Le FPI appelle à faire barrage à la présidentielle du 25 octobre par tous les moyens légaux

Jeudi 22 Octobre 2015 - 00:43


Sangaré Abou Drahamane,  Membre fondateur du FPI                                                         Premier Vice-président assurant l’intérim du Président du FPI Laurent Gbagbo
Sangaré Abou Drahamane, Membre fondateur du FPI Premier Vice-président assurant l’intérim du Président du FPI Laurent Gbagbo

Mot d’ordre du FPI relatif à la Présidentielle du 25 octobre 2015

 

Ivoiriennes, Ivoiriens !

I- Tout est donc joué. Rien n’est donc plus jouable dans une Côte d’Ivoire profondément divisée ! A la veille de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, en cette année 2015, des formules qui placent les Ivoiriens devant un ultimatum nous viennent à l’esprit :

  • Silence, on vote en Côte d’Ivoire pour porter le chef de l’Etat-candidat à la présidence de la République ! - Les jeux sont faits. Rien ne va plus. Comme dans un casino !

  • - Rompez les rangs ! Circulez, il n’y a rien à voir !

  • - Dormez tranquilles. Le chef de l’Etat-candidat à l’élection présidentielle 2015 est déjà élu. Nous maitrisons la situation !

  • Tout est donc joué à l’élection présidentielle 2015. Rien n’est donc plus jouable ! Tout est donc joué !

  • Rien n’est donc plus jouable dans une Côte d’Ivoire qui devient un long cauchemar confus !

  • Tout est donc joué ! Rien n’est donc plus jouable dans une Côte d’Ivoire qui ne s’aime plus quand elle se regarde dans le miroir ! Tout est donc joué ! Rien n’est donc plus jouable dans une Côte d’Ivoire où les tendances lourdes de la politique montrent surtout un mélange détonant d’apathie civique, de silence prostré et de colère avalée !

  • Tout est donc joué ! Rien n’est donc plus jouable dans une Côte d’Ivoire qui sent le soufre et qui fait penser au diable !

  • Tout simplement parce que le chef de l’Etat-candidat, M. Alassane Ouattara, a pris le large, comme on le dit dans le Vendée Globe. Il a fait le choix de privilégier le passage en force tant pour les questions liées à son éligibilité que pour celles tenant à l’organisation d’une élection présidentielle juste et transparente, au détriment de la réconciliation.

  • En effet, parvenu au pouvoir dans des conditions tragiques, le chef de l’Etat-candidat ne s’est pas transformé en homme d’Etat pour réussir la réconciliation. Il veut la réconciliation par la peur. Il ne veut pas la réconciliation dans l’honneur. Or, la réconciliation est confiance. Elle n’est pas méfiance. Quand on sort d’une guerre, il faut faire la guerre à la guerre. Un Etat moderne est un Etat qui solde la guerre civile atroce en réunissant les deux parties. Réconcilier, c’est accepter de débattre avec sérénité de tous les sujets qui plombent l’avenir d’un pays comme la Côte d’Ivoire. Aussi, ne saurait-il y avoir de sujets qui fâchent.

  • Vivre en démocratie, c’est écouter ce qu’on ne veut pas entendre. Or, le chef de l’Etat-candidat veut la réconciliation mais à ses conditions. Cette attitude heurte l’éthique même de la réconciliation. Elle est la poursuite de la guerre. La réconciliation authentique, celle que pratiquent tous les peuples de la terre des hommes, on la fait toujours et partout à conditions partagées. On ne se réconcilie jamais seul parce qu'une partie n'a jamais totalement tort et l'autre, jamais totalement raison. Car c’est dans la contradiction que naît la recherche de la vérité qui vient booster la réconciliation au nom de la paix, facteur de progrès.

Comment peut-on gagner le développement et la paix si on n’arrive pas à inculquer l’art du vivre ensemble ? “ Vivre ensemble“ n’est-il d’ailleurs pas le slogan qu’affectionne le Rassemblement des Républicains (RDR), ce parti dont M. Alassane Ouattara demeure toujours le président quoique chef de l’Etat ?
 

II- L’esprit de compromis et d’ouverture du Président Laurent Gbagbo foulé aux pieds
 

Pour recevoir il faut donner, il faut avoir la paume ouverte. Et c’est celui qui est aux commandes de l’Etat qui peut le plus donner. En effet, qui peut appeler à l’union sinon celui qui gouverne ? Le président Laurent Gbagbo l’a si bien compris qu’il a tant donné, même s’il n’a rien reçu en retour. L’essentiel, ici, est qu’il a su se libérer de son idéologie, de son système, de son camp et du Front Populaire Ivoirien (FPI), son parti, pour devenir l’homme de la Nation. Il est resté favorable aux compromis parce que, historien de formation, il sait que c’est ainsi qu’on construit un Etat moderne, une Nation pluriethnique et pluriconfessionnelle. Qui veut faire la réconciliation et la paix doit donc savoir faire des compromis et accepter d’en faire. Le Président Laurent Gbagbo nous a enseignés, par son comportement, son sens de l’éthique et des valeurs, qu’une fois que l’on est au pouvoir et quelles que soient les vexations subies, il faut laisser derrière soi l’amertume, la haine et la vengeance, sinon on reste à jamais leur prisonnier.

Les négociations pour la réconciliation et la paix sont en elles-mêmes une voie de guérison individuelle et collective, une thérapie. Elles ne peuvent aboutir que si l’on a la volonté de regarder au plus profond de soi-même, dans les replis de son âme pour en extirper les démons qui l’habitent. L’une des choses les plus importantes que le Président Laurent Gbagbo a apprises en négociant la réconciliation et la paix est qu’il devait accepter de se changer lui-même pour pouvoir changer ses interlocuteurs. Car, ils sont des êtres humains, comme lui, avec leurs parcours, leurs mythes, leurs œuvres, leur soif de dignité. En acceptant de se changer lui-même pour changer les autres, dans l’intérêt bien compris de la Nation, le Président Laurent Gbagbo s’est inscrit dans l’histoire de son pays, la Côte d’Ivoire, et non simplement dans celle de son camp qui, du reste, n’est ni séparé ni séparable de la Côte d’Ivoire. En cela, il a su marquer son époque. Il est parvenu à incarner des valeurs et des espérances. Il s’est ainsi hissé au rang d’homme d’Etat.

Au pouvoir, il a formé un gouvernement si peu ordinaire que l’on pouvait qualifier, à proprement parler, d’équipe de rivaux, avec 72% des portefeuilles ministériels aux mains du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, opposition). Pour sa générosité de cœur, son sens de l’humain, son sens du compromis, son esprit d’ouverture, son sens élevé de l’Etat et sa capacité de dépassement, le peuple de Côte d’Ivoire l’a réélu en 2010 mais les ″mondialisateurs″ de ce monde sont venus invalider les résultats officiels du Conseil Constitutionnel.

A l’opposé, la boîte à outils de l’actuel chef de l’Etat-candidat, elle, se réduit à un ″anti-gbagboisme″ primaire et obsessionnel, à un optimisme déconnecté du réel. Sous l’œil complaisant et complice des bien-pensants et faiseurs de systèmes, la Côte d’Ivoire est devenue pour les parents, sympathisants ou supposés tels du président Laurent Gbagbo, un Disneyland des horreurs : traques, enlèvements, gel des avoirs, exil, emprisonnements, tortures ou exécutions sommaires et extra judiciaires. Aucune parole, aucun geste du Chef de l’Etat-candidat M. Alassane Ouattara, ne sont venus dissiper le mal vivre des Ivoiriens et extirper la peur immonde qui s’est installée au cœur de leurs vies. C’est dans cette Côte d’Ivoire où le soleil se lève, mais ne brille pas, que survient l’élection présidentielle, ce moment de tous les dangers et ceci même dans un Etat normal.

Le grossier passage en force du chef de l’Etat-candidat ressemble à la chronique d’un malheur annoncé. En effet, chacun de nous sent, confusément, l’imminence de graves évènements. Il ne peut en être autrement avec un candidat non éligible rendu éligible à la fois par un tour de passe-passe juridique et judiciaire ; avec l’insécurité au coin de la rue, dans les domiciles et autres lieux ; une commission électorale aux ordres, une liste électorale aussi secrète que la formule de Coca-cola, des résultats connus d’avance avec à la clé des pourcentages généreusement octroyés à des candidats selon leur degré d’allégeance à M. Alassane Ouattara et selon leur capacité de nuisance.

Si la Commission Electorale Indépendante (CEI) ne fait pas l’élection, elle y a une capacité d’influence et de nuisance. Le président de la CEI, M. Youssouf Bakayoko, toujours aux manettes, l’a suffisamment démontré en 2010, par cette tragique et interminable nuit où la Côte d’Ivoire a attendu en vain qu’il fût minuit. Et où l’horloge du temps s’est bloquée à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), selon le bon vouloir de ce président de la CEI et de ses puissants alliés et soutiens, pour se transporter clandestinement et se débloquer subitement à l’Hôtel du Golf, Quartier Général du candidat Alassane Dramane Ouattara.

En cette année 2015, dans son obsession d’opérer un passage en force, M. Alassane Ouattara et ses appuis ne voient rien venir. C’est pourtant gros comme le point de penalty dans la surface de réparation. Il est même presque établi qu’une victoire dans de telles conditions restera toujours une victoire à la Pyrrhus, éphémère, une victoire d’étape mais sans doute une défaite d’avenir.
 

III- Vers la victoire en déchantant.
 

En effet, aucune victoire ne peut s’obtenir dans la défaite du processus démocratique. La fin ne justifie pas les moyens, c’est un fondement de la démocratie. L’élection présidentielle à venir, qui voit grandir la défiance de l’électorat, peut être l’évènement fortuit qui fait dégringoler l’échafaudage, par le déchaînement des forces aveugles de violences et de haine. Il est toujours fascinant et inquiétant de voir comment l’histoire peut se mettre en mouvement sur des têtes d’épingle et déclencher une terrible secousse institutionnelle.

En 2010, dans le dessein funeste de contraindre le Président Laurent Gbagbo à organiser coûte que coûte l’élection présidentielle, l’argument - massue qui devrait laisser tout sceptique sans réplique - était que c’est par les élections générales que la Côte d’Ivoire parviendrait à la paix. Les élections ont été organisées et la Côte d’Ivoire n’est toujours pas en paix, et encore moins réconciliée ! Les mêmes causes perdurant en 2015 risquent de produire les mêmes effets dramatiques. Hélas !

Au final, la Côte d’Ivoire ne se comprend plus. Il n’y a qu’à regarder les visages des Ivoiriens : même quand ils sourient, les yeux vous disent la douleur. Il n’est pas loin le jour où il nous faudra préparer fleurs et couronnes pour l’enterrement de l’humour, cette carapace protectrice de l’Ivoirien. Comme on le voit, l’affliction ivoirienne est profonde et le FPI, toujours aux côtés du Peuple, se doit de lancer un mot d’ordre devant l’urgente nécessité de sauver notre pays.
 

IV- Le mot d’ordre du FPI : Barrage par tous les moyens légaux !
 

Nous avons un pays à reconstruire, une nation à bâtir. Le FPI, ce parti qui s’inscrit toujours dans l’action responsable, a le devoir de protéger la Côte d’Ivoire d’une aventure sans lendemain. Entre le FPI, le Président Laurent Gbagbo et le Peuple de Côte d’Ivoire, il y a un contrat de confiance à durée illimitée, une fidélité et une loyauté à perpétuité. Le FPI et le Président Laurent Gbagbo portent la Côte d’Ivoire comme un tatouage indélébile. Le FPI estime qu’il n’est ni moral ni éthique de s’octroyer un droit que l’on refuse aux autres.

En s’arc-boutant sur une éligibilité à controverse, en organisant une élection présidentielle pipée d’avance, le Chef de l’Etat-candidat, M. Alassane Ouattara, prive la Côte d’Ivoire d’une élection juste, ouverte, transparente et apaisée, privant ainsi le FPI, le parti façonné par les élections et pour les élections, du droit de faire campagne à l’élection présidentielle, ce temps fort de respiration démocratique, ce moment de dialogue, d’écoute et de projet dans toute société digne de considération. Pourtant, le FPI qui a un candidat, une audience avérée et un projet, aimerait aussi, à l’instar des autres formations politiques et candidats, aller à la rencontre des populations pour battre campagne et faire triompher son candidat porteur de son projet de société. Par amour pour la Côte d’Ivoire, des Ivoiriennes, des Ivoiriens mais aussi par amour des véritables amis de la Côte d’Ivoire, le FPI qui est l’incarnation des valeurs et des espérances des populations, refuse de se faire le complice et l’accompagnateur bienveillant et docile d’une fraude annoncée. Aussi, le FPI se tourne-t-il avec gravité vers le Peuple de Côte d’Ivoire pour lui dire, d’abord les yeux dans les yeux, que :

le Parti et le Président Laurent Gbagbo ne sont pas candidats à la présente élection présidentielle ;

 

Ensuite, que le Parti et le Président Laurent Gbagbo n’ont pas de candidat à la présente élection présidentielle ;

Que le Parti et le Président Laurent Gbagbo ne soutiennent aucun des candidats à la présente élection présidentielle ;

Enfin, que le Parti et le Président Laurent Gbagbo n’ont donné aucun mandat à aucun des candidats engagés dans la présente élection présidentielle, à l’effet de les représenter et parler en leur nom en faisant des promesses inconsidérées à tout vent, qui n’engagent qu’eux seuls.

En conséquence, le mot d’ordre que le FPI lance au Peuple de Côte d’Ivoire est sans ambiguïté aucune : puisque le Chef de l’Etat-candidat, par son passage en force, fait barrage à la participation du Parti du Président Laurent Gbagbo, mais aussi à celle d’autres candidats à l’élection présidentielle 2015,

 

LE FPI, A SON TOUR, EXHORTE INSTAMMENT LE PEUPLE DE COTE D’IVOIRE A FAIRE BARRAGE PAR TOUS LES MOYENS LEGAUX A L’ELECTION PRESIDENTIELLE DU DIMANCHE 25 OCTOBRE 2015.

La participation massive au scrutin étant un indicateur primordial de la crédibilité d’une élection, le Peuple de Côte d’Ivoire a le devoir d’ôter à l’élection présidentielle 2015, toute sa crédibilité en observant le présent mot d’ordre. Nulle personne aimant la Côte d’Ivoire, à quelque niveau que ce soit, ne doit se mettre en marge de ce mot d’ordre ou ruser avec lui.

L’heure n’est donc plus aux temps des hésitations, des calculs, des doutes et de la peur. Nous voici maintenant au temps de la conviction, de la foi, de la cohérence et de l’engagement. Les Peuples et les marchés financiers ont un point commun : une fois lancés, on ne les arrête plus.

En lançant d’abord le mot d’ordre de faire barrage à l’élection présidentielle par tous les moyens légaux, le FPI est convaincu en cela qu’avec l’adhésion du Peuple, l’échec est peu probable ; mais sans cette adhésion, rien ne peut réussir.

En lançant ensuite, le mot d’ordre de faire barrage à l’élection présidentielle par tous les moyens légaux, le FPI préfère prendre les devants avant que les devants ne le prennent, comme on dit en Martinique.

Peuple de Côte d’Ivoire,

Avec le respect scrupuleux et responsable du mot d’ordre, « Nous aurons raison parce que nous avons raison » (Anatole France). Nous avons raison parce que nous sommes dans la vérité historique. Or, « Il y a quelque chose de plus fort que toutes les armées du monde, c’est l’idée dont l’heure a sonné » (Victor Hugo). Et l’idée dont l’heure a sonné est que la Côte d’Ivoire refuse que son destin se décide ailleurs et par d’autres.

Le FPI sait que l’avenir nous réserve la joie, la paix et l’épanouissement. IL est tranquille et serein parce qu’il sait que la Côte d’Ivoire se réveillera avec un jour nouveau. La Côte d’Ivoire sera un grand pays qui va donner à l’Afrique et au monde l’exemple d’un Peuple soudé, formé et fort.

Il y a toujours une clarté dans les ténèbres pour celui qui sait voir. Or, Ivoiriens, vous savez voir loin. Salomon a dit cette phrase : « Aussi longue que soit la nuit, le jour se lève toujours ». Dans la lutte et dans l’espoir, salutations affectueuses à toutes et à tous.

 

Sangaré Abou Drahamane, Membre fondateur du FPI
Premier Vice-président assurant l’intérim du Président du FPI Laurent Gbagbo





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