Le Conseil National de la Presse (CNP) en position de tir

Mercredi 30 Mai 2012 - 01:29


Le Conseil National de la Presse (CNP) en position de tir
Les anciens disent que c’est par la parole que Dieu a emmené à l’existence ce qui n’existait pas. Ce qui donnerait à la parole son caractère performatif. Sur cette foi, j’aimerais pouvoir dire que le CNP ne nous suspendra pas avant le 18 juin prochain. Parce que nous y travaillons. Nous aimerions être sur la place en première ligne pour informer les Ivoiriens sur tout ce qui se passera à la Haye ce jour et autour de ce jour crucial du procès politique engagé contre le président Laurent Gbagbo. Nous ne ménageons donc aucun effort pour traquer toutes les occurrences qui pourraient léser la majesté d’Alassane Dramane Ouattara. C’est un fer supplémentaire à la liberté d’écrire ce qu’on pense vraiment. La psychose d’être suspendu à tout moment nous rend-il paranoïaque ? Nous aimerions en prendre conscience et en guérir. Mais la machine est tellement huilée qu’elle ne peut qu’avoir raison de notre extrême vigilance. En fait, elle n’a pas besoin d’être très performante. C’est le journal en lui-même qui ne devrait pas exister. Toute sa ligne éditoriale est un problème au fond. Il suffit donc de prendre n’importe lequel de son numéro pour justifier une sanction. A partir du moment où nous ne sommes pas fait pour acenser l’homme fort du moment, nous sommes des suspendus en sursis. Aussi nous sommes-nous posés la question de savoir si tous nos efforts actuels n’étaient pas vains ? En l’espace de deux semaines, sans avoir trop cherché de quoi fouetter un chat, le CNP nous a déjà envoyé une interpellation, une mise en demeure, deux avertissements et deux blâmes. « C’est le cheminement normal vers la suspension », nous informe un collègue qui ajoute que la prochaine fois que le CNP décidera de jeter un coup d’œil sur notre journal, ce sera pour nous envoyer une suspension. Le Conseil National de la Presse est donc dans une sorte de calcul que nous devinons très bien. S’il décide de nous suspendre pour un certain nombre de parutions, ce sera pour que nous ne soyons pas présent le jour de la seconde comparution du président Gbagbo à la Haye. Nous sommes donc tacitement prévenus. Nous nous attendons à une suspension avant le 18 juin prochain. Personne ne veut s’accommoder de notre tronche le lendemain de ce jour de vérité. Nous pouvons nous tromper. Notre paranoïa justifiée peut nous conduire à cette déduction architectonique. Il n’en demeure pas moins que la balle est dans le camp du CNP. A ses membres de nous prouver qu’ils ne sont pas dans cette logique qui leur colle désormais à la peau d’être en mission de répression de la presse bleue. Jour J –X.

Joseph Marat





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