Le Soleil annoncera le réveil d'Eburnie

Jeudi 4 Août 2016 - 09:12


DACOURY-TABLEY Philippe-Henri
DACOURY-TABLEY Philippe-Henri
POÊME : LE SOLEIL ANNONCERA LE RÉVEIL DE L'ÉBURNIE


Il était une fois un pays calme et paisible, l'Eburnie.
Ses habitants, en rire et joie étaient bien fournis.
Les opportunités pour une vie décente abondaient,
Et chaque éburnéen, selon ses moyens, en profitait.
Des frères sont venus d'ailleurs pour en faire de même.
Le pays leur a ouvert ses portes, son cœur et son âme.


L'Eburnie n'était pas le jardin d'Eden, ni le paradis,
Tout en étant  très loin de l'Enfer où règne le Maudit.
Les fils de ce pays avaient leurs querelles intestines
Et se gratifiaient, à l'occasion, de paroles assassines.
La démocratie ils ont  expérimentée dans la douleur
Et ont connu alors des moments de gros malheurs.


Mais, tant qu'il ne s'agit que d'eux seuls, les éburnéens
 Privilégient toujours le salut du pays qui leur appartient,
Refusant de brader ou de tuer la poule aux œufs d'or.
Ils ont alors puisé dans leur génie les moyens de réconfort:
Le rire et la dérision de tout ont repris le dessus,
Dans une Éburnie où bruits et vacarmes s'étaient tus.


Le calme qui revenait dans le pays ne dura pas longtemps.
La flamme de la refondation ayant été soufflée violemment.
Fruit d'une vaste conspiration, le feu, sur le pays s'est abattu.
Depuis, en Eburnie, joie et bonne humeur ont disparu.
Injustice, misère et division, désormais en maître, règnent,
Orchestrées par celui qui dans le mensonge toujours baigne.


Il voulait ce pays, comme un gamin, le jouet de son copain.
Partout, l'homme est allé, poursuivant ce lugubre dessein.
Un de ses marabouts lui a prédit que ce pays il possédera,
Que de l'Éburnie convoitée, en fin de compte, il s'emparera,
Mais dans le feu et le sang, avec un grand nombre de morts.
Ne craignant pas Dieu et ami du Diable, l'homme accepta ce sort.


Ainsi, il y a six ans, l'Éburnie bascula dans l'horreur,
Le pays en fut plus que mélangé, car partout c'était la terreur.
 Celui qui voulait l'Éburnie, quelqu'en soit le prix, l'a eue.
Mais il n'est pas serein, car le pays, de lui n'a jamais voulu.
Il l'avait mélangé en gros, maintenant il le fait dans le détail.
Le résultat se décline en souffrance, misère et pagaille.


Plus de cinq ans après la Grande Catastrophe, voici la situation:
Par centaines les détenus politiques peuplent les prisons;
Les exilés, se comptant par milliers, souffrent à l'étranger;
Au pays ce n'est pas mieux, en permanence règne le danger;
Enlèvements et séquestrations se comptent tous les jours;
La justice, muée en gourdin du pouvoir, sévit sans détours.


Le nouveau maître du pays, poussé et aveuglé par la haine,
A saisi son bienfaiteur et, à l'étranger, l'a mis dans les chaînes.
Il a étendu sa rancune et son fiel sur toute l'Eburnie conquise.
Depuis, les éburnéens, dans leur corps et leur âme, s'épuisent.
Ils souffrent du manque de tout et, criant fort leur grande misère,
 Pleurent le bonheur perdu et leur pays jadis oasis dans un désert.


Aujourd'hui rien ne va vraiment plus, le pays marche la tête en bas:
À l'Université, la Police, dans le sang des étudiants marche aux pas.
C'est l'école et la formation des jeunes qui sont dans son viseur.
Du côté de la santé, les soins gratuits ont été un gros leurre.
Le prix de l'électricité qui grimpe, fait monter la tension sociale,
Le peuple exsangue  et pressuré, crie sa colère et son mal.


En politique, ce n'est pas mieux, le peuple encore est floué.
Sa Constitution, approuvé par tous,  par un seul est piétinée.
Avec lui, l'Éburnie est devenue une vaste prison à ciel ouvert.
Mais le peuple sait que le ciel ne sera pas toujours couvert
Et que le sort du mauvais temps est de céder la place au soleil.
Un soleil éclatant et radieux, qui annoncera de l'Eburnie le réveil.


DACOURY-TABLEY Philippe-Henri
Poème inédit,
Abidjan, 31 juillet  2016
 




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