Le Nucléaire: évoqué par Michel Rocard , l’abandon de l’arme atomique est-il envisageable?Restrictions budgétaires, lobby industriel, nouvelles menaces…Revue de détail.

Mardi 17 Juillet 2012 - 06:17


Une centrale nucléaire
Une centrale nucléaire
Torpiller le nucléaire, un tabou français

 
Le 4 juillet, deuxmois après son élection, François Hollande plongeait en rade de Brest à bord du Terrible, le plus moderne des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). La première fois depuis plus de trente ans pour un président français. Rêve de gamin? Pressions du lobby militaire ? Plutôt le besoin d’affirmer qui est le chef des armées. A La manière d’un François Mitterrand qui avait lancé: «La dissuasion, c’est moi.» Une façon, également, de répondre à ceux qui, de plus en plus nombreux, osent briser le tabou et appeler à un abandon du feu nucléaire. Parmi eux, un ancien Premier ministre, Michel Rocard, un ancien ministre de la Défense, Paul Quilès (lire page 4) et plusieurs responsables d’Europe Ecologie-les Verts.
En ces temps de grande remise à plat des dossiers, l’argument des restrictions budgétaires et des changements de menaces peut-il entamer le consensus traditionnel sur la force de dissuasion? Est-ce utile de garder et entretenir un tel arsenal près d’un quart de siècle après la fin de la guerre froide?
Au lieu de sanctuariser les crédits nucléaires, ne vaudrait-il pas mieux les
investir dans les forces conventionnelles? Voire les universités et les hôpitaux? Sur le Terrible, François Hollande a dit vouloir «réaffirmer l’attachement de la France à la force de dissuasion» pendant Que Michel Rocard revenait sur ses propos («les milliards consacrés à la dissuasion ne servent à rien»),  les qualifiant de simple «boutade». «Cela n’enlève rien à l’actualité de la contestation», note la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat dans un rapport publié jeudi (1). Le débat est ouvert, donc, mais pas toujours à découvert : plusieurs responsables civils et militaires ont préféré s’exprimer de manière anonyme. Trop sensible, trop de pressions, disent-ils.


 
LA FORCE DE DISSUASION, C’EST QUOI?


 
Depuis la chute du mur de Berlin, la France a réduit demoitié ses têtes nucléaires, au nombre de 300 aujourd’hui. Ce qui représente 1% des arsenaux mondiaux. Elle a également fermé les sites de production de plutonium militaire. Et renoncé à sa composante terrestre: les missiles sol-sol du plateau d’Albion. Aujourd’hui, la force de dissuasion est composée de quatre sous marins lanceurs d’engins, équipés d’un missile ultramoderne, le M-51, dont un est en mer en permanence.«Vous signifiez ainsi à votre adversaire que,même s’il détruit votre territoire, vous avez les moyens de faire de même»,  note un expert civil. Quant à la composante aérienne, elle ne comporte plus que deux escadrons (un de Mirage 2000 et un deRafale) équipés de missiles ASMP-A, dotés d’une portée de 700 à 800 kilomètres. Tous ces matériels sont considérés comme parmi les plus modernes et performants au monde.

 
QUEL POIDS ÉCONOMIQUE ET INDUSTRIEL?


 
Avec un coût de 3,3 milliards d’euros par an, la force de dissuasion, qui occupe tous les industriels du secteur, représente 10%du budgetmilitaire global, mais près de 20% des crédits d’équipements. Soit 0,3%du PIB. «Ce n’est pas en économisant ça qu’on réglerait notre problème de dette, note François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique.On a payé notre ticket d’entrée, cela n’aurait aucun sens de ne pas assumer le coût de la prime d’assurance.» L’argument ne convainc pas un autre expert: «Il faut en permanence renouveler nos engins, nos missiles, cela a un coût très élevé.» Le lobbying des industriels de l’armement est en effet permanent pour obtenir des crédits afin de moderniser l’outil, le maître en la matière étant Dassault qui, bientôt, prétextera que ses Rafale flambant neufs sont obsolètes.«On a une plage de cinq ans durant laquelle on n’a pas besoin de moderniser cet outil», note l’amiral Jacques Lanxade, ancien chef d’état major des armées. Un quinquennat, donc Mais après?

 
QUELLE PERTINENCE D’UN POINT DE VUE STRATÉGIQUE?


 
Ces derniers jours, FrançoisHollande et son ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ont répété l’argument ultime en faveur dumaintien, dans sa dimension actuelle, de la force de dissuasion: «C’est notre assurance-vie.» «Quel président accepterait de passer à la postérité comme celui qui a abandonné la force de dissuasion? s’interroge un expert. C’est elle qui nous permet –avec notre droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU– de maintenir notre rang sur la scène internationale. »
Mais pour cet expert militaire, qui défend l’idée d’un «rééquilibrage», le coût de la dissuasion est tel qu’il pèse sur l’outil militaire conventionnel, ne permettant plus à la France de se lancer seule dans des opérations extérieures ambitieuses. «Avant de menacer du feu nucléaire, il faut pouvoir disposer d’une palette de moyens militaires. C’est de moins en moins le cas», dit-il. Trop de dissuasion tuerait en quelque sorte la dissuasion.
Dans les crises contemporaines (en ex- Yougoslavie, sur le continent africain ou en Afghanistan), cette«assurance-vie» ’a été d’aucune utilité. Mais pour François Heibsourg, elle est plus que jamais nécessaire. Et cela, en dépit des initiatives internationales en faveur d’un monde dénucléarisé (le Mouvement Global Zero) et de lamise en place progressive d’un bouclier antimissiles en Europe. «Dans unmonde qui n’est plus bipolaire,mais multipolaire», pas question de baisser la garde: «L’Iran cherche à se doter de la bombe, demain l’Arabie Saoudite et la Turquie feront de même»


QUELS PAYS DÉMANTÈLENT?


Le démantèlement n’est pas un scénario de politique-fiction: cela fait plus de vingt ans qu’Etats-Unis et ex-URSS réduisent leurs arsenaux nucléaires via les accords Start, signés en 1991 parGeorge Bush et Mikhaïl Gorbatchev. A elles deux, ces puissances détiennent 90% des arsenaux nucléaires.
En juillet 2009, Barack Obama et Dmitri Medvedev ont signé un nouvel accord Start qui limite à 1550 le nombre d’ogives pour chacun d’entre eux. C’est un pas qui mènera peut-être à un monde «sans arme nucléaire» comme le président américain l’appelle de ses voeux. Obama soutient l’initiative Global Zero, qui vise l’élimination totale de toutes les armes nucléaires d’ici à 2030. Mais désarmer, c’est se retrouver avec des stocks de matières fissiles sur les bras. L’uranium hautement enrichi peut Être mélangé à de l’uranium naturel et former ainsi un combustible pour le nucléaire civil. Pour le plutonium, la manipulation est plus délicate. Les Etats- Unis et l’ex-URSS ont donné la priorité à une stratégie de réutilisation sous forme de combustible MOX.


COMBIEN COÛTE LE DÉSARMEMENT?


Se débarrasser de 50 tonnes de plutonium (les Etats-Unis disposent de 250 tonnesmilitaires) en le brûlant dans des surgénérateurs coûterait 8,2 milliards de dollars (6,7milliards d’euros). Le transformer en combustible MOX, reviendrait à 5milliards, tandis que la vitrification (on scelle dans du verre) ne coûterait «que» 1,4milliard de dollars. «Sur le long terme, l’option la plus économique consiste à immobiliser cette Matière dans des sites de stockage profonds»,  estime Justin Alger, chercheur au centre canadien pour l’application du traité sur la non-prolifération. Dans la première période des accords Start, qui concernait la suppression de 10000 têtes nucléaires, les Etats-Unis ont économisé 1,8milliard de dollars.«Les coûts du démantèlement se sont élevés à 2milliards de dollars entre 1991 et 2001,mais les Américains ont fait des économies de 7,5 milliards du fait de ce désarmement. Et même s’ils ont dû financer des installations de démantèlement en Russie à hauteur de 3 milliards, ils ont quand même fait des économies», explique SusanWillett, de l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement.•

 
 
ParTHOMAS HOFNUNG, LAURE NOUALHAT
Et ALEXANDRA SCHWARTZBROD

Conclu en 1968, le traité de non prolifération (TNP) distingue les Etats qui possèdent l’arme nucléaire et ont fait exploser un engin avant 1967, et les autres, non dotés de la bombe. Les premiers (EtatsUnis, URSS, Royaume Uni, France, Chine) s’engagent à ne pas aider une nation à acquérir l’arme atomique; les seconds s’engagent à ne pas en fabriquer ou essayer de s’en procurer.


LES PUISSANCES NUCLÉAIRES

 
Huit pays disposent de l’arme nucléaire: les Etats Unis,la Russie, la Chine, la France et le Royaume Uni, qui ont signé le TNP. L’Inde, le Pakistan et Israël ne l’ont pas signé,mais disposent de la bombe. La Corée du Nord a fait deux tests. Et, selon leMI6, l’Iran pourrait disposer de l’arme nucléaire en 2014.
«Seule puissance à avoir utilisé la bombe, les Etats-Unis ont une Responsabilité morale à agir. Je dis notre volonté de chercher la paix et la sécurité d’un monde sans armes nucléaires.» Barack Obama à Prague, en avril 2009
Tous les industriels de l’armement et de l’aéronautique sont concernés  par la dissuasion: EADS (via Astrium etMBDA pour les missiles et les satellites), Dassault (pour les deux escadrons de Mirage et Rafale), DCNI (pour les quatre sous marins nucléaires lanceurs d’engins),Thalès (pour l’électronique)…

Paul Quilès,ministre de la Défense de 1985 à 1986, prône l’abandon de l’arme nucléaire: «La bombe nucléaire s’apparente à une assurance-mort» Ex-ministre de la Défense de François Mitterrand de septembre 1985 à Mars 1986, président de la commission de la défense de l’Assemblée nationale de 1997 à 2002, Paul Quilès déconstruit ce qu’il appelle les mythes de la dissuasion nucléaire française. Il vient de publier Nucléaire, un mensonge français (1), consacré au nucléaire militaire. Il va présenter une contribution thématique pour le prochain congrès du PS sur ce thème. Que Michel Rocard a accepté de signer.

Quels «mythes» du nucléaire militaire avez-vous répertoriés ?


Il existe une batterie d’éléments de langage qui revient régulièrement sur ce sujet. On mentionne souvent l’arme comme une «assurance-vie» pour le pays. En réalité, les assurances-vie ne servent qu’aux survivants, la bombe s’apparente plutôt à une assurance-mort. Et si c’est une assurance vie, au nom de quel principe interdire aux autres pays d’en disposer? On dit que la dissuasion interdit toute attaque nucléaire. Dans ce cas, pourquoi prévoir un coûteux bouclier antimissile, dont l’existence signe l’échec de la logique de dissuasion? On nous dit que cet armement ne coûte pas cher. Il coûte 3,5milliards d’euros par an! Et il coûtera bientôt plus, lorsqu’il faudra renouveler des équipements comme les sous-marins lanceur d’engins.Cela fait beaucoup d’argent consacré à quelque chose qui n’est pas censé servir. Au niveau mondial, les dépenses devraient s’élever à 700milliards de dollars ces dix prochaines années. Les défenseurs de la bombe disent que notre arsenal correspond au principe de«stricte suffisance».Mais la suffisance a-t-elle besoin d’être stricte ? On veut faire croire que l’armement est calculé au millimètre. Mais il est impossible de définir un niveau de suffisance au-delà duquel l’arme nucléaire serait déstabilisante et en deçà duquel elle perdrait sa crédibilité. On nous dit aussi que la bombe assure notre indépendance,mais envisage-t-on de se défendre seuls contre une attaque nucléaire? Venant d’où?De Chine?D’Iran? De Corée du Nord?Puis il y a le mythe fondateur, celui selon lequel la France dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU grâce à la bombe… C’est faux: en 1945, parmi les membres permanents, seuls les Etats-Unis disposaient de la bombe atomique. Les armes nucléaires n’ont pas empêché les nombreuses guerres de la seconde partie du XXe siècle.

 
Pourquoi un tel consensus dans la classe politique sur ce sujet?


 
Les politiques ne veulent pas de débat sur cette question. Ils préfèrent postuler qu’il y a un consensus, mais c’est un terme mystificateur. Un débat supposerait la confrontation et les désaccords, ainsi qu’une information complète du public, des conditions qui ne sont pas réunies aujourd’hui. La droite est très imbibée de la doctrine gaullienne selon laquelle la puissance de la France, sur la scène internationale, provient de la bombe. Et la gauche s’y est convertie au début des années 80. Pourtant, en 1986, lors du sommet de Reykjavík, Reagan et Gorbatchev donnaient le coup d’envoi de la réduction de leurs arsenaux nucléaires…

 
Les détracteurs du désarmement estiment que cette posture n’est pas réaliste.


 
Dans le discours français actuel, l’arme nucléaire est «l’ultime garantie de l’indépendance nationale de la France et de son autonomie de décision stratégique». Le monde a changé. Aujourd’hui, il serait illusoire de vouloir fonder la sécurité de la France principalement sur la détention de l’arme nucléaire. Du temps de la guerre froide, le nucléaire dissuadait d’une agression massive avec des moyens conventionnels. Aujourd’hui, il n’est plus besoin de nucléaire pour assurer notre défense face à des attaques conventionnelles, du reste fort improbables. Le nucléaire ne dissuade donc plus que du nucléaire. Il pourrait aussi garder la capacité de dissuader l’emploi des armes chimiques ou biologiques. Mais la plupart des pays sont liés par un traité d’élimination des armes chimiques sous contrôle international. Si ce n’est pas encore le cas des armes biologiques, c’est à cause d’un blocage américain.

 
Comment désarmer la France?


Compte tenu de la disproportion entre les arsenaux russes et américains, d’une part, et ceux des autres puissances nucléaires, d’autre part, je vois mal la France adopter une stratégie de désarmement unilatéral. Mais elle pourrait s’engager à geler les modernisations en cours, comme celle dumissileM51, dont on a allongé la portée à 9000 km. On pourrait aussi renoncer à la composante aérienne des forces nucléaires. On oublie que l’Allemagne n’a pas d’arme nucléaire et qu’elle n’en est pas moins puissante. La Suède, l’Afrique du Sud ont renoncé à l’arme atomique. Je rappelle qu’Obama défend l’idée d’un monde sans armes nucléaires.
Recueilli par L.N.
(1) EditionsCharles LéopoldMayer
 

Jean-Pierre Chevènement,ministre de la Défense de 1988 à 1991, défend l’arsenal français: «Une nouvelle grande guerre n’est jamais à exclure»
Jean-Pierre Chevènement est sénateur du Territoire de Belfort. Il a été ministre de la Défense de 1988 à 1991. Il prône le maintien d’un outil de dissuasion à un niveau de «strict suffisance».

 
Les menaces ont changé de nature, la guerre froide est finie. L’arme nucléaire n’est-elle pas dépassée?

La guerre froide est derrière nous,mais la Russie et les Etats-Unis gardent des milliers de têtes. Les armes nucléaires vont rester durablement à horizon de l’histoire.
Les Américains, par exemple, consacrent 5 milliards de dollars à la modernisation de leur arsenal. Ils disposent encore de 9000 têtes nucléaires,les Russes de plus de 10000! C’est idiot! La sagesse
voudrait qu’ils tendent vers une stratégie de stricte suffisance. Mais l’évolution la plus importante, c’est le développement des arsenaux nucléaires en Asie du Sud et de l’Est. Les Chinois possèdent 300 à 400 têtes et développent une troisième composante (sousmarine), l’Inde et le Pakistan une bonne centaine de têtes chacun. On va vers un nouvel équilibre du monde: une bipolarité entre les Etats-Unis et la Chine.

Comment se situe la France?

Elle a réduit ses têtes de 600 à moins de 300 (200 pour la Grande-Bretagne). Elle dépense environ 3milliards d’euros par an pour son outil de dissuasion nucléaire, soit 10%du budget de défense. Cet outil étant développé, les décisions concernent son renouvellement à long terme. Le plus lourd, dans le budget, c’est la simulation et le nouveau missile sous-marin M-51. C’est la première fois que des têtes auront été développées à partir de tests en labo.

 
Cet arsenal a-t-il un sens stratégique?

 
La dissuasion est le seul moyen d’empêcher qu’une guerre régionale ne devienne mondiale. Elle permet surtout, comme l’avait vu le général de Gaulle, de nous tenir en dehors d’une guerre où nos intérêts vitaux ne seraient pas engagés. Un homme d’Etat se doit de penser constamment à la surprise stratégique. D’abord, une nouvelle guerre entre grandes puissances n’est jamais à exclure. Ensuite, le Moyen- Orient, zone instable, est nucléarisé. Enfin, on ne connaît pas le terme ultime des révolutions arabes. Par ailleurs, il existe d’autres armes de destruction massive: les armes biologiques et chimiques. On ne peut pas faire comme si elles n’existaient pas ! Si une puissance moyen-orientale voulait un jour nous balancer des missiles chimiques, la disposition d’une dissuasion nucléaire suffirait à nous en prémunir. Un pays qui assure sa propre défense est en Bien meilleur état moral et politique qu’un pays qui s’en remet à d’autres pour cela.

Et si toutes les puissances nucléaires décidaient de désarmer?

La seule démarche pratique que je connaisse en matière de désarmement, est celle de la commission Evans–Kawaguchi qui vise un plafonnement à 2000 têtes nucléaires à l’horizon 2025: 1000 pour les Etats-Unis et la Russie, et 1000 pour tous les autres.Quant aux initiateurs de l’appel Global Zero, ils ne se cachent pas, telHenry Kissinger, de ne pas y croire.
La seule stratégie intelligente au plan international, à mon sens, est, comme l’a décidé la conférence d’examen du TNP (1) en 2010, de promouvoir deux traités permettant de plafonner le développement des arsenaux nucléaires : le traité «cut-off», qui vise à interdire la production de matières fissiles à usage militaire (la France n’en produit plus, elle vit sur son stock) ; et le traité d’interdiction des essais nucléaires (Tice) qui doit être ratifié pour empêcher la mise au point d’armes plus sophistiquées. Cette «prise en tenailles » permettrait de réduire les arsenaux à un niveau de stricte suffisance.

Rocard croit au désarmement. Et Quilès cite l’Allemagne, dénucléarisée et forte…

MichelRocard est un animal de communication. Il utilise délibérément la provocation pour attirer l’attention des journalistes. Quant à PaulQuilès, son argument est cohérent avec le choix fait par l’Allemagne de se placer en dernier ressort sous la protection des armes nucléaires américaines. Ce n’est pas le choix de la France.

Réduire l’outil nucléaire n’aurait pas de sens en temps de restrictions budgétaires?

On y a investi près de 200milliards en cinquante ans. Le coût est marginal pour un gain politique considérable. Le président Hollande l’a rappelé à juste titre.Notre arsenal est calibré à un niveau de stricte suffisance. Et, sans notre force de dissuasion, on n’aurait pas Ariane ni Airbus. Toute l’industrie aéronautique, la plupart de nos pôles d’excellence en dépendent. L’arsenal français, quand on le connaît bien, est impressionnant par la qualité et la sûreté de ses armes. Et je peux vous affirmer qu’on fera encore des progrès impressionnants en précision et en indétectabilité.
 
Recueilli par  LAURE NOUALHAT
et ALEXANDRA SCHWARTZBROD
(1) Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Source:Libération du samedi 14 et dimanche 15 juillet 2012




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