Le pays va très mal: Lettre ouverte à monsieur Alassane Ouattara, président de la République de Côte d’Ivoire. ( Par Bertin KOFFI, cadre du Pdci Rda)

Mercredi 30 Août 2017 - 08:58


                                                            

Monsieur le Président,

Quoique conscient de l’entassement des dossiers sur votre bureau, du fait de vos vacances, je m’en voudrais de ne pas vous adresser cette lettre qui, pour moi, est d’une extrême importance. Il s’agit de cette nouvelle trouvaille qu’est le «parking-péage » qui vient d’être instauré au plateau. Certainement que  le «parking-péage » est une mamelle de l’économie qui vient s’ajouter aux nombreuses autres que vous avez initiées en vue de réaliser l’EMERGENCE de la Côte d’ivoire que vous appeler, sans faiblir, pour l’an 2020 coûte que coûte.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Le pays va très mal de la misère qui est devenue le lot quotidien des Ivoiriens ; le pays va très mal du phénomène des ‘’microbes’’ né de la guerre pour le pouvoir entre politiciens qui n’ont d’idéal que leurs intérêts haïssables  depuis 2002. Ces microbes, protégés par je ne sais qui, poussent dans tous les quartiers et villes du pays pour écumer les domiciles avec morts d’hommes, et en toute impunité ; le pays va très mal du pillage des deniers publics ; le pays va très mal de son système scolaire politisé sans éducation civique, sans morale et sans une culture de rigueur ; le pays va très mal des mensonges érigés en règles sociales à tous les échelons de la vie civile, politique et militaire ; le pays va très mal des mercenaires enrôlés comme carriéristes dans l’armée nationale au mépris de toute politique de programmation militaire ; le pays va très mal du non respect des clauses des alliances politiques ; le pays va très mal de l’éclatement suscité des partis politiques ; le pays va très mal de la gestion de l’administration sur des bases tribo-claniques ; le pays va très mal de l’initiative de l’Etat de vouloir protéger ses citoyens qui ont investi dans les entreprises d’agrobusiness.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

En réalité, cette décision prise par l’Etat de vouloir protéger ses citoyens (on y dénombre plusieurs décès depuis l’annonce de cette décision) contre des promoteurs véreux crée plus de misères aux concernés qu’il n’en solutionne. Car, semble-t-il, pour 18.000.000 FCFA investis et, alors qu’ils s’attendaient à recevoir un retour sur investissement (RSI) de plus de 60.000.000 FCFA, c’est seulement 2.160.000 FCFA que l’Etat leur rembourse. De plus, depuis février-mars 2017 que l’Etat a fait naitre cet espoir chimérique chez les souscripteurs, c’est seulement maintenant (aux dires de certains) qu’après avoir emmargé sur la liste de remboursement, ils devront attendre entre 2 et 3 mois, voire plus, avant de percevoir ces broutilles. Or, le PDG YAPI Christophe de ces entreprises a pris l’engagement de rembourser les RSI à tous leurs souscripteurs. Le mal étant déjà fait, l’auteur du mal YAPI Christophe s’engage à réparer le mal pour qu’il n’y ait plus de mal ; en quoi cela gène l’Etat pour qu’il oppose une résistance aussi farouche à un acte de haute portée humanitaire que veut poser l’individu YAPI Christophe ? Cet homme que l’Etat a tôt fait de  qualifier d’imposteur-escroc ? Dans cette nouvelle donne, entre l’Etat et YAPI Christophe, qui veut vraiment sauver et protéger les Ivoiriens ?

MONSIEUR LE PRESIDENT,

C’est à cette litanie sombre du mal-être des Ivoiriens, depuis 2011, qui n’est pas près de cesser de s’allonger que vient s’ajouter le « parking-péage ». J’étais au plateau le jeudi dernier, quand je vis un attroupent très bruyant autour de l’immeuble des Finances. Je m’approchai et je vis une dame se chamaillant avec un homme en uniforme qui tenait un chronomètre. Ce dernier a fait immobiliser la roue avant-gauche du véhicule de la dame à l’aide d’un gros sabot, en forme de trappe, aux motifs que celle-ci a parqué son véhicule pendant plus de 3 heures de temps et qu’elle refusait de payer le droit de parking qui s’élevait à 3.600 FCFA. En chœur, le monde qui composait la foule a hurlé d’une seule voix : « va dire à tes patrons que nous, on est piéton, mais la dame-là ne va rien payer, gros gros l’argent de l’Etat qu’ils volent dans leurs bureaux là-bas-là, c’est ici ils sont arrivés » ? Et de poursuivre dans les patois : «  dagnrin, babiè, des awlans comme ça-là »…

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Quelle idée, quel technocrate a pu faire cette trouvaille impopulaire que l’Etat fait subir à un peuple qui peine depuis à se nourrir, à se soigner, à s’offrir un repas tous les deux jours, à scolariser ses enfants ?  Cela pose le problème des nominations de certains responsables qui n’ont ni la qualité ni le profil ni la compétence aux différentes fonctions. Oui, pour la plupart de ces responsables  c’est le clan, les liens de famille ou le copinage et le pillage systématique des fonds publics sont les critères qui président à leur désignation et règlent leur carrière. Je me fais le porte-voix de nous tous qui sommes victimes d’arbitraire sous toutes ses formes dans cette république pour vous demander de retirer cette loi ( ?) qui institue le « parking-péage ». Ainsi, pour éviter que s’écorne totalement votre image de grand technocrate de rigueur, au dessus des républiques bananières, fortement entachée depuis votre exercice du pouvoir d’Etat.

MONSIEUR LE PRESIDENT,

Souffrant comme tous les autres qui n’ont pas droit au bonheur de votre gouvernance et voyant l’arbitraire empoisonner la vie sociale, je me devais de vous dire la vérité dans sa beauté nue afin que par votre sens de justice, le grand nombre ait droit à la bonne-vie qui lui revient. Ainsi, loin de moi l’idée de faire offense à votre personne. Si vous en trouvez une dans cette adresse, vous m’en verrez très malheureux.

                                                                                     Bertin KOFFI

                                                                Cadre du PDCI-RDA Cocody-ouest

                      

 




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