Le PDCI : 68 ans et 02 dettes nationales !

Samedi 12 Avril 2014 - 08:36


Konan Bédié, président du PDCI
Konan Bédié, président du PDCI
Faisons d’emblée la différence entre le Parti Démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI), conduit par le premier président de Côte-d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, de 1960 jusqu‘à la disparition de ce dernier en 1993 et le PDCI qui a été géré par Henri Konan Bédié de 1993 au coup d’état militaire de 1999.
Précisons que nous ne parlerons pas, ou si peu, du PDCI de Houphouët  car, malgré sa toute puissance, nous avons pu lui arracher ou il a pu nous concéder –c’est selon-  le multipartisme et presque tous les éléments constitutifs de la démocratie, bien que cela ait été fait dans la douleur des complots imaginaires contre tout esprit indépendant, des emprisonnements illégaux, des licenciements politiques dans le domaine professionnel, des éliminations physiques de certains de nos leaders...
Nous ne parlerons donc pas de ce PDCI du président Houphouët- Boigny parce que, bien qu’il nous ait mené la vie dure, il avait pris soin de nous laisser une Côte-d’Ivoire, somme toute unie, fraternelle et vivant relativement mieux et plus paisiblement que la plupart des citoyens de la sous-région ouest africaine!
    C’est qu’il pensait, Houphouët, avant tout et surtout, à laisser à la postérité, un peuple multiethnique et donc culturellement diversifié mais soudé, un peuple conscient qu’il devait, en toute circonstance, avoir une conscience commune, se forger un destin commun!      
    Oui, Houphouët a laissé aux Ivoiriens, la conscience d’être un même peuple et d’avoir une même mère : la Côte-d’Ivoire, leur seule et unique patrie !
Et Houphouët nous a laissé également une seule règle de vie: « aimer notre pays, le privilégier en tout, le défendre envers et contre tous, en en préservant l’unité, ou le voir mourir, mourant du coup, nous aussi, inévitablement ! »  
    Non, ce n’est pas de ce PDCI-là que nous allons parler, même si, sur lui, il y aurait énormément à dire !    
    Il sera, ici, essentiellement, question du PDCI que le premier président de notre pays a laissé, comme héritage, à Konan Bédié.
 C’est  qu’il nous faudra nous pencher sur ce que Konan Bédié a bien pu faire de la Côte-d’Ivoire que Houphouët-Boigny lui a léguée !
Le PDCI a donc 68 ans dont 06 que Konan Bédié a passés à la tête de notre pays, en tant que président de la république !
 Mais, que d’actes posés  qui se sont avérés catastrophiques pour la nation !
Que d’illusions perdues !
 Parce qu’il a brisé, au cours de son temps de gouvernance, tous les espoirs que Houphouët avait placés en lui;
 Parce que, caractérisé par sa grande indulgence et son sens du pardon, le peuple de Côte-d’Ivoire continue de croire que Bédié peut encore se rattraper, nous nous faisons un devoir de lui rappeler les dettes qu’il a contractées envers son propre pays !
 Nous en retiendrons principalement seulement deux. 

1°) LA PREMIERE DETTE: L’IVOIRITE

Le plus grand tort qu’il a fait à notre pays, c’est celui d’avoir émis, planifié et fait exécuter le malheureux concept de l’IVOIRITE.
Ce concept qui n’a absolument rien à voir avec la politique de « l’IVOIRISATION DES CADRES », était une arme utilisée par lui pour se débarrasser de ses potentiels rivaux politiques d’alors.
 Il s’en est servi, Bédié, pour garantir son pouvoir ou pour se maintenir au pouvoir, refusant de voir que par ce concept, il déchirait l’harmonie sociale, la convivialité tribale ou interethnique, la paix sociale, préoccupation essentielle de Houphouët pour qui la préservation de l’unité nationale était nécessaire pour préserver la Côte-d’Ivoire des soubresauts de la gouvernance politique.
     C’est à cause de Henri Konan Bédié, le maître d’œuvre et en même temps maître d’ouvrage de l‘IVOIRITE, que s’est davantage déchiré, le tissu social ivoirien, dans la préservation de l’unité duquel Houphouët s’était tant investi !
    Il aura beau s’égosiller maintenant, avec ses nouveaux alliés politiques;
Il aura beau brailler avec eux sur tous les toits, voulant en faire porter la responsabilité à Laurent GBAGBO ou au Front Populaire Ivoirien (FPI), le parti créé par celui-ci, ce sera peine perdue !
 Car c’est bel et bien lui qui, à peine arrivé au pouvoir, a déclenché la chasse ivoiritaire à Alassane Dramane Ouattara et à tous ceux de nos propres concitoyens qui voulaient se reconnaître dans la politique de ce dernier.
C’est Bédié qui a initié le combat contre son actuel allié, le pourchassant, à travers le monde, avec un mandat d’arrêt international, emprisonnant ceux des « alassanistes »sur qui, au plan interne, son pouvoir pouvait mettre la main.
          C’est pour cela que nous pourrons dire –bien que, à ce niveau là, les responsabilités soient individuelles- que c’est lui, Henri Konan Bédié, qui porte la responsabilité entière de la déclaration du président du Rassemblement Des Républicains (le RDR), Alassane Ouattara, lequel a osé dire, un jour de grande dépression morale, qu’en Côte-d’Ivoire, « on ne veut pas que je sois président de la république, parce que je suis du Nord et je suis musulman » !
 Une phrase malheureuse porteuse de tous les germes de la négation de notre désir de construire, ensemble, une nation.
Une phrase qui a permis à Alassane Ouattara de se faire passer pour une victime dans un débat où il lui était simplement demandé de prouver qu’il est Ivoirien, à cause du doute que lui-même a fait naître sur ce chapitre !
            Mais, nous sommes convaincu  -quand finiront par se taire les clameurs euphoriques de leur Alliance, malgré la belle unanimité du mensonge qui a cours maintenant en leur sein- que des militants honnêtes du RDR                       –il y en a surement-,  déliés de toutes pressions, reconnaitront que seul Bédié est responsable de leur prise de position et d’armes de guerre contre leurs propres « frères  du Sud».
Et ils diront, avec nous, qu’au lieu de rechercher l’UNION du peuple ivoirien,  Bédié a plutôt semé la graine de la DIVISION avec « son Ivoirité » !
         Bédié est donc coupable d’avoir favorisé la fracture sociale car, en fait d’« IVOIRITE », ce dont il s’agissait en réalité, c’était de voir –indistinctement- dans tout ressortissant du Nord ivoirien et dans tout musulman, un militant ou sympathisant potentiel du RDR et de lui réserver son lot de traitements dégradants, inhumains en représailles. C’est-à-dire de le traiter en ennemi.
C’est donc à cause de Bédié et de son IVOIRITE que la Côte-d’Ivoire de Houphouët –même si elle était superficiellement unie- a vu une partie de ses fils et filles dire qu’ils se sentaient refoulés par les autres Ivoiriens et ont dû se comporter en conséquence, se détournant  et mettant –par opportunisme politique, par mauvaise foi et malheureusement aussi sans discernement- tous les autres Ivoiriens, dans le même panier de la division !
      Voilà donc ce que Bédié a fait comme mal à la Côte-d’Ivoire du temps où il dirigeait notre pays ; et voilà ce en quoi consiste sa première dette envers le pays.
En effet, c’est par lui qu’est venu le chaos dont les conséquences continuent de fragiliser l’Eburnie !
            Certains pourraient arguer qu’il est parti du pouvoir contre sa volonté, du fait d’un coup d’état militaire qui ne lui a pas permis de préciser et de mieux faire comprendre enfin le sens de « son Ivoirité ».
C’est vrai également que l’action des militaires a emporté ses ambitions de se succéder à lui-même et qu’elle n’a laissé aucune chance de le faire, à ceux de son camp qui voulaient tenter de réparer le désastre de l’«Ivoirité »qu’il a provoqué.
Mais, par les successifs actes de mauvaise gouvernance qu’il a posés quand il gouvernait, tel les nombreuses tentatives de vider la démocratie de son contenu, la honteuse surfacturation et le détournement effectuée sur les « fonds de l’Union Européenne », la chasse à courre dont ont fait les frais Alassane Ouattara, les militants ou sympathisants de son parti et tout ressortissant du nord comme tout musulman, Bédié ne s’était laissé aucune chance d’être accepté de nouveau par les électeurs démocrates ivoiriens, et il n’avait donc aucune chance de revenir au pouvoir.
Que lui restait-il à faire alors, pour se racheter, maintenant qu’il n’était plus au pouvoir ?
C’est bien connu, étant donné que c’est celui qui lui a donné le pouvoir politique, c’est Félix Houphouët- Boigny lui-même, qui le répétait sans cesse : «on peut servir son pays à tous les postes pourvu qu’on veuille y mettre son cœur» ; ce qui voulait dire, plus simplement, qu’on n’a pas besoin d’être forcément le président de la république ou d’être dans les sphères de hautes décisions avant de se mettre au service de son pays.
C’est dire également que n’importe qui, n’importe où, peut travailler à la grandeur de sa patrie !
Pour poser des actes allant dans le sens de l’apaisement des tensions, pour la paix sociale, pour l’harmonie des différentes populations qui constituent notre pays, Bédié, après avoir dirigé la Côte-d’Ivoire, redevenu un citoyen ordinaire, aurait pu et dû se ressaisir, rectifier le tir en tentant résolument de se mettre au service de ses compatriotes !
Oui, même dans l’opposition, Bédié aurait pu et dû se positionner comme le recours, salvateur, réparateur  et indispensable, le médiateur avisé à qui le peuple fait appel en cas de difficultés majeurs.
     Car ce n’est pas le rôle de Bédié de traiter ses concurrents à la direction du PDCI de « jeunes vieux » et de se prendre lui-même pour un « vieux jeune » afin de les discréditer et de faire croire à « ses suiveurs » qu’il est toujours bon pour le service présidentiel !
     Non, ce n’est pas Bédié -parce que recalé au premier tour de l’élection présidentielle de 2010- qui doit trouver là, l’occasion de se venger du peuple ivoirien qui ne l’aurait  « pas soutenu en descendant dans les rues contre les militaires, lors du coup d’état de 1999, qui a emporté son régime» alors que, ayant lancé cet appel, il fuyait lui-même le pays pour se mettre à l’abri !
     Non, Bédié ne devrait pas trouver, dans son rejet par les électeurs ivoiriens, l’occasion de se venger d’eux en s’alliant – dans le RHDP- à celui qui a toujours démontré par ses paroles et par ses actes, qu’il était le plus grand commun diviseur de la Côte-d’Ivoire !
Car il nous semble que Bédié aurait dû chercher à comprendre que les raisons de son rejet par le peuple se trouvent dans sa lutte acharnée contre la démocratie, dans son inattendue politique de « déhouphouëtisation idéologique», dans sa mauvaise appréciation, sa mauvaise analyse et sa très mauvaise compréhension de la mission que Houphouët lui a confiée !


2°) LA DEUXIEME DETTE : L’ALLIANCE AVEC LE RDR D’ALASSANE OUATTARA

       La deuxième dette de Bédié, contractée envers le peuple ivoirien, nous l’avons dit, c’est celle de s’être allié à Alassane Dramane Ouattara pour faire payer aux Ivoiriens leur désamour pour lui.
       C’est aussi de continuer de rester totalement amorphe  ou indifférent devant les innombrables et innommables calamités que ADO fait pleuvoir sur notre pays.
       Sa deuxième dette, c’est celle de ne pas être capable de se servir de  la position privilégiée que ADO dit lui avoir offerte au sein du régime qui nous gouverne actuellement;
       Puisque ADO chante partout et à tout bout de champ « qu’il dirige le pays sous la haute supervision de son aîné Bédié » ;
Il aurait donc pu, en effet, Bédié, si non empêcher ADO de continuer une politique de dépossession des Ivoiriens au plan économique, professionnel, politique, du moins lui faire comprendre clairement que sa politique est suicidaire pour la Côte-d’Ivoire, notre pays, notre seule patrie, notre seul refuge.
       Bédié aurait pu et dû se désolidariser de ADO et de ce RDR que ce dernier a fini par rendre incapable de comprendre les besoins démocratiques du peuple, incapable de réfléchir par lui-même à des projets de paix pour les Ivoiriens.
       Bédié aurait pu et dû ne pas accepter de transformer les « députés » de son parti en gesticulateurs parricides (mort de l’idéologie d’union et de paix de Houphouët-Boigny) et en dociles approbateurs de toute politique de mise à mort de notre mère à tous (la Côte-d’Ivoire).
      Car Bédié en a les moyens, au vu de la discipline quelque fois hautement suicidaire qui règne au PDCI,  et dont ils ont fait preuve lors du second tour de l’élection présidentielle de 2010 !
 Lui, Bédié, il ne doit pas donner l’impression d’être en train de couvrir et de cautionner toutes les spoliations de nos terres et de nos biens, toutes les tueries qui se perpètrent au nom de ADO et de son RDR !
      Son erreur, c’est de continuer de participer à ce pouvoir qui a fait du « rattrapage ethnique, régional et religieux », son cheval de bataille !
      Son mutisme et son aveuglement, face à la vague de violences que le RDR de ADO, son allié de circonstance dans le RHDP déchaîne et fait déferler sur les Ivoiriens;
       Son pathétique penchant à indexer  –contre les faits et contre le bon sens-       le FPI comme étant le parti responsable de la violence en Côte-d’Ivoire,  alors qu’il sait que le parti de Gbagbo et tous ceux qui lui sont proches sont les principales victimes de la barbarie de son allié, ôte déjà à Bédié toute crédibilité nationale !
Ce n’est pas d’avoir son nom porté par un pont –fusse-t-il le plus long et le plus beau du monde- qui donne de la valeur à l’être humain ; ce qui compte dans la mémoire collective,  ce qui importe aux yeux du peuple, ce sont les actes que tout homme –politique ou non- pose pour la prospérité, pour l’harmonie, pour la paix de ses concitoyens !
      Qu’il se décide enfin –Bédié- à se démarquer de ses amis (ADO et son antidémocratique RDR) dont la politique tend à détruire la Côte-d’Ivoire, notre bien commun !
      Qu’il se décide –enfin- Henri Konan Bédié, à redorer le blason du PDCI que Houphouët-Boigny lui a laissé et dont il a terni l’image en faisant de ce parti autrefois grand, le vassal d’un homme (ADO) et d’un parti, le (RDR) qui s’illustrent dans la barbarie et le désir d’extinction de l’espèce ivoirienne !
       Il doit beaucoup, Henri Konan Bédié, au peuple ivoirien, et pour ceux qui croient que « errare humanum est »; c’est-à-dire qu’il est dans la nature de tout homme de faire des erreurs ; et donc que Bédié étant un homme, il est normal qu’il ait fait des erreurs ;
Pour ceux qui croient encore qu’il peut se ressaisir, nous avons fait cette adresse, afin de l’y aider.
Ensemble, faisons cette prière :
« Fasse Dieu que cet homme qui a dirigé la Côte-d’Ivoire pendant 06 longues années, qui a bénéficié de l’amour que le peuple ivoirien donne, sans distinction, à tous ceux qui vivent sur son sol, même quand, comme Bédié, ADO son allié et le RDR, ils ne sont pas porteurs de bons projets pour lui;
Oui, Dieu fasse qu’il voie d’abord, Bédié, que ce que les Ivoiriens attendent de lui, n’est pas du tout au dessus de ses forces ;
Fasse Dieu qu’il se ressaisisse ensuite et, fasse Dieu que, même là, dans les bonnes grâces du pouvoir, où il se trouve maintenant, Bédié commence à travailler –enfin- véritablement pour la nation ivoirienne !
Car avec Toi, Dieu, tout est possible ! Amen ! »
                                
                                                                            Ce vendredi, 11 avril 2014
                              
                                                RATGO Emilio (Salamanca) Espagne.                        




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