Le dossier qui va faire tomber Ouattara

Alassane Ouattara a désormais maille à partir avec les investisseurs potentiels et les industriels qui continuent de travailler en Côte d’Ivoire. Alors qu’il les soumet au supplice depuis 2011, le chef de l’Etat vient de prendre une mesure qui les étrangle à jamais.

Mardi 16 Juin 2015 - 07:57


En Côte d’Ivoire, chacun a un contentieux personnel à régler avec Alassane Ouattara. Et pas uniquement ceux qui font de la politique. C’est notamment le cas des industriels. Alors que son régime est réputé émerveiller les investisseurs, les industriels opérant encore dans notre pays ne savent plus à quels saints se vouer. Ils sont sous le coup de taxes diverses qui augmentent leur colère. En effet, avant l’arrivée de Ouattara au pouvoir, les industriels installés dans les zones industrielles et portuaires du pays louaient l’espace occupé par leurs entreprises à 100F le M2. Cette taxe appelée subvention constitue en effet la contrepartie de l’entreprise à l’entretien et à la sécurisation des dits espaces. Si elle paraît moins onéreuse au regard des moyens que les industriels engrangent, c’est parce que ces derniers paient avant tout leurs impôts. Mais ces industriels créent  aussi des emplois. Ce que les états encouragent dans tous les pays du monde. Ainsi pour ses raisons, l’occupation de l’industriel par m2 est de 100f par mètres carrés et par mois. D’Houphouët-Boigny à Laurent Gbagbo en passant par Henri Konan Bédié et le général Guéi, ce coût n’a pas changé. Mais dès avril 2011, le nouveau chef de l’Etat qui vient d’arriver au pouvoir au prix d’une guerre civile fratricide fait passer ces coûts de 100F à 2500F. Les concernés sont abasourdis mais acceptent d’avaler la couleuvre. Il faut dire qu’à cette époque-là, les industriels doivent d’abord lutter pour leur survie. Car les FRCI se permettent toutes les tragédies en toute impunité et les industriels sont les premiers visés par les rackets et les extorsions de fonds. Ils ne disent donc rien et font contre mauvaise fortune bon cœur. Or il y a quelques semaines, le gouvernement a annoncé de nouvelles augmentations au mètre carré. Ainsi dans les zones industrielles comme Yopougon, inondées par ces temps de pluies diluviennes, la taxe est passée de 2500F à 3500F. Pour les zones portuaires en particulier, la location du mètre carré est de 4000F. Ces coûts entraînent des grognes et chacun développe sa propre stratégie. Car le gouvernement, à l’instar des justifications fournies pour expliquer les augmentations de l’électricité, assure que l’explosion du coût de location du mètre carré aux entreprises doit permettre de bitumer les zones industrielles et créer de nouvelles. « En somme, le gouvernement nous demande de financer la venue de nos prochains concurrents », commentait hier un industriel de la place, très en colère. Face à ces augmentations, les industriels n’auront pas d’autre choix que de licencier des milliers de travailleurs ou de répercuter le manque à gagner sur les produits fabriqués. Il ne sera donc pas étonnant de constater que des marchandises soient désormais négociées sur les marchés au double de leur valeur initiale. Mais ces changements brutaux peuvent également encourager les délocalisations. Comme dans ces situations, les pays voisins seront prêts à tendre les bras aux partants. Pour les populations, ce serait alors plus de galère que maintenant et certainement les émeutes de la faim. A Abidjan, le prix du riz connait des hausses régulières même si les populations restent sans réaction en raison de la corruption active exercée par les gouvernants sur les dirigeants des associations de consommateurs. Toujours est-il que c’est le dossier le plus dangereux pour Ouattara. Très peu d’industriels supportent aujourd’hui sa politique. Et cela n’est jamais une bonne chose pour le régime qui entretient ce type de hausses d’impôt.

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui / N°909




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !