Le difficile héritage de Laurent Gbagbo: Ni Affi, ni Sangaré ne peut l’incarner

CIVOX.NET
Mercredi 13 Juillet 2016 - 07:32


Philippe Kouhon
Philippe Kouhon
 

Cela fait un peu plus de 5ans que Laurent Gbagbo est en prison ou bien que le FPI a perdu le pouvoir d’Etat. Mais alors que le parti ne souffre pas d’intellectuels, difficile pour eux de se défaire du leader éclairé. Qu’on soit en Europe, en exil ou en Côte d’Ivoire. Pourquoi ?
 

Qui est l’homme Gbagbo ?

Les Ivoiriens habitués à un Houphouêt-Boigny bâtisseur et nationaliste ont vite adopté l’opposant charismatique de ce dernier qu’est Laurent Gbagbo. Gbagbo a conquis le cœur des Ivoiriens non pas parce qu’il a posé des actes de grandes envergures, construit des ponts et autoroutes, mais par son franc parlé et sa proximité avec le peuple qui après plusieurs décennies de parti unique avait soif d’entendre un autre son de cloche, voir un leader nouveau et entendre un discours approprié à la nouvelle époque. Et Gbagbo a su jouer avec cet esprit  nouveau en alliant discours hermétique lorsqu’il était dans les salons feutrés et discours populiste lorsqu’il était parmi le peuple….Alors qu’il était encore dans l’opposition, il fut le seul homme politique qui ait sillonné toute la Côte d’Ivoire, partagé les joies et peines de ses concitoyens…Là où ses adversaires politiques respiraient l’air frais de Paris et roulaient carrosse. C’est bien ce Gbagbo qui a marqué les esprits d’une jeunesse désemparée, des paysans étouffés, des familles désespérées et des travailleurs découragés…Enfin, s’il a été suivi par un peuple qui n’en pouvait plus, c’est à cause de son discours nationaliste. Lui qui connait la France et l’histoire des peuples opprimés savait frapper là où ça pouvait faire mal aux occidentaux et où ça pouvait plaire aux ivoiriens. D’où son programme de société, qui de notre point de vue était osé juste pour accomplir un dessein. Celui d’être ce leader du peuple…Ce nationaliste. D’ailleurs ce discours était repris lors de la campagne de 2010. Gbagbo est présenté comme le candidat du peuple et Ouattara, celui de l’étranger !
 

Pourquoi ni Sangaré, ni Affi ne peut hériter de Gbagbo
 

Les deux personnages qui se disputent le parti de Gbagbo, n’ont pas le charisme de l’homme. En acte comme physiquement.

N’ayant pas le même parcours ni le même enseignement que Gbagbo, Affi et Sangaré ont beau suivi Laurent Gbagbo du temps de l’opposition jusqu’au pouvoir sans jamais connaître réellement l’homme. Car si Gbagbo se montre nationaliste vis-à-vis du peuple ivoirien, au sein du FPI, ce qui domine, reste le socialisme. On comprendra que nos deux pseudos leaders n’arrivent pas à nous faire revivre notre Gbagbo national. Malgré toutes les garanties du pouvoir Ouattara, ni Affi , ni Sangaré n’arrive pas à entretenir le peuple ivoirien avec un discours nationaliste… « Ils ont peur de se faire virer à nouveau de l’international socialiste » murmure-t-on. « On s’en fout de blanc » rétorque Sery. Le temps passe, la division au sein du FPI se prolonge et pour autant personne n’a l’agenda de la CPI. Faut-il continuer de ne rien casser avant  le retour du Chef, ou bien oser et perdre le peu de privilège que leur octroient les tenants du pouvoir actuel ? La conséquence est qu’aujourd’hui, il suffit que vous vous présentez à une élection comme le candidat du FPI pour que les populations vous demandent de quel FPI s’agit-il ? Celui de Sangaré ou de Affi ? Dans ces conditions on se demande comment le FPI peut-il reconquérir le pouvoir d’Etat sans un consensus ?

Du reste, un jour Affi et Sangaré devront trouver un juste milieu et permettre une renaissance du peuple ivoirien. Alors Gbagbo sera fier  d’avoir semé une graine qui germe même à son absence.

Philippe Kouhon.





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