Le PDCI/RDR de Bédié et son Folklorique unanimisme de façade anachronique. Par Ben ZAHOUI-DEGBOU

Vendredi 27 Février 2015 - 12:03


Le PDCI/RDR de Bédié et son Folklorique unanimisme de façade anachronique. Par Ben ZAHOUI-DEGBOU
Le 5ème  congrès extraordinaire du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire section du Rassemblement Démocratique Africain (PDCI / RDA)  aura lieu le 28 février prochain. Les militants du plus vieux parti politique de Côte d’Ivoire vont plancher sur un thème  dont le traitement et les conclusions sont déjà connus d’avance. Ce thème à caractère démagogique est le suivant  : «  Consensus pour Gouverner Ensemble pour la Paix, la Justice, la Réconciliation et le Développement durable. De la candidature du  PDCI-RDA  à l’élection présidentielle de 2015, selon l’Appel de Daoukro». C’est clair, «  cet appel historique  » qui selon son initiateur, va sauver la Côte d’Ivoire d’une guerre fratricide, à travers la candidature unique de Ouattara, est irréversible bien que contesté par la base et certains membres du bureau politique.  Et pourtant,  tous les grands intellectuels et cadres dirigeants du parti créé par le président Félix Houphouët Boigny, savent très bien que, dans le fond, le thème de ce 5èmecongrès extraordinaire, est en contradiction   flagrante avec les résolutions du 12ème  congrès ordinaire du parti et la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire, notre pays. Tout le monde sait que Alassane Dramane Ouattara n’a pas respecté sa promesse de gouverner le pays avec le  PDCI / RDA, son allié au sein du RHDP. Un poste de Premier Ministre, sans pouvoir réel et quelques personnes au gouvernement, ne sauraient démentir cette assertion.  Ouattara a tout simplement trahi le parti plus que cinquantenaire qui l’a aidé à prendre le pouvoir en Côte d’Ivoire.
La preuve, les militants du Rassemblement des Républicains  (RDR)  occupent à 96%, sur fond de  «  rattrapage ethnique  » tous les postes opérationnels des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire  (FRCI), de l’administration centrale et des sociétés d’état. Des statistiques fiables existent. Tout le monde sait aussi que Ouattara ne veut pas réconcilier les Ivoiriens,   parce qu’en réalité, il sait que ceux-ci ne l’aiment pas et ne l’aimeront jamais. Par conséquent, il favorise la division pour régner. Réconciliés entre eux, les Ivoiriens pourraient, constituer un danger pour lui et sa famille politique. Dans cet ordre d’idées, entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, il y a un fossé abyssal. Après son installation à la tête de la Côte d’Ivoire, il avait le choix entre faire la paix avec les partisans de Laurent Gbagbo et les traquer par vengeance. Il a surestimé sa puissance et a choisi malheureusement une voie sans issue, celle du gel des avoirs financiers, de l’emprisonnement, de la torture, des tueries,  des parodies de procès à travers une justice des vainqueurs et du «  rattrapage ethnique  »,    en un mot de la dictature avec une mainmise hermétique sur les médias d’Etat et les structures économiques nationales.
Sa première grosse erreur politique a été de déporter Laurent Gbagbo à la Haye et de mettre en prison tous ses partisans et tous ceux qui ont défendu la République. Sa deuxième grosse erreur a été de laisser encore en armes tous les analphabètes Dozos et Frères Cissé qui pullulent dans le pays et qui font la loi, parallèlement à ce qu’on pourrait appeler l’armée ivoirienne, une armée tribale. Ces forces parallèles  incontrôlées, à qui Ouattara doit beaucoup de   billets de banque, constituent  un  danger réel permanent pour son  régime et pour la Côte d'Ivoire.  Depuis quatre ans le pays est dans une situation de ni paix ni guerre. Le tableau de bord économique n’est pas reluisant, contrairement aux beaux discours sur une éventuelle émergence de la Côte d’Ivoire en 2020. Le panier de la ménagère est de plus en plus léger. Beaucoup d’Ivoiriens attendent dans le doute et l’angoisse de voir comment Ouattara, qui leur a été imposé par les impérialistes, va s’en sortir avec son impopularité souterraine, et son problème chronique d’inéligibilité  pour l’élection présidentielle d’octobre prochain. A ce propos, le professeur Romain Francis Wodié, grand constitutionnaliste devant l’éternel, qui n'aurait jamais dû accepter de cautionner un régime illégal, vient d’ailleurs de démissionner de la présidence du conseil constitutionnel.  Il vaut mieux tard que jamais dit  un adage. De toutes les façons, Ouattara prépare en ce moment un passage en force au niveau de la révision de l’article 35 de la constitution de 2000, plébiscitée à 86% par les Ivoiriens y compris ses propres partisans.
C’est dans cette situation d'incertitude et de doute majeur que Aimé Henri Konan Bédié, supposé héritier de Félix Houphouët Boigny, fidèle à son appel précipité de Daoukro, a organisé dans le folklore habituel, un pré congrès où l’unanimisme de façade a été de rigueur. Il a déjà imposé à ses suiveurs la candidature unique de  quelqu’un  que le Vieux considérait comme un non national, en mission auprès de la Côte d’Ivoire, pour le  compte du  FMI et de la Banque Mondiale.  Le congrès extraordinaire du  PDCI, le 28 février 2015,  ne fera qu’entériner cette mascarade du Sphinx de Daoukro, à savoir imposer la candidature unique de Ouattara. Bien évidemment, les militants de base qui ont leur agenda secret ne vont pas le suivre dans les isoloirs le jour du vote, en octobre prochain s’il y a élection.
 Je l’écrivais déjà il y a un an. «  Par instinct de survie, les Ivoiriens, militants de base et sympathisants du PDCI,  du FPI et même du RDR encore lucides et patriotes, qui voient comme beaucoup d’observateurs internationaux, les prémices   d’une conflagration sociale et un  génocide en cas d’insurrection populaire,  se mettront ensemble pour chasser du pouvoir, Ouattara, le représentant des occidentaux en Côte d’Ivoire et en Afrique de l’Ouest  ». La voie démocratique est la meilleure pour que notre pays retrouve la paix.    Essy Amara, Konan Banny, Kouadio Konan Bertin et Kablan Brou Jérôme, très déterminés, qui annoncent une convention du PDCI / RDA et non du PDCI / RDR, doivent se mettre d’accord pour trouver un consensus autour d’une candidature unique. Dans cette condition, il sera difficile au candidat de l’étranger de rester encore à la tête de la Côte d’Ivoire qu’il a contribué à déstructurer au plan économique et sociologique depuis au moins vingt ans. Des analystes politiques et chancelleries occidentales sont d’accord pour dire qu’en dehors de Laurent Gbagbo en prison, seul   l’Ambassadeur Essy Amara ferait mordre la poussière à Alassane Dramane Ouattara dans une élection présidentielle juste, équitable et transparente.


BEN ZAHOUI-DEGBOU 
Géographe, Journaliste Spécialiste de Géopolitique et de 
Médiation Institutionnelle. Ancien Directeur de TV2 / RTI
 




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