Le leader du RDR avoue depuis l’ex-fief de la rébellion/ Les Ivoiriens otages de Ouattara et Bédié

Le président du Rassemblement des républicains (RDR) et actuel numéro un ivoirien, Alassane Ouattara, a fait des révélations troublantes dans le Gbêké, le jeudi 28 novembre 2013, à l’occasion de la tournée qu’il effectue dans cette région. Cette visite vaut son pesant d’or pour les Ivoiriens, d’autant plus qu’elle contribue à les éclairer davantage sur les dessous de la grave crise – qui dure plus d’une décennie – à laquelle la Côte d’Ivoire est confrontée.

Dimanche 1 Décembre 2013 - 21:58


Alassane Ouattara vient de réhabili- ter le président Gbagbo depuis Bouaké, après l’avoir diabolisé et présenté à la communauté internationale comme « un génocidaire, un dictateur » qu’il fallait dégager du pouvoir y compris par les armes. Il était présenté comme étant le problème de la Côte d’Ivoire. Mais voilà que la vérité éclate de la bouche de Ouattara lui-même. Et dans les débats à la Cour pénale internationale (CPI) où la procureure Fatou Bensouda s’échine à trouver «des preuves» contre le président Gbagbo, ces propos de Ouattara qui en disent long sur les causes profondes de décennie de crise accentuée par la récente guerre post-électorale devraient être pris en compte. «Les problèmes de notre pays ont commencé le jour où Bédié et moi nous ne nous sommes pas entendus. Maintenant que nous sommes ensemble, tout marche», a révélé l’hôte des populations du Gbêkê. La révélation est de taille. Les Ivoiriens, si l’on en croit le président du RDR, sont pris en otage par Bédié et lui. Leurs vies ont longtemps été rythmées par la guerre fratricide entre les deux leaders politiques qui ont côtoyé le premier président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, au sommet de l’Etat. A la mort de celui-ci, les velléités de Ouattara de s’accaparer le pouvoir et de l’exercer dans l’illégalité a ouvertement créé une fracture sociale. La bataille pour le trône ne s’estompera pas pour autant, débouchant sur une escalade de la violence qui a abouti au premier coup d’Etat en Côte d’Ivoire le 24 décembre 1999, à la suite de propos à caractère subversif lancés par Alassane Ouattara à l’endroit de Bédié. De nombreuses ramifications, y compris celles qui ont ressurgi en septembre 2002, impliquant ouvertement ses proches, remontent en effet jusqu’au leader du RDR.  
Gbagbo avait averti les Ivoiriens Dans les colonnes d’un confrère, Jeune Afrique du 26 octobre 2010, le président Gbagbo, dans un entretien accordé à François Soudan, est remonté à la période où Ouattara était encore Premier ministre et Bédié président du Parlement ivoirien pour lever un coin de voile sur cette «guerre des héritiers». Et ses ramifications avec la situation du pays plongé alors dont cette crise qui l’a défigurée dès septembre 2002. «Le premier coup de canon de cette guerre a résonné dans l’hémicycle de l’assemblée nationale en janvier 1993, quand les députés debout ont voulu mettre en pièces les réformes proposées par le Premier ministre de l’époque, Alassane Ouattara. C’était une première fissure dans le dispositif que Houphouët avait mis en place pour barrer la route à l’autre Côte d’Ivoire, la nôtre. Puis la fissure est devenue fracture, et les héritiers se sont déchirés avec férocité. Cette lutte fratricide nous a ouvert la voie, nous sommes passés au milieu du gué avant de parvenir au pouvoir», a indiqué l’ac - tuel pensionnaire de La Haye. Lors d’un meeting au stade Auguste Denise de San-Pedro le 19 octobre 2010, Gbagbo avait à nouveau ouvert le débat, cette fois sur la guerre qui a endeuillé la Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002. Il a ouvertement accusé Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. «Ils ne veulent pas qu’on parle de l’agression contre la Côte d’Ivoire. Il y a des gens qui sont en cam - pagne et qui ne veulent pas qu’on en parle. Or on doit en parler. Si je veux être méchant, je peux sortir les déclarations de mes adversaires. Ils sont pas - sés par trois phases. Au départ, ils ont dit qu’ils condamnent toute attaque. Aujourd’hui, ils sont les candidats du PDCI, ils sont les candidats du RDR. Ensuite, ils se sont mis avec la rébellion et ils ont créé le G7. Et il y en a un qui dit qu’il n’y a jamais eu de guerre en Côte d’Ivoire. Et il y a l’autre qui dit : je ne saurais accepter d’être le parrain de la rébellion», avait affirmé Laurent Gbagbo. Et de renchérir : «C’est comme au village. Quand quelqu’un meurt et on veut trouver le coupable, des gens se lèvent pour dire ce n’est pas moi qui l’ai tué hein. Quand c’est comme ça, on les attrape et on les amène au gôpô. Ces deux-là, il faut les amener au Gôpô (une sève censée rendre aveugle le coupable d’un acte délictueux et qui  épargne les innocents d’une cécité certaine, en pays Krou)», avait déclaré Laurent Gbagbo à qui Alassane Ouattara donne raison, avec les déclarations qu’il vient de faire dans la région du Gbêkê. Finalement, on n’aura pas eu besoin de passer par le Gôpô. Mais, comme le dit Laurent Gbagbo, le temps est l’autre nom de Dieu.  

     Par Saint-Claver Oula  

 Source: Le Nouveau Courrier N° 939 Du Samedi 30 Novembre Dimanche 01 Décembre 2013       




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