Laurent Gbagbo candidat à la présidentielle de 2015

Lundi 17 Novembre 2014 - 17:09


Laurent Gbagbo candidat à la présidentielle de 2015

La prison de La Haye n’est pas faite pour punir Laurent Gbagbo, mais pour rectifier la trajectoire de son destin. La Côte d’Ivoire connaît deux républiques et deux premiers présidents de chacune d’elles. Les autres présidents comptent certes, mais ce sont des parenthèses préparatoires au grand saut dans l’espace.
 
 

M. Bédié et Robert Guéï ont fermé la première république, la seconde est née avec pour premier président, Laurent Gbagbo. Elle a été mal mise en orbite, voilà pourquoi Alassane Dramane Ouattara est arrivé au pouvoir. Peu importe comment il y est parvenu, mais la violence et la rébellion alimentaires qui caractérisent son règne sont un appel à tous les Ivoiriens d’où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. La seconde république devrait reconnaître chaque individu habitant notre pays comme un Ivoirien d’abord avant de se réclamer d’une région voire d’une ethnie, ce qui n’a pas été le cas. Les évènements de 1999 qui ont chassé Bédié du pouvoir ont précipité les choses au point que Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir de façon prématurée. Il a en conséquence été très mal entouré. Sa destinée normale était de corriger les fautes de Bédié en rectifiant l’ivoirité politique pour lui rendre son titre naturel dans un vivre ensemble sécurisé et apaisé.
 
 

Le coup d’Etat du 24 décembre 1999, n’a pas non plus réussi à ouvrir les yeux de M. Bédié et de ses suiveurs. Malgré tous les efforts des Ivoiriens pour lui éviter une humiliation qui risque d’abréger sa vie, il persiste dans la mauvaise voie en privilégiant son clan (Il veut que son neveu lui succède à la tête du PDCI), il pense que sa personne se confond avec la Côte d’Ivoire etc. Il croit que la politique d’un pays doit être une prime à la médiocrité, et pourtant tous, nous lui faisons des appels du pied pour lui éviter une fin malheureuse en politique. Il est donc temps de passer à une autre étape qui consiste à relancer la machine sans humilier personne… Nul n’est indispensable et ce, malgré soi. Dépassons donc ceux qui refusent obstinément d’avancer.
 
 

Pour la sécurité de tous, il est important de reconnaître que le rattrapage ethnique n’est pas ivoirien. Ceux-là mêmes qui bénéficient de cette politique n’ont pas la sécurité professionnelle. Ils savent qu’au changement du personnel politique et administratif, ils seront débarqués et remplacés par d’autres préférences ethniques. Idem de la prise du pouvoir par les armes. C’est une erreur de croire que celui qui est fort le matin le restera jusqu’à la fin de la journée. Il sera bientôt détrôné par un plus fort que lui, surtout quand sa force se fonde sur une amitié de prostituée. Suivez notre regard…
 
 

Ce que nous proposons aux Ivoiriens, c’est de remettre les choses dans leur sens normal. D’abord en créant un sentiment fort qui soude nos compatriotes entre eux. L’étranger qui vit dans notre pays, ayant ou non vocation à devenir ivoirien, n’est pas un ennemi, bien au contraire. Savoir que le voisin d’immeuble, de quartier ; constitue le premier palier de la fraternité, est un sentiment que chacun doit s’approprier. Quand on a un souci sécuritaire et autre, c’est ce dernier qui réagira d’abord par solidarité. On ne doit pas par conséquent le regarder comme un indésirable. Ainsi de proche en proche, la chaîne d’union ira en se prolongeant. Un peuple solidaire et soudé par voie de conséquence est toujours le plus fort. Aucune armée fut-elle la plus puissante au monde n’arrivera jamais à le faire plier. C’est cette formation de base du peuple que Laurent Gbagbo n’a pas su faire, alors qu’il suscitait à son arrivée au pouvoir, tous les espoirs en ce sens. D’aucuns nous diront que c’est parce que la rébellion nordiste nous a ouvert les yeux que nous tenons ce langage. En réalité, il n’en est rien. Cette politique était inscrite dans la vision du Woudy de Mama. Mais elle a été simplement détournée par son entourage. Pour le vérifier, il suffit de regarder la cartographie de son électorat qui est loin d’être régionale comparativement à celui d’ADO.
 
 

Aujourd’hui éloigné de son pays depuis plus de trois ans, il a compris le discours du peuple qui n’a pas eu de cesse de le réclamer, non pas en tant que surhomme ou messie à la réputation surfaite, mais simplement parce qu’il en incarne la crème. Il demeure dans son peuple et réciproquement.
 
 

La mère nature est en train d’opérer son tri. Tous les suiveurs alimentaires de Laurent Gbagbo passent en ce moment au tamis. C’est pourquoi, après la reprise en main de son outil de combat qu’est le Front Populaire Ivoirien, tous comme une seule personne, nous porterons sa candidature à la présidentielle de 2015. Il n’est que soupçonné de crimes contre l’Humanité, mais il n’est pas coupable encore moins condamné définitivement. Il dispose encore de tous ses droits civiques.
 
 

Le monde entier a déjà battu sa campagne. Les puissances occidentales ont cru l’ostraciser par l’emprisonnement, mais elles ont oublié que c’est tout le peuple qu’elles ont envoyé au cachot. Or c’est le même peuple qui s’est prononcé en 2010 qu’elles veulent solliciter en 2015. La France aura son pied de nez de la part des Ivoiriens. Quand Laurent Gbagbo dit qu’il étouffera ses ennemis d’amour, c’est à cela qu’il fait allusion pour dire qu’il ne leur tiendra pas rigueur de l’injustice à lui faite. Curieusement, ce sont ses ennemis, ou supposés comme tels qui connaissent en ce moments des graves difficultés. Wade a été balayé par le typhon Macky Sall, Sarkozy complètement laminé crie qu’on veuille l’humilier, alors que ce qui lui arrive est peu par rapport à ce qu’il a fait à autrui. François Hollande a cessé d’être un président normal, il est sur un strapontin en ce moment. Le beau « Blaiso », vient d’essuyer un coup de pied aux fesses de la part de la rue Ouagalaise tandis qu’Obama et Goodluck cherchent désespérément une bouée de sauvetage.
 
 

Aujourd’hui, on parle de droit de l’Homme, mais on lui refuse celui d’assister à l’enterrement de sa mère, simplement parce qu’on a peur de sa popularité. Bédié n’a même pas depuis un mois que la vieille Marguerite Gado a tiré sa révérence, été capable de présenter ses condoléance à celui qui l’a fait rentrer d’exil pour connaître les délices de vivre chez soi… Que peut-on attendre de ces gens qui croient résoudre les problèmes des Ivoiriens alors qu’ils sont eux-mêmes les problèmes des Ivoiriens ?
 
 

Houphouët-Boigny a regroupé la soixantaine d’ethnies en une république, il reste à Laurent Gbagbo de les transformer en une nation solidaire ; telle est la mission du Woudy de Mama. C’est tout le sens de sa boutade quand il dit : « Un nouveau soleil va bientôt se lever sur la Côte d’Ivoire. »
 
 

Les nuages se dissipent déjà, les sirènes politiques contraintes au silence, les mensonges avérés à tous les niveaux. Quant au rattrapage ethnique, il franchit actuellement le seuil de sa limite extérieure. Il faut donc que vienne celui que les Ivoiriens ont choisis en 2010 pour que 2015 en soit la confirmation.
 
 

Julius Blawa Aguisso
 
 

 
 
 

 





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