La vraie histoire de la brouille entre Soro et Konaté Sidiki

Samedi 28 Juin 2014 - 05:06


Soro Guillaume (à droite) Sidiki Konaté (à gauche)
Soro Guillaume (à droite) Sidiki Konaté (à gauche)
Pendant un peu plus d’une décennie, ils ont affiché la plus grande complicité au point que l’un pas- sait finalement soit pour la voix, soit pour l’ombre de l’autre. Mise en lumière à l’occasion de la rébellion armée de septembre 2002, la liaison entre Guillaume Soro et Konaté Sidiki, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, semble avoir déjà vécue. Et bien malin celui qui pourra indiquer à quand re- monte la dernière fois où les deux mousquetaires de l’époque se sont distribué de petites tapes amicales. Evoquant récemment le sujet, un confrère de la place a indiqué que le fossé entre « Bogota » et « Strike » (ndlr : les pseudos respectifs de Soro et Konaté Sidiki à la Fesci) serait né d’un supposé rapprochement entre Konaté Sidiki et le ministre d’Etat Hamed Bakayoko. Un acte considéré dans l’entourage du président de l’Assemblée Nationale
comme une haute trahison, le ministre de l’Intérieur passant ici pour le plus grand ennemi en in- terne. Mais selon des sources proches du député de Man, même si la proximité avec Hamed Ba- kayoko n’est pas à exclure, elle n’est pas le cœur du sujet  et que la vraie histoire du refroidisse- ment entre les deux hommes est plutôt à chercher ailleurs. Celle- ci remonte à la formation du der- nier gouvernement Duncan. La veille de la constitution de la nouvelle équipe gouvernementale, Guillaume Soro, appelle son ami de toujours, Konaté Sidiki, au- quel il explique que le chef de l’Etat ayant décidé de réduire la part attribuée à l’ex-rébellion, il n’a eu d’autre option que de le sortir du gouvernement. Mais comme consolation, étant déjà député, sur avis d’Alassane Ouat- tara bien évidemment, il l’invitait à le rejoindre au Parlement pour l’aider à engager des réformes à l’effet de changer le visage de l’auguste institution. Le discours étant politiquement correct, Konaté Sidiki ne trouve pas à redire, convaincu d’avoir toujours la confiance du chef de l’Etat avec ces nouvelle charges à lui confiées désormais dans le législatif. Mais quelle ne fut la surprise de « Strike »,-à la publication de la liste des membres du gouvernement-, de constater que le nombre de portefeuilles ministériels attribués à l’ex-rébellion est non seulement resté intact, mais en plus, son strapontin est attribué à Mme Affoussiata Bamba Lamine, à qui l’on prête d’entretenir la plus grande proximité avec Guillaume Soro. Konaté Sidiki sent le cou tordu contre sa personne. Il actionne alors ses réseaux autour du chef de l’Etat pour en avoir le cœur net. Il apprend que jamais Ouattara n’a demandé de réduire le nombre de postes réservé aux ex-rebelles de Bouaké, encore moins souhaité le départ de Sidiki de l’équipe gouvernementale. Et que son infortune est due au seul Guillaume Soro qui a dressé librement la liste de ses hommes.
Le jeune parlementaire de Man accuse le coup sur le champ et dé- cide de prendre du recul vis-à-vis du président de l’Assemblée Nationale, qu’il accuse en petit comité de lui avoir planté le couteau dans le dos. L’occasion faisant le larron, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko profite de la situation pour faire les yeux doux au frondeur. Une recrue qui pourrait être très importante dans la guerre de positionnement autour d’Alassane Ouattara que se livrent farouchement Soro et Bakayoko. Le dernier cité dépêche alors des émissaires auprès de Sidiki pour lui demander de faire équipe avec lui. En retour, le ministre d’Etat lui garantit qu’il l’aidera à rebondir au sein de l’exécutif. Le deal est vite conclu et Konaté Sidiki s’envole aussitôt vers l’Allemagne où il passe du bon temps en compagnie de femme et enfants qui y résident depuis plusieurs années. Il y est encore lorsqu’à l’initiative du ministre de l’Intérieur, sa promotion au Secrétariat général du RDR est rendue publique. Un poste qui permet à Konaté d’entrer ainsi par la grande porte, au sein de l’appareil du parti présidentiel. Une fonction stratégique qui lui permet de mieux voir venir les choses. En somme, une belle prise pour Hamed Bakayoko dans son ambition dit-on, de rassembler autour de lui, les anciens ‘fescistes’, dont il se rapporte de plus en plus qu’ils  seraient tous déçus de Guillaume Soro auquel ils avaient promis leur soutien par « devoir de génération ». Si l’information s’avère juste, ce serait assurément un mauvais coup pour le président de l’Assemblée nationale qui, en plus, doit, depuis quelques jours, faire avec les révélations fracassantes de Gildas Le Lidec, l’ex-ambassadeur de France en Côte d’Ivoire entre 2002 et 2005, qui persiste et signe que Soro a bel et bien tenté de l’étrangler un jour de 2003, à la Basilique Notre dame de la paix de Yamoussoukro. Et cela malgré les dénégations du camp Soro.■

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd'hui N°673 du Vendredi 27 au Samedi 28 Juin 2014




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