maintenir un certain  équilibre entre  participants du côté du parti pouvoir et participants côté opposition. Cela, pour assurer non seulement un équilibre en terme de représentativité, mais aussi en terme de pouvoir pour ne pas qu’il y ait un seul type de pouvoir parce que nous savons qu’à la CEI aujourd’hui, il y a des membres qui ont voix délibérative et d’autres,  qui ont voix consultative. Ce n’est pas normal et c’est une question de droit et aussi,  nous souhaitons sincèrement que le président de la République entende notre appel pour arriver à un consensus minimal pour des élec- tions apaisées.


Vous proposez un consensus national entre partis politiques  d’une part et entre gouvernement et partis d’opposition d’autre part. Comment voyez-vous la faisabilité d’une telle démarche ?

Nous laissons le soin au gouvernement de prendre l’initiative en appelant à une table de discussion les partis de l’opposition, de choisir et de définir les thèmes de référence et nous nous re- trouverons autour de tout ça pour une discussion franche. Je pense que cela s’impose et je crois qu’aujourd’hui, il y a des engagements que chacun doit prendre pour faire avancer le pays

Pour être précis, de quel type d’engagement s’agit-il ?

Premièrement, s’engager à reconnaitre le résultat des prochaines élections ; deuxièmement, les partis politiques engagés dans les élections doivent avoir un accès équilibré aux médias d’Etat ;  troisièmement, il ya la question du financement des partis politiques de l’opposition et c’est pourquoi nous demandons que la loi sur le sujet, soit votée pour que nous sachions exactement à quoi cela correspond. Ensuite, que nous ayons la possibilité de tenir tranquillement nos meetings en ayant la même protection que le parti au pouvoir. Il faut que tout cela soit mis sur table et que nous regardions ça de près. Sinon, on ne peut pas aller dans cet environnement-là, à des élections avec des gens encore en armes, sans que ceux-ci ne soient désarmés. Cela doit être fait avant juin 2014 comme le recommande d’ailleurs le conseil de sécurité de l’Onu, dans l’une de ses  dernières déclarations. Cela doit être une exigence pour la sécurité de tous afin que 2015 soit véritablement une année électorale.■

Propos retranscrits sur Onuci Fm par Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°533 du Vendredi 20 Décembre 2013




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