Le Grand n’est pas obligé.

Lundi 28 Mai 2012 - 08:07


Le Grand n’est pas obligé.
J’ai souvent du mal à comprendre mes frères ivoiriens. Ils sont un peu trop exigeants envers le grand cousin. Je les vois agir comme le Roi Christophe qui dans une tirade a laissé supposer que les efforts qu’il demandait aux nègres étaient négligeables. Mes frères ivoiriens tentent, sans le savoir, de poser leurs pas dans ceux du Roi Christophe. Voyez vous, j’entends couramment et de façon acerbe que le grand cousin n’est pas démocrate, il célèbre la justice des vainqueurs ou encore qu’il fait son somptueux rattrapage ethnique. Mais savent-ils au moins qu’il n’est pas obligé d’être juste ou démocrate ? Savent-ils qu’à beau chasser le naturel il revient toujours au galop? Ahmadou Kourouma disait et je cite « le molosse et sa déhontée, façon de s’asseoir.» Cette phrase a vaincu le temps.
Pour ceux qui ne le savent pas, il est temps d’ingérer l’idée selon laquelle le grand cousin n’est pas obligé d’être ce que nous souhaitons qu’il soit. Le grand cousin ne sera jamais démocrate et le jour qu’il essayera de s’inventer une âme de démocrate, il s’invitera dans les bras de l’ange Gabriel. Posons-nous la question de savoir comment il a arraché le trône au dictateur international avant d’exiger de lui la lune. Il avait dit qu’il descendrait le pouvoir de la petite rivière qui a été emportée par ses turpitudes. Il avait aussi dit qu’il rendrait le pays ingouvernable, il l’a fait avec un plaisir débordant. Il avait dit qu’il n’attendrait pas 2005 pour se jucher comme un corbeau sur le trône. Là il échoua. Enfin il avait dit qu’il ferait tomber le dictateur international et il l’a fait au grand plaisir de ses pulsions. Alors, existe-il dans ces propos l’ombre d’une démarche démocratique? Franchement je ne le vois pas. Ces propos et ses actes s’épousent comme la peau et la chaire. Même dans sa gestion, il n’y a aucun soupçon de vent démocratique. Il est ce qu’il est. Vous souvenez-vous de l’époque où il était un « Primus inter pares » ? N’est-ce pas lui qui avait trouvé dans les innocentes mains du dictateur international de Mama des gourdins et des pierres brandis à l’écran devenu aujourd’hui la TCI ? N’est ce pas lui qui avait emprisonné ce même dictateur ? Dites-moi, un démocrate sérieux peut-il brandir, tout nerveux, des pierres comme pièce à conviction au monde entier? Non chers frères ivoiriens soyons tout de même sérieux, le grand cousin n’est pas obligé d’être démocrate.
 
Certains s’offusquent de voir les libertés mis au pain sec. Ils s’autorisent des séances de colère parce que selon eux ces libertés se sont rétrécies comme une peau de chagrin. Ces ivoiriens accusent le grand cousin. Mais qu’est ce qu’ils croient ceux-là? Pensent-ils que le grand cousin les laissera user leurs souliers par des marches intempestives, des dénonciations ou des temps d’antennes pour venir critiquer ses pratiques chantées par ses suiveurs autour de maigres tasses de thé? Ne pensez jamais à cela parce que le grand cousin n’aime pas la contradiction, il est omniscient, omniprésent, omnipotent, omni…et omni. Vous imaginez des débats à la TCI avec des représentants du grand cousin, des hommes connus pour être de piètres débatteurs ? Non chers frères ivoiriens n’y songez pas une seule fraction de seconde. D’ailleurs ces journalistes éclairés qui pensent vouloir faire trembler le grand cousin avec leurs écrits insalubres, bientôt tous ceux là seront mis aussi au pain sec, un certain ange Raphaël vient tout droit de descendre du ciel pour couvrir le grand cousin de ses ailes protectrices. Comment donc un cousin qui n’aime pas être contredit peut-il créer des lucarnes de liberté ? Il ne peut le faire car cela le conduirait tout droit aux côtés du retraité Nicolas Nagy de Bocsa. Non chers frères, un peu de sérieux dans notre démarche, le grand cousin n’est pas obligé de libérer les libertés.
 
J’entends aussi certains ivoiriens dire qu’il faut qu’il soit juste en livrant ses amis, frères et enfants chéris, à Bensouda. Mais au nom de quoi ces ivoiriens s’hasardent-ils à penser ainsi ? J’ai l’impression que mes frères n’aiment pas le grand cousin. Ils veulent assurément qu’il quitte le trône. Vous savez, ces amis et enfants chéris sont pour lui, ce que le cœur est à l’être humain. Dès que le cœur trompe le corps humain en s’arrêtant de battre, automatiquement les pompes funèbres se frottent les mains. C’est dire que le cœur est la pièce maitresse de toute vie. Rapporter au grand cousin, je dirai que ses amis et enfants chéris sont sa seule raison d’être, dès qu’il se séparera d’un seul, il trouvera un AVC sur son chemin. Mais mieux, tous ceux vers qui nos pensées se tournent, répondent bien aux critères du rattrapage ethnique. Ils sont de la cour, dans la cour pour servir le maître de la cour, le concepteur du rattrapage ethnique. Et vous voulez qu’ils se séparent d’eux comme ça ! Rappelez vous qu’en 1989, un papier bien ficelé par des cadres du septentrion avait appelé à un rassemblement autour de la personne du grand cousin, lorsque vous allez au siège du grenier vert, ou au parlement ou encore sur le tapis rouge, vous entendrez seulement des « i dansé, i ka kinnin ? Sawadogo bèyé, ami tarami ? docteur ambi kô… ». C’est ce que le grand cousin aime et c’est grâce est cela qu’il est au trône. Et vous lui demandez d’y mettre un terme. Impossible chers frères. Je vous répète que le grand cousin n’est pas obligé d’être juste parce qu’il n’en a pas la capacité.
De plus, mes pauvres oreilles reçoivent régulièrement des cris de plusieurs ivoiriens qui demandent que le grand cousin libère le dictateur international et ses partisans et qu’il fasse rentrer d’exil ceux qui se sont mis à l’abri de sa foudre. Ces cris me font tordre de rires. Quoi !! Le dictateur international au pays et le grand cousin au trône ? Attendez savez vous un peu de quoi vous parlez ? Vous voulez que ce dictateur fasse ombrage au grand cousin je crois ! Vous voulez aussi qu’on organise des convois pour ne serait-ce que passer une minute dans le périmètre de la résidence de ce dictateur. Ne savez vous pas que même la simple photo du dictateur international déroute le grand cousin ? Lui-même sait qu’on ne peut se faire hara kiri. Parole d’honneur en liberté, la victime de Ouassenan Koné en liberté, l’ingénieur de Bongouanou en liberté, Gbapê au pays, les grands débatteurs au pays… Mais c’est la mort !!! Non, je dis non, le grand cousin n’est pas obligé de nous aimer plus que lui-même. S’il avait à choisir entre le peuple et lui, il se choisirait. Il n’est donc pas obligé de devenir cet être débonnaire au cœur assoiffé d’amour. S’il vous plait comprenez-le.
Dieu nous garde

 
Les Pamphlets d’Alain Bouikalo
bouikhalaud10@gmail.com
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 




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