La violence l’arme des faibles…Et si notre guide parlait de nous?

Mercredi 29 Août 2012 - 08:57


La violence l’arme des faibles…Et si notre guide parlait de nous?
Il est rentré. Notre guide est revenu avec des mallettes chargées de pétrodollars pour fermer le caquet aux éternels aigris qui ne manquent aucune occasion pour dire qu’il ne travaille pas. Pendant qu’il tire notre cher pays vers le cercle très fermé des pays émergents, des abonnés à la guerre prennent le malin plaisir de perturber sa sérénité. Ils attaquent son pouvoir conquis non dans la violence et le crépitement des canons, mais de façon excessivement régulière. Ces abonnés à la guerre veulent entretenir la violence parce qu’ils sont faibles et tous désespérés !
Notre guide a tapé du point sur la table et a mis un holà ! Assez. Il a été très clair envers ces assaillants, amis de la violence, ennemis de la paix : « la violence est l’arme des faibles….l’arme des désespérés. » Que c’est beau ça ! Très beau quand cela sort des entrailles de notre guide. Nous ne lui dirons pas qu’il a oublié de faire rétroagir cette affirmation. Son propos est aussi vrai pour les faibles d’hier que pour les désespérés d’aujourd’hui. Notre guide s’est adressé à nous ses admirateurs. Il nous a précisé que la violence est multiforme et elle prend ses racines dans les cœurs et les esprits. Une fois les racines fortement fixées, la violence force la porte des lèvres pour prendre une forme verbale avant de s’exprimer par les armes. Après le dialogue des armes et une fois le pouvoir conquis, la violence prend une autre forme, on pourrait l’appeler la violence de la gouvernance. Voici donc en bref, le schéma de la violence, l’arme des faibles…des désespérés. Il se trouve que nous ne sommes pas nés le 11 Avril 2011. Nous, les vieux ivoiriens qui avons dansé « indépendance cha-cha, » savons un peu comment la violence a été célébrée dans ce pays. Heureusement que notre guide a aussi dansé avec nous, « indépendance cha-cha ». Il a tellement bien dansé que nous avons eu la naïveté de croire qu’il exécutait des pas de Liwaga (1). Il sait donc parfaitement que la violence est une discipline sacrée qui a été enseignée à nous ses admirateurs. Il a donc raison quant il rappelle à l’ordre les nouveaux violents de 2012. Pensent-ils qu’ils peuvent nous voler la vedette ? Jamais !
Pour donner plus de charme à l’affirmation, nous pensons qu’il serait intéressant de non seulement faire rétroagir la parole de notre guide, mais aussi de l’adresser aux esprits éclairés qui plastronnent dans les lambris dorés du pouvoir.
En effet, nous avons un doyen bien aimé qui nous a appris de belles choses dans cette République. Lorsqu’il nous parlait, nous le regardions avec une admiration inimaginable. Ecoutons-le: « …Ils ne nous font pas peur, ils ont dit que nous ne serions plus rien dans ce pays. Ensuite, ils ont renvoyé 267 de nos cadres. Ils ne veulent plus entendre l’appel du muezzin de la mosquée pour la prière. Ils ne veulent pas de l’islam et des musulmans. Ils envoient les militaires les frapper dans les mosquées. Si nous acceptons ça c’est que nous ne sommes pas des musulmans, si nous les suivons, c’est que nous sommes des bâtards….Nous avons les mêmes armes qu’eux. Nous avons aussi nos hommes dans l’armée. Nous ne voulons d’eux ni aujourd’hui, ni demain… » Ainsi s’est exprimé en 1995, à Odienné lors d’un meeting du RDR, notre doyen Lamine Diabaté. Ses conseils ont été suivis à la lettre et nous, les faibles d’esprit, avons frappé les pouvoirs moribonds. Nous l’avons fait parce qu’au sein de l’armée, nous avions « nos hommes. » Ce n’est pas un secret puisque notre doyen l’avait déjà dit. Nous avons en outre usé de violence pour rendre « le pays ingouvernable », nous avons tout mélangé. Nous avons fait l’effort de passer de la parole à l’acte. La violence verbale, nous l’avons métamorphosée en guerre. Pendant que nous agissions comme des désespérés, notre guide nous regardait sans rien dire. Nous ne comprenons pas encore pourquoi une telle passiveté. Pourquoi lui le candide, la colombe, le rameau n’a-t-il pas réagit ? La question reste posée.
Quand vint le temps de la danse des armes, nous les faibles d’esprit et les désespérés n’avons ménagé aucun effort pour refuser la paix. Nous étions condamnés à faire la guerre parce que nous avons été conçus dans la violence. Et notre guide sait quel bien ça fait d’être un désespéré. Sur le terrain de la guerre, nous avons appris à ne pas accepter les solutions pacifiques. Lorsque notre « mongôdjougou » (2) nous parlait de recomptage des voix nous le regardions avec beaucoup de mépris. Nous avons même rangé dans les tiroirs la solution du Président Thabo M’béki, médiateur de l’Union africaine, Nous avons dit que le recomptage des voix n’était pas prévu par la Constitution, seule la guerre l’était. Cela est tellement vrai que notre ambassadeur- militant du Rdr au Cameroun, SEM Dosso Adama l’a démontré sur le plateau de Vox Africa.
Lorsqu’on nous disait « Asseyons-nous et discutons », nos branches s’évertuaient à planter le commando invisible dans le cœur d’Abidjan. Lorsque le méchant Gbagbo nous tendait les mains en disant : « Rentrez dans la République », nous répondions « si nous les suivons, c’est que nous sommes des bâtards….Nous avons les mêmes armes qu’eux » Ah ! Que c’est pénible d’être un esprit faible et désespéré. Nous avons tout fait pour gagner la guerre. C’est-à-dire que nous avons remporté l’Oscar de la violence, l’arme des faibles et des désespérés. Aujourd’hui nous sommes aux affaires et doucement, notre violence génétique nous suit.
Lorsque nous tendons un dossier à notre guide, le contenu est violent parce que toute notre stratégie pèse un seul mot : Dictature. Or nous ne pouvons promouvoir notre dictature sans exercer la violence. C’est donc l’ère de la violence de la gouvernance. Notre violence a le vent en poupe. A gauche on arrête des opposants ! A droite on torture des opposants ! En face on harcèle les exilés ! Derrière on bâillonne la presse libre ! Au milieu, on rafle ceux qui sont ne pas des rejetons du rattrapage ethnique ! Quand un indésirable parle, si nous ne l’envoyons pas au cimetière, nous éradiquons son parti qui est du même champ lexical que Al Qaida, Mujao, aqmi. Notre guide nous regarde heureux de savoir que ses enfants ont bien été automatisés. Jamais il ne dira de nous que nous sommes des faibles et des désespérés pourtant c’est bien nous qui avons introduit la violence politique dans ce pays. Nous savons que nous sommes des êtres faibles et désespérés, mais notre guide ne le sait pas encore.
Quant il le saura, nous perdront notre qualité d’êtres violents. Nous deviendront tout simplement des agneaux. En attendant que vienne ce jour, cherchons à trouver des poils sur les œufs.
L’histoire jugera chacun.

 
Les Pamphlets d’Alain Bouikalo

1. Liwaga: Danse traditionnelle burkinabè
2. Mongôdjougou: Homme méchant en langue malinké.
C'est ainsi que certains militants du Rdr nomment le Président L.Gbagbo




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !