Laurent Gbagbo dans son livre :« Mes adversaires sont cuits...»

Dans les larges extraits retenus dont nous proposons une partie, le président Laurent Gbagbo commente les prouesses de ses avocats qui ont été dotés, pour sa défense, de quelque 50 millions, une vraie bagatelle devant les 20 milliards donnés au procureur pour le condamner. Depuis, et avec les résultats obtenus, Gbagbo s’est fait une conviction. Ses adversaires sont cuits

Mercredi 9 Juillet 2014 - 09:15



C’est la CPI qui vacille

Seul le budget est digne de la super production annoncée. En 2013, le budget du procureur s’élevait à 28.265.700 auxquels il faut ajouter les 2,8 millions ( soit 20 milliards de Fcfa)permettant au procureur d’engager de nouveaux consultants, enquêteurs, personnels intérimaires spécialement destinés à travailler sur le dossier ivoirien. Des dizaines de juristes se sont échiné à construire un dossier à charge contre le président Gbagbo à La Haye : procureurs, procureurs adjoints, assistants légaux, spécialistes de première instance, spécialistes d’appel, traducteurs etc., ll faut y ajouter  les dizaines d’enquêteurs du bureau du procureur qui travaillent sur le terrain en liai- son avec les autorités ivoiriennes, magistrats et policiers. Les Ivoiriens ont transmis au procureur toutes sortes d’éléments censés lui permettre de clouer le cercueil du président Gbagbo. Et derrière les Ivoiriens, les Français. Les avocats Jean-Paul Benoît et Jean- Pierre Mignard proches de François Hollande sont à la manœuvre. Face à ces moyens gigantesques, l’équipe de défense d’Emmanuel Altit ne dispose que d’un budget limité. Pour toute la durée du procès, il ne lui sera accordé que 76.000 euros (soit environ 50 millions)pour les frais d’enquêtes. La disproportion des forces est criante. Et pourtant, avec pour seule arme leur expérience et leur sens manœuvrier, les avocats de Gbagbo vont mettre en échec le procureur et tous ses soutiens internationaux, et inverser totalement la situation, plaçant le procureur sur la défensive et l’obligeant à se justifier auprès des Etats-parties. Après plusieurs reports successifs, l’audience tant attendue se tient finalement du 19 au 28 février 2013. Plus de 10.000 pages de rapport d’enquêtes et d’annexes, de nombreuses vidéos, le tout rassemblé en étroite collaboration avec les autorités ivoiriennes, pour aboutir à un « DCC ou document contenant les charges, c’est-à-dire un acte d’accusation, qui se voulait implacable et insurmontable. Le procureur prétendait décrire un Gbagbo, dirigeant des unités qui lui auraient été fidèles dans le but de pratiquer la terreur entre novembre 2010, date du second tour des élections présidentielles, et le 11 avril 2011, date de sa chute afin de se maintenir au pouvoir. Pour le procureur, cette politique dirigée contre les populations civiles aurait entraîné la mort de 1080 opposants, et plus d’une trentaine de viols. La raison ? Des actions de terreur auraient été le seul moyen trouvé par le président Gbagbo et ses proches pour se maintenir au pouvoir. Ces actions, qui pour le procureur seraient autant de crimes contre l’humanité, auraient été préméditées. Gilles Dutertre, premier collaborateur de Fatou Bensouda, a ou- vert le feu, puis Eric McDonalds et Maria Bélikova ont détaillé, à grands renforts d’images et de vidéos, 41 événements criminels, dont les plus importants, tels que la marche sur la RTI, la tuerie des femmes d’Abobo, le bombardement du marché d’Abobo et les massacres de Yopougon. Une batterie de charges impressionnante. Bref, le futur procès « auquel Gbagbo voudrait bien se sous- traire », lit-on dans Jeune Afrique, le 26 mai 2012, est déjà présenté  comme le triomphe annoncé du procureur. Selon les journalistes, la condamnation ne doit pas faire un pli. La défense et son illustre client tremblent… Aujourd’hui, c’est plutôt l’institution judiciaire internationale qui vacille.

Le procureur de la CPI était en contact permanent avec les rebelles durant la crise postélectorale

Du côté de la défense, tout a été préparé. Dès les premières minutes de l’audience, il est demandé au procureur de rendre des comptes sur nombre d’erreurs procédurales qu’il a commises. Le procureur se trouve placé sur la défensive. Jamais, paraît-il, le procureur n’avait autant travaillé sur une audience et présenté aussi bien son cas. Pourtant, dès les premiers coups assénés par les défenseurs du président Gbagbo, il vacille. Après avoir entendu l’accusation, la défense prend la parole et pendant deux semaines, ne la lâchera plus. Emmanuel Altit cadre le débat. Il commence par s’étonner que ne soit poursuivi que le président Gbagbo alors que le procureur n’avait cessé de proclamer qu’il poursuivrait tous les auteurs de crimes de masse, quel que soit leur camp. « Est-ce parce que les auteurs de ces crimes sont inconnus ? », interroge-t-il. Bien au contraire, ils sont connus de tous, rappelle-t-il et leurs crimes sont documentés en détail par toutes les organisations des droits de l’homme. L’avocat souligne que ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir sont : « ceux qui depuis le 19 septembre 2002, pratiquent le pillage, les extorsions à grande échelle et se livrent à toutes sortes de trafics en violation des lois. Ceux qui font du viol systématique une politique. Ceux qui utilisent des mercenaires et des miliciens dozos. Et ceux qui continuent aujourd’hui encore à commettre des crimes, notamment dans l’ouest ivoirien. Ils sont cités dans les rapports des nations unies, d’Amnesty international, de Human Rights watch, de l’international Crisis Group, de Global Witness, du département d’Etat américain et d’autres encore ». Il rappelle que depuis la chute du président Gbagbo, ce sont ces chefs de guerre, suspectés de crimes les plus graves qui dirigent l’armée, la police, différentes milices, trustent les postes de décision et ont accru leurs pouvoirs. L’avocat remarque qu’à aucun moment après le second tour des élections présidentielles, le procureur n’a essayé de prendre contact avec le gouvernement du président Gbagbo alors même qu’il était en relation permanente avec les rebelles et Alassane Ouattara. Il s’étonne que le procureur n’ait jamais mis en garde les « responsables de la rébellion et les chefs de guerre d’Alassane Ouattara,  réservant ses flèches ou ses menaces au seul camp gouvernemental ». Il s’étonne encore des bons rapports que semblent avoir continué d’entretenir après la crise le procureur avec les vainqueurs du conflit. « Dans ces conditions, comment s’étonner que le document contenant les charges ne soit que le reflet des accusations portées par les chefs rebelles et la presse pro-Ouattara au moment de la crise. Ce document c’est qu’une revue de presse, la revue d’une presse engagée. » Surtout, Emmanuel Altit met en lumière l’absence d’enquêtes à charge à fortiori à dé- charge : « le procureur n’apporte aucun élément probant à l’appui de ses accusations : il est frappant de constater le faible nombre d’attestations qu’il présente, leur caractère vague et flou et le fait qu’elles soient souvent en contradiction les unes avec les autres. Il est frappant aussi de constater que nulle part, il n’y a trace d’un ordre quelconque du président Gbagbo, ou de ses responsables politiques ou militaires, qui corroboreraient- ne serait-ce qu’en partie- au moins l’une des allégations… » « Le récit du procureur est parcellaire, lacunaire pour une raison simple : la réalité ne cadrant pas avec ses accusations, il lui faut tenter de la transformer et pour cela, il lui faut occulter certains aspects. Mais les faits sont têtus et nous allons les rappeler, sans omettre d’éléments importants pour la compréhension des événements. » « Le récit du procureur est biaisé pour deux raisons : l’une, nous l’avons dit, est qu’il dépend des éléments qui lui ont été transmis par les autorités ivoiriennes ( actuelles) ; l’autre, plus fondamental, est que pour faire peser la responsabilité du conflit sur les seules épaules du président Gbagbo, il lui faut adhérer au narratif construit à l’époque de la crise pour (…) « délégitimer » (le président Gbagbo) et pour convaincre la communauté internationale de soutenir (Ouattara). » « C’est ce qui explique le choix, expose Emmanuel Altit, des quatre événements qui structurent son document contenant les charges, aussi flou, contradictoire, discutable soit-il. (…) Parce que ces événements (ont constitué) autant de tournants dans la crise ivoirienne, autant d’étapes dans la « délégitimation » (du gouvernement Gbagbo) du président Gbagbo et, parallèlement, (autant de degrés) dans l’engage- ment de certaines puissances dans le conflit. » « La prétendue répression lors de l’attaque de la RTI en décembre 2010, a entraîné au plan international la condamnation du régime du président Gbagbo ; « les allégations concernant la manifestation des femmes au début du mois de mars 2011, ont entraîné l’immédiate suspension des négociations de paix en cours. Les puissances ne voulaient pas d’une paix négociée (…) « Le bombardement allégué du marché d’Abobo le 17 mars 2011, a conduit quelques jours plus tard à l’adoption de la résolution 1975 du conseil de sécurité et au déclenchement de l’offensive terrestre préparée en sous-main et de longue date par les forces françaises et par l’Onuci. « Et que dire des accusations concernant des combats à Yopougon après la chute du président Gbagbo ? Elles permettent d’occulter les rafles et les violations systématiques des droits de l’homme commises après leur victoire par les forces (…) pro-Ouattara. « Le choix de ces quatre événements (…) donne (…) à lire un récit, à croire une histoire » qui légitimerait ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, explique l’avocat. Ce « narratif » permet au vainqueur de présenter une histoire du conflit ivoirien « acceptable » aux yeux de la communauté inter- nationale. Il peint « à grands traits un camp du bien et un camp du mal », comme le dit Emmanuel Altit. « De ce point de vue, ils ont une signification politique ; ils ont conçu une réalité « légitimante » qui a servi de fondement à la prise de pouvoir par le camp Ouattara. « Plutôt que de vérifier la véracité même de ce récit, plutôt que d’enquêter pour en déterminer la réalité, le procureur l’a tenue pour acquis et le problème, c’est qu’il ne peut plus, maintenant, s’en écarter sous peine de remettre en cause l’édifice, continue-t-il. « Or, l’édifice ne tient pas : l’attaque de la RTI ? Tous les éléments à notre disposition le prouvent. Ce ne sont pas les forces pro-Gbagbo qui auraient attaqué (…) foules désarmées mais bien au contraire, les miliciens pro-Ouattara qui ont lancé une attaque préméditée et préparée contre les forces de maintien de l’ordre. « La répression de la marche des femmes ? La presse ivoirienne, elle-même, s’en fait l’écho des incohérences des accusations. Le procureur, lui, a tenu pour acquis que la version d’un seul camp était la seule bonne, sans la remettre en question, sans enquêter, sans vérifier différentes hypothèses. « Le bombardement du marché d’Abobo ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que le dossier présenté par les autorités ivoiriennes n’est pas convainquant et que le procureur n’a rien fait pour éclaircir les choses. « Comment d’ailleurs ne pas s’étonner que ceux que le procureur présente comme les (donneurs d’ordre) (…) (…) ce dont le rôle aurait été crucial) dans la mise en œuvre de la prétendue politique qu’il (…) reproche (au président Gbagbo), aient été promus et récompensés par Alassane Ouattara ?) (…) « Mais, il a préféré lire la réalité ivoirienne à travers un prisme simplificateur : il est plus simple d’être manichéen, de se représenter des foules désarmées mitraillées lorsqu’on veut distinguer entre le camp du bien et le camp du mal ; cela parle d’emblée à l’imagination ; cela est déjà inscrit dans l’inconscient collectif » « parce qu’il n’a pas enquêté lui-même, parce qu’il s’est reposé sur ce que lui confiaient les autorités ivoiriennes, le procureur n’est pas à même de saisir quelle a été la réalité politique du terrain et, par conséquent, ne peut la donner à voir à la chambre. » « Nous montrerons au cours des débats combien cette tentation de la facilité, de la simplification a des conséquences graves et a conduit le procureur à mal interpréter les événements dont il parle. » « Ainsi pour écrire un scénario susceptible d’entraîner la mise en accusation du président Gbagbo à la CPI, le procureur a-t-il dû forcer la vérité et réinventer une réalité. Pourtant la vérité, tous les spécialistes et tous les habitants de la Côte d’Ivoire la connaissent : la chute du président Gbagbo a été planifiée et organisée » (… ) « C’est une partie risquée que joue le procureur  en adhérant à un récit élaboré par d’autres. En effet si le récit sur lequel il s’appuie était remis en cause, toute la construction intellectuelle visant à accuser le président Gbagbo et, parallèlement, tout l’édifice visant à légitimer Alassane Ouattara s’écroulerait. Apparaîtrait alors en toute lumière ce qui est le fond des accusations : la recherche d’un bouc- émissaire qui n’est en réalité, qu’un homme coupable d’avoir voulu émanciper son pays, un homme coupable d’avoir préféré la liberté à la servitude. » « C’est bien une partie risquée que joue le procureur en se focalisant sur les quatre incidents les plus médiatiques, ceux qui ont eu des conséquences politiques, car ce faisant, il oublie les crimes innombrables qu’ont subis les populations ivoiriennes. « Le peuple ivoirien aurait mérité (…) que ses souffrances soient prises en compte, il au- rait mérité un autre procès qu’un procès politique, il aurait mérité que soit instruit le procès des vrais responsables de la destruction, depuis une décennie, du pays. » « Et la cour aurait mérité de pouvoir  se pencher sur ce qui s’est réellement passé en Côte d’Ivoire pendant toutes ces années ; elle aurait pu alors jouer un rôle bénéfique dans la réconciliation nationale. » Emmanuel Altit rappelle également que la crise ivoirienne est aussi une affaire française et ne peut être comprise que dans le cadre des relations franco-africaines. Depuis cinquante ans, poursuit-il, la France est intervenue une quarantaine de fois en Afrique. A partir de là, tout va s’enchaîner implacablement. Les membres de l’équipe d’Emmanuel Altit prennent la parole l’un après l’autre et réduisent à néant tous les arguments du procureur. Ils prennent chacun des éléments présentés par le procureur au soutien de ses allégations et en montrent l’inanité, la non-pertinence, le flou, les contradictions. A l’issue des démonstrations du professeur Jacobs, d’Agathe Bahi-Ba- rouan, de Jennifer Naouri et de Natacha Fauveau, il ne reste rien des allégations du procureur. Un choc d’autant plus fort que les audiences sont diffusées en quasi direct par les sites internet de la cour et reprises dans un certain nombre de pays. En Côte d’Ivoire, les audiences sont suivies avec passion sur internet. Les membres de l’équipe de défense relèvent avec gourmandise les incohérences de la position du procureur, expliquent ses silences, démontrent que nombre d’éléments semblent avoir été établis pour les besoins de la cause quand ils ne sont pas complètement étrangers à l’affaire. Ainsi, d’une vidéo que le procureur prétendait illustrer des atrocités survenues en 2011 à Abidjan alors qu’il s’agissait en réalité d’images tournées  en 2009 au Kenya. Les membres de l’équipe de défense avaient remarqué les exclamations ex- primées en swahili. Face au professionnalisme de la défense, et au sérieux avec lequel a été menée la contre- enquête, la position du procureur apparaît désormais très fragile. L’absence de véritable enquête est évidente. Le fait qu’elle se soit reposée en grande partie sur ce qu’avait bien voulu lui dire ou lui fournir comme document à charge les autorités ivoiriennes est patent. Son manque de compréhension de la situation, effarant. C’est une grande victoire pour la défense d’avoir réussi à changer la perception que le public avait de l’affaire.

« Ils sont coincés », se réjouit Gbagbo

Mes avocats ont su retourner complètement la situation. Mes adversaires croyaient avoir gagné et avoir utilisé la cour pénale internationale à leur profit. Il apparaît désormais qu’ils ont tout à perdre à un procès parce qu’un procès révèlera la vérité. Ils sont coincés. C’est là l’un des grands mérites d’Emmanuel Altit et de son équipe, avoir compris immédiatement quelle avait été la réalité sur le terrain et être parvenu à la donner à voir au juge. Ils ont détruit la preuve du procureur. Désormais, tout le monde sait que les éléments présentés par le procureur ne résistent pas à l’analyse. Enfin, ils ont montré le parti-pris du procureur qui va avec le vent que soufflent les grandes puissances. Pourquoi ne poursuit-il pas ceux qui ont été dénoncés par les ONG comme des criminels de masse ? Pourquoi même entretient-il avec eux des rapports semble-t-il cordiaux ? Probablement parce qu’il ne les voit pas comme des criminels. Parce qu’il fonctionne selon des présupposés, des préjugés. Mes avocats ont montré que ces préjugés, véhiculés par les médias, étaient le résultat d’une fabrication. Nous avons su utiliser le processus judiciaire pour donner à voir la réalité. Toutes les accusations, politiques, destinées à préparer le terrain auprès le l’opinion publique internationale pour permettre mon renversement, s’avèrent, après débats véritablement contradictoires, fausses. Les débats devant la cour pénale auront permis de montrer que les accusations du camp Ouattara, répondant à une stratégie conçue par ses communicants français n’était qu’un rideau de fumée destiné à cacher les tentatives de prise de pouvoir par la violence qui ont eu lieu pendant dix ans contre un gouvernement légitime. Et les élections ? Pourquoi le procureur ne s’y intéresse-t-il pas ? Car après tout c’est simple : si je les ai perdues, on peut discuter. Mais si je les ai gagnées, alors tout s’écroule : la communauté internationale aura soutenu le perdant des élections et l’aura mis- force Licorne et contingent de l’ONU réunis- au pouvoir par la violence. Pourquoi le procureur n’a-t-il pas envisagé l’hypothèse selon laquelle j’aurais gagné les élections, alors que tout montre que je les ai gagnées ?
Pourquoi Ouattara et ses soutiens français n’avaient-ils qu’une crainte pendant la crise, que l’on parvienne à un accord qui prévoit le recomptage des votes, et ont-ils tout fait pour faire capoter les tentatives de médiation ? Informer-intoxiquer ? –par l’ONUCI, Jean Christophe Notin croit pouvoir régler le problème en écrivant dans un livre « qu’une fois comptabilisés, les bulletins de vote, ont été détruits en décembre » 2010. Cet argument n’ayant jamais été opposé à Gbagbo, il est faux. S’il s’avérait que cette destruction a bien eu lieu, il s’agirait alors d’une manœuvre clandestine et illégale, visant à détruire toute trace des fraudes, et interdisant donc, le recomptage. Une opération d’usage courant en cas de litige électoral sous toutes les latitudes. Ce qui devrait être la marche triomphale du procureur s’est transformée en chemin de croix…▄
Demain la suite.

Source : Pour la vérité et la justice : Côte d’Ivoire : révélations sur un scandale français. Auteur : François Mattéi selon Laurent Gbagbo




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