Le dernier coup que Gbagbo prépare contre Affi depuis La Haye

Au FPI, différents moyens sont à l’étude pour faire partir Pascal Affi N’guessan. C’est le cas, par exemple, de la pétition en cours de signature. Selon les textes, sa signature par un tiers des membres du comité central suffit à légitimer la convocation d’un comité central extraordinaire. Sur les trois cent membres, les initiateurs entendent réunir entre 200 et 250 personnes. Mais d’autres projets sont également à l’étude, notamment la prise de position publique du Président Gbagbo pour demander à Pascal Affi N’guessan d’arrêter d’utiliser son nom. Et Gbagbo l’aurait déjà accepté.

Jeudi 18 Décembre 2014 - 04:10


Ce qui se prépare depuis La Haye

Le dernier coup que Gbagbo prépare contre Affi depuis La Haye
Le moins qu’on puisse écrire, c’est que les jours de Pascal Affi N’guessan à la tête du FPI sont comptés. Alors que ses opposants avaient finalement décidé de garder sous le coude les résultats du 4è congrès ordinaire, singulièrement l’élection à l’unanimité du Président Gbagbo à la tête du parti, pour ne pas prêter le flanc au pouvoir et à sa boulimie répressive, différents moyens pour le faire partir sont à l’étude tandis que certains connaissent un début d’exécution. Il s’agit par exemple de la pétition des membres du comité central demandant des mesures de suspension contre lui, ainsi qu’un avertissement pour tous ceux qui l’ont suivi dans ses dérives. La pétition est en cours et ses initiateurs entendent réunir 200 à 250 signatures, là où le tiers, soit 100 signatures sont requises par les statuts. D’autres moyens sont également à l’étude. Ils visent en particulier à confondre Pascal Affi N’guessan qui feint habituellement d’ignorer la candidature de Gbagbo en bottant allègrement en touche. La grande décision qui a donc été prise à La Haye, ces derniers jours, est que le Président Gbagbo accepte de saisir l’opportunité d’une déclaration publique pour demander qu’Affi n’utilise plus son nom pour justifier ses prises de position. Et l’ancien président ne serait pas contre cela. Bien au contraire. Selon la dernière sortie de Sylvain Dakouri Tapi, avocat au barreau de Bruxelles qui est l’un des conseils de l’ancien président, les contestations qui fleurissent dans le camp Affi contre la candidature de Laurent Gbagbo l’ont en effet profondément blessé. « Le Président Gbagbo constate avec peine et tristesse que nonobstant le déplacement de son conseil récemment à Abidjan, dûment mandaté par lui et muni de l’acte authentique, M. Affi continue de douter de la réalité de sa candidature », note Me Dakouri dans sa dernière sortie rendue publique depuis deux jours. Mais au Front populaire ivoirien, tout le monde n’a pas la même patience. « Il ne sert plus à rien de chercher à fournir les preuves de la candidature de Gbagbo parce que de toute façon, nous sommes face à un mur de mauvaise foi », s’agacent certains. D’autres vont jusqu’à considérer les preuves comme un pis-aller, d’autant plus « qu’ils les utilisent contre nous ». Mais à l’évidence, cette dernière stratégie ne manque pas d’intérêt, puisqu’elle vise à prendre à témoin l’opinion publique nationale et internationale. Et mauvaise foi ou non, le président sortant ne pourrait plus continuer à affirmer qu’il n’a pas connaissance d’une déclaration de candidature du Président Gbagbo.
En attendant, le directeur de campagne du Président Gbagbo le Dr. Assoa Adou, lors d’une rencontre avec la presse, s’est dit ouvert au dialogue si Affi consent à le convoquer. Mais beaucoup autour de lui, notamment des historiques comme Sangaré Aboudramane freinent d’ores et déjà des quatre fers. Selon l’un des proches de celui-ci, cet homme de confiance de Laurent Gbagbo pense qu’il faut mettre fin à la récréation pour qu’Affi comprenne qu’il n’y a personne derrière lui. Signe que les prochaines réunions convoquées par le sortant seront particulièrement scrutées. D’ailleurs ce sentiment qu’il y a de l’électricité en l’air est palpable malgré la réouverture du QG de campagne aussitôt « abandonné » par les pro-Affi. « Ils sont partis en affichant un communiqué », a noté l’un des jeunes rencontrés sur les lieux. Car pour le Dr ; Assoa Adou qui répondait, dans des circonstances complètement différentes à des journalistes de la presse nationale conviés à un déjeuner de presse, « on ne peut pas traduire des gens en justice et considérer qu’ils sont toujours des camarades ». Le divorce est donc consommé entre les deux lignes et ceux qui piaffent d’envie d’en découdre ne comprennent pas pourquoi l’opération « Affi dégage » prend autant de temps.


Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui / N°790 du mercredi 17 décembre 2014
 




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