‘‘Laurent Gbagbo, un Grand Leader entré dans l’Histoire dans l’Honneur et la Dignité’’

Jeudi 26 Avril 2012 - 23:29


‘‘Laurent Gbagbo, un Grand Leader entré dans l’Histoire dans l’Honneur et la Dignité’’
« Il n’est plus possible de se taire.» C’est précisément par cette phrase que le célèbre philosophe marxiste Roger Garaudy ouvre son livre Le Grand tournant du Socialisme paru en 1969 aux Editions Gallimard. Il n’est vraiment plus possible de se taire. Car parler c’est agir et se taire c’est mourir. La vie du président Laurent Gbagbo pose un problème important à tous les intellectuels africains soucieux du développement de l’Afrique et à chacun de nous en tant que Citoyen ivoirien. De quel problème s’agit-il donc ? Le plus difficile n’est pas toujours de résoudre les problèmes. C’est parfois de les poser. Il faut donc, comme l’écrivait le Pasteur Dietrich Benhoeffer en 1944, risquer de dire des choses contestables pourvu que les questions vitales soient posées. Etant un simple étudiant en Histoire et non un spécialiste, l’entreprise n’était pas sans risque surtout lorsqu’on veut prétendre à être un Intellectuel/Penseur de gauche. Car peut-on raisonnablement dire quelque chose de nouveau sur Laurent Gbagbo en un article de journal. Mais l’enjeu était trop grand pour ne pas entreprendre. C’est aussi une obligation pour nous de penser cette crise afin d’en tirer des leçons pour l’avenir car c’est le destin de l’Afrique qui s’est joué en filigrane dans cette crise post-électorale. Cet article est ma contribution personnelle comme essai ou tentative de compréhension de cette crise afin de remplir mon devoir vis-àvis de l’Histoire, de l’Avenir et de tous ceux qui sont morts dans ce noble combat. Ils seraient morts en vain si nous nous contentions simplement de chanter leur mérite sans nous engager aussi afin d’imiter leur exemple. Cet article est aussi un prétexte pour célébrer l’anniversaire du président Laurent Gbagbo qui aura 67 ans le 31 mai 2012. La plume est un moyen de combat. Et toute action (praxis) est précédée de la théorie (théoria). Que chacun fasse donc son travail ; que ceux qui savent penser le fassent et que ceux qui savent Agir fassent de même. Pourquoi un jeune d’à peine 24 ans se donnerait tant de mal à faire des recherches approfondies pour écrire sur la vie d’un homme qui n‘a rien à avoir, semble-t-il, avec ses études universitaires personnelles ?

Trois raisons motivent mon engagement :

d’abord comprendre la vie et la pensée politique d’un grand leader qui a lutté pour la véritable indépendance, la Liberté, le développement de son pays et de l’Afrique, pour la Dignité de l’homme noir afin de perpétuer sa mémoire, faire la promotion de son combat, m’y engager et encourager d’autres à imiter son exemple. Ensuite, en tirer des leçons de sagesse afin de continuer son noble combat :il y a deux cas en ce sens : vanter ses mérites,la justesse et la noblesse de son combat ou imiter son exemple en s’engageant (continuer) dans son noble combat. J’ai personnellement choisi la deuxième option, ce qui ne me dispense pas de la première. Enfin, favoriser (encourager, susciter) l’étude de sa pensée politique dans l’objectif d’en tirer (élaborer) une théorie politique à la lumière de ses discours (écrits) et de ses actions (stratégie politique). Car j’ai toujours été convaincu qu’il est un exemple d’homme politique et un modèle qui mérite d’être enseigné dans les facultés de sciences politiques africaines et dans le monde, en plus d’être un leader qui a influencé (inspirer et inspirera toujours) toute une génération d’Africains (les jeunes) et beaucoup d’autres personnes dans le monde.

A analyser la vie du président Gbagbo, on se rend à l’évidence qu’il est assurément un grand leader et un homme politique d’exception. Napoléon Bonaparte disait : «On ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir, un chef est un marchand d’espérance.» Il résumait ainsi le rôle d’un Leader, comme le définit le verbe anglais « to lead (diriger, commander, être en tête, organiser un groupe hommes en vue d’atteindre des objectifs.» Nous affirmons dès maintenant notre thèse : Laurent Gbagbo est un Grand Leader entré dans l’Histoire dans la Dignité et dans l’Honneur. C’est donc un devoir pour tout Ivoirien, digne de ce nom, de chercher à comprendre l’enjeu de son éviction du pouvoir et ce qui est en jeu dans cette crise ivoirienne. N’est-ce pas Laurent Gbagbo lui-même qui disait : «Chaque crise a ses bon côtés. Celui qui n’a pas été instruit par cette crise ne le sera jamais» ? Comme les anciens Romains l’affirmaient : «Sapiens nihil affirmat quod non probet» [Trad. française : «Le sage n’affirme rien qu’il ne soit en mesure de prouver»]. Les preuves ! Tous les grands leaders sont caractérisés par la noblesse de leur idéal ou plus précisément de leur Vision et une haute morale. John Maxwell - dans son célèbre Développez votre leadership - écrit : «Tous les grands leaders possèdent deux particularités : ils savent où ils vont, et ils sont capables de persuader les autres de les suivre.» Le soleil représente la chaleur et l’espoir. La lumière fait ressortir l’optimisme chez les gens. La fonction d’un leader est d’entretenir cet espoir vivant. Écoutons encore Maxwell : «Une vision est une représentation claire que le leader a de son groupe au plan de son existence ou de ses activités.» Le leader qui possède donc une vision, se sent investi d’un certain pouvoir. Il croit non seulement que ce qu’il voit peut être réalisé, mais doit être réalisé. Pour cela, les grands leaders savent depuis longtemps où ils vont et comment ils vont réaliser leur vision. Pour revenir à Gbagbo, il obéit à ce critérium établit ci-dessus. Écoutons-le dans son discours lors de la remise officielle du film-documentaire sur sa vie : «Un Homme, une Vision» réalisé par le cinéaste Abderhamane N’Diaye : «Il faut savoir ce que tu veux, longtemps à l’avance. C’est-à-dire qu’il ne faut pas découvrir les situations de façon opportuniste. Il faut savoir ce que tu veux être ; ce que tu veux faire. Comme cela, tu te traces ta ligne de conduite. Moi, j’ai fait des études en Histoire pour devenir président de la République. Sinon, la bourse qu’on m’a donnée pour aller en France, c’était pour être professeur de grec et de latin. Quand j’ai commencé vraiment à militer, je me suis rendu compte qu’il me manquait l’histoire de l’Afrique pour poursuivre ma route. J’ai changé et j’ai donc fait Histoire parce que c’est cela qui me manquait. C’était en 1967-1968. (…) On a de grands combats à mener. Et, les grands combats qu’on a à mener, ce n’est pas pour se venger des gens. C’est pour être Hommes, aussi, comme les autres. C’Est-ce qu’on appelle la dignité. Quand quelqu’un passe, il faut qu’on sache que c’est un homme qui passe. C’est tout ce que nous voulons ; c’est tout ce que nous recherchons. On ne cherche pas à dominer ceux qui nous ont dominés hier ; à nous venger ; non ! Mais, on veut qu’on reconnaisse que nous sommes des hommes, au même titre que les autres. (…) Quand tu passes, il faut qu’on dise : voici un homme qui passe.» En 1968, il avait 23 ans.

Concernant la noblesse de son combat politique, par conséquent de sa vision, voilà ce qu’il disait lors d’une cérémonie organisée par l’Union des Houphouëtistes pour le Dialogue le 9 avril 2010 à la Fondation Félix Houphouët- Boigny pour la Paix à Yamoussoukro : «Il faut que les Ivoiriens sachent que Houphouët est entré dans la politique en réclamant la Liberté. Il est entré en politique en réclamant l’Égalité. (…) Chers amis, Houphouët est entré en politique en réclamant la Liberté, en réclamant l’Egalité. Je suis entré en politique en réclamant la Liberté et l’Égalité ; réclamant pour chaque citoyen, le droit de se mettre au service de son pays, la Côte d’Ivoire.» Cette déclaration est bien en adéquation avec la suivante : «La première chose qu'il faut comprendre, c'est que, dans toutes négociations, même si elles sont techniques, c'est la dignité. Oui, nous sommes les combattants de la dignité. L'Afrique veut le respect. Je négocie avec toi un prêt. Si tu veux, tu me le donnes. Si tu ne veux pas, tu le dis. Tu peux me dire : “Je te fais un prêt, voici les conditions”. Moi aussi, j'accepte tes conditions ou je ne les accepte pas. Mais l'irrespect ne peut pas être accepté par les générations à venir. L'indignité ne peut pas être acceptée par les générations à venir. La génération que je représente, c’est de donner la dignité, c’est de forcer le respect. … Nous n’avons absolument rien contre le peuple français. Mais, quiconque, au nom d’intérêts idéologiques ou économiques, veut nous asservir, nous trouvera débout ! La mort vaut mieux que le déshonneur. Je ne me laisserai pas déshonorer et je ne laisserai pas déshonorer le peuple qui m'a élu. Jamais ! » Stephen Sample, spécialiste de leadership écrit : «Un grand leader doit être prêt à payer le prix de son idéal ou de ses décisions audacieuses.» Gbagbo respecte encore cette qualité exigée d’un grand leader : le don de soi et le sacrifice de sa propre vie pour ses convictions et sa vision afin de combattre les injustices et améliorer les conditions de vie de sa communauté. En voici la démonstration que nous allons encore tirer de ses écrits. Précisons le contexte, il lui est demandé de savoir «jusqu’à quelle limite il est prêt à aller dans la lutte pour ses idées politiques». Et voilà sa réponse: «Une telle cause est si belle qu’on n’y peut imaginer de limites ! On vit pour elle. Vous savez, j’ai décidé de sacrifier six ans et demi de ma vie pour me consacrer à une politique. Pendant tout ce temps, je ne connaissais même pas mes enfants. J’ai trois filles que je n’ai pas vu grandir. J’ai mon fils qui a dû aller vivre chez sa mère. Ce n’est pas, il faut me croire, que je ne pensais pas à eux. Tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, je pensais à mon fils et à mes filles. Mais à un moment donné, il ne faut pas faire des discours pour rien. Il faut sacrifier même ce qui nous est le plus cher. Il n’y a donc pas de limite à une telle cause. Et ce que je fais n’est encore rien par rapport à ce que je suis prêt à faire. (1)».


Mais en quoi se résume la vision de Gbagbo ?

Laissons-le encore répondre : «Rendre chacun responsable de l’avenir de son pays par la liberté qu’il a de critiquer, de contredire, de proposer, de participer, d’adhérer, de construire ; rendre la parole à ceux qui ont quelque chose à dire mais qui sont cloués par la peur qu’inspire la répression au quotidien ; faire entrer notre pays dans la République et notre peuple dans la démocratie ; faire de nos différentes sensibilités politiques le levain de la construction nationale ; bâtir l’avenir sur le droit et non pas sur l’arbitraire ; tels sont nos objectifs. Ils sont simples. Ils sont clairs. (2)». Pendant la crise post-électorale, ce ne sont pas les pays d’exil s’offrant à lui qui ont manqué : Ghana, Angola, Gambie, Afrique du Sud, Etats-Unis même… mais pour respecter sa parole il n’a pas abandonné son peuple. On se souvient de cette phrase du président Gbagbo revenu d’Italie en septembre 2002 malgré les menaces pesant sur sa sécurité, malgré le fait que la France chiraquienne lui avait proposé de venir se «réfugier» en France : «Il ne sera pas écrit dans l’Histoire que Gbagbo fut fuyant !» Voilà la marque des grands hommes et leaders politiques qui se respectent vraiment et marquent leur Temps et dont l’Histoire retient les noms ! «Moi, aujourd’hui, je sais exactementoù je vais. Je sais exactement où j’emmène la Côte d’Ivoire. (…) Nous ne ferons pas ce que les autres nous dictent. Je ne suis pas président de la République pour travailler sous la dictée de quelqu’un. Je ne suis ni gouverneur,ni Sous-préfet, ni préfet, ni représentant de quelqu’un. Je suis Chef de l’État élu par son peuple, c’est tout ! Et donc, nous avançons…», disait-il le samedi 30 septembre 2006, lors de l’intronisation du Chef du village d’Anonkoua-Kouté. Par ailleurs, Laurent Gbagbo a consacré sa vie au service du combat pour le développement de l’Afrique et la Dignité du peuple africain.

En voici la démonstration. L’Afrique au XXè siècle, le continent convoité est le titre d’un des nombreux ouvrages d’Elikia M’Bokolo, éminent historien africain et journaliste à Radio France Internationale, animateur de l’émission Mémoire d’Afrique, paru en 1980 aux Editions Etudes Vivantes. A la lecture de ce livre, on se rend compte de la très grande importance géostratégique et économique de l’Afrique même si elle représente moins de 2 % du commerce mondiale actuellement. En effet, tout le monde sait que l’Afrique est l’un des plus grands réservoirs de matières premières de la planète. Selon un article de David Beylard, spécialiste de géopolitique des guerres en Afrique, dix matières premières joueront un rôle stratégique dans les vingt prochaines années et feront de l’Afrique un fournisseur incontournable ! Il s’agit des métaux de terre rare suivants : le niobium, communément appelé columbium, le tantale, le tungstène, le titane, l’uranium, le thorium, le cérium, l’yttrium, le lithium et le lanthane. Pourquoi ces dix matières premières sontelles hautement stratégiques? Selon Beylard, c’est parce qu’elles joueront un rôle déterminant dans toute l’industrie de demain : l’armement, l’environnement, la nanotechnologie, l’aéronautique, les technologies de l’information et de la communication, la biologie, la médecine, la chimie judiciaire, la biométrie, la chimie agricole, pharmaceutique et alimentaire… Juste un petit exemple, l’industrie des voitures électriques ne se développera pas si les gisements de lithium africain ne l’approvisionnent pas. Ceci est aussi valable pour la production de l’électricité dans les centrales nucléaires en Europe, qui dépendent à plus de 60% des gisements africains d’uranium. 60% de l’énergie consommée en France est d’origine nucléaire et l’uranium pour produire cette énergie nucléaire en France provient à 60% du Niger. Or, plus de 70% des Nigériens sont sans électricité. Pendant ce temps, des millions d’Africains vivent dans l’obscurité sans que cela ne choque personne. Etant donné que les pays d’Afrique sont dépourvus des laboratoires spécialisés dans différentes branches des sciences de la nature, ces matières premières ne présentent aucun intérêt particulier pour nos gouvernants. Et tout concoure à ce que cette ignorance perdure. Les partenaires occidentaux de l’Afrique participent à la pérennisation du sous-développement des économies africaines, en sous-valorisant la valeur marchande de ces matières premières hautement stratégiques et en supportant une classe politique plus soucieuse de son propre avenir que de celui des siens.

Quand la carte africaine des gisements des matières premières hautement stratégiques est superposée avec la carte politique de ce continent, apparaît une parfaite concordance entre la localisation des conflits les plus meurtriers et ces gisements. D’après Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, dans son livre paru en 2009 chez L’Harmattan, Et l’Afrique Brillera de mille feux, le continent noir regorge de «90 % des réserves mondiales prouvées de platine, de cobalt et de chrome, 76 % des réserves mondiales de phosphate, 73 % des réserves de diamant, 60 % du manganèse, 40 % de l’or,30% de la bauxite et de l’uranium, 15 % du fer et du pétrole. Sans compter les matières premières agricoles et ligneuses (coton, cacao, café…). Il signale que le continent africain dispose également du tiers du capital hydraulique du monde et d’autres importantes potentialités économiques, sociales et culturelles.» On comprend dès lors sans grande difficulté pourquoi Jacques Godfrain, ministre français de la Coopération (1993-1995), a intitulé son livre : L’Afrique, notre avenir. Jacques Attali, économiste et célèbre écrivain français, ancien conseiller spécial de François Mitterrand, a intitulé lui aussi un de ses articles paru en 2009 dans l’hebdomadaire français L’Express «L’Afrique notre avenir » (disponible sur son site :http://www.attali.com/ecrits/articles).
Ce dernier y écrit : «Selon les statisticiens l’Afrique vient de franchir le seuil du milliard d’habitants : elle abrite désormais un humain sur sept, alors qu’elle n’en accueillait qu’un sur dix en 1950, et en accueillera un sur cinq en 2050, soit 2 milliards d’habitants. Ce n’est qu’un des signes qui fait de l’Afrique, principal lieu de misère, une source de croissance et la matrice de notre avenir. (…)L’Afrique est enfin le lieu de toutes les promesses : c’est le continent le plus riche en matières premières (pétrole, minerais, produits agricoles) ; c’est le continent le plus jeune (43 % des Africains subsahariens ont moins de 15 ans ; dans le seul Nigéria, il nait chaque année plus d’enfants que dans l’ensemble de l’Union Européenne ; l’Uganda est le pays le plus jeune du monde, avec 56% de moins de 15 ans)…»

De plus, l’actuel président français Nicolas Sarkozy, lors de son discours d’ouverture du 25ème sommet Afrique-France, le 31 mai 2010 (auquel ne participera pas pour être fidèle à ses convictions) à Nice, reconnaitra cette évidence en affirmant sans ambages : « L’Afrique est notre avenir. (…) Et, je veux dire que la France et l’Europe ont autant besoin de l’Afrique que l’Afrique a besoin de l’Europe et de la France.» On comprend donc aisément que les Africains doivent mener de durs combats afin de rester maîtres de leurs richesses et partant de leur destin. Quant à Laurent Gbagbo, dans un livre-interview paru en 1995 à Johannesburg, à la question du journaliste Honoré de Sumo se libellant comme suite : «Vous venez d’avoir 50 ans, vous luttez pour une cause depuis 30 ans. Que souhaiteriez vous que l’histoire garde de vous ?», il répondait sans ambages ceci : «Je serais heureux si après ma mort, cette phrase était inscrite sur ma tombe : «Cet homme a travaillé pour son pays et pour l’Afrique. (3)».


Laurent Gbagbo a toujours eu un profond souci pour l’Afrique car depuis longtemps, le développement de l’Afrique par l’union a eu une place de choix dans sa pensée politique. Il a préconisé par exemple une union des pays de l’Afrique de l’Ouest afin d’avoir une seule ambassade pour réduire les dépenses relatives au fonctionnement de l’administration et pour une économie forte et une diplomatie efficace avant la grande union africaine. Il a aussi proposé qu’un prélèvement soit fait sur nos énormes richesses afin de constituer un fonds souverain d’investissement qui fera des prêts aux pays membres pour des investissements. Ses homologues africains lui avaient d’ailleurs confié la mise sur pied de ce projet qui avait eu leur soutien. Selon lui, cela évitera à nos ministres d’aller à Paris ou à Washington se faire humilier par les institutions de Bretton Wood (FMI et Banque Mondiale). Comme il le dira encore dans son message aux Ivoiriens du 7 août 2011 : «En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l’on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans le rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture).» Lors du discours de clôture du colloque sur le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire le 5 août 2010, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, il déclarait : «Une nouvelle Afrique arrive, parce que les gens qui pensent ce que je pense sont plus nombreux.

Aujourd’hui plus qu’hier.» Laurent Gbagbo a toujours dit qu’il voulait ressembler à Senghor, être président et être instruit car il n’a jamais vu d’ignorant dans les luttes révolutionnaires. Voilà qui est bien dit ! Devant la difficulté de conclure cet article tant la pensée de l’homme est dense, nous avons décidé simplement encore une fois de plus de laisser la parole de la fin au Président Laurent Gbagbo en citant un extrait d’un de ses écrits que j’aime beaucoup. Ce texte très profond et lourd de sens est extrait (ce sont les dernières phrases de l’oeuvre) du premier texte écrit du Président Laurent Gbagbo, cependant ce n’est pas son premier livre publié. C’est une pièce de théâtre. A l’époque, il enseignait en tant que jeune professeur d’histoire et de géographie au Lycée classique d’Abidjan. Il est important de préciser qu’il avait 26 ans en ce temps. Cette pièce de théâtre a été écrite en prison, à la lumière d’une lampe électrique, entre 1971 et 1973 à Séguéla. A sa sortie de prison, quand il a présenté le manuscrit, aucun éditeur ne voulait le prendre en Côte d’Ivoire à moins, l’a-t-on conseillé, de le publier en changeant son nom, surtout que le titre initial était : Et le lion rugira. C’est après la publication de son deuxième manuscrit intitulé Réflexions sur la Conférence de Brazzaville en 1978 aux Editions Clé à Yaoundé que les Editions CEDA ont accepté de publier le texte en 1979 avec son nom mais sous le nouveau titre Soundjata, Lion du Mandingue. Écoutons-le encore : «Ecoutez ma parole car elle est pure de tout mensonge. Elle a la limpidité de l’eau de pluie. Et la violence de l’ouragan.
Le monde est malheureux. Parce que les hommes ne se souviennent pas.Or hier n’est pas encore loin. Et demain est profond, D’une profondeur pleine d’espoir. Ecoutez ma parole : elle ne sait qu’avancer ! Ecoutez ma parole : l’Histoire est Vérité (4) »

Imhotep MAÂT

Penseur de Gauche
imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr
SOURCE: Le Nouveau Courrier du 26 avril 2012
NOTES :
1-Gbagbo Laurent, Histoire d’un retour, Paris,
L’Harmattan, 1989, p. 60
2-Gbagbo Laurent, Histoire d’un retour, p. 9
3-Laurent Gbagbo, Le Temps de l’Espoir,
Johannesburg, Editions Continentales, 1995,p.131
4-Gbagbo Laurent, Soundjata, Lion du  Mandingue, Abidjan, CEDA, 2006, p. 102
 




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