La réconciliation par la justice ?

Jeudi 6 Juin 2013 - 17:50


Martine Kéi Vao, Présidente de l'ARDEFE
Martine Kéi Vao, Présidente de l'ARDEFE
Le régime Ouattara en a fait son cheval de bataille en piétinant au passage, les garde-fou juridiques, les procédures en la matière que renferme pourtant le droit positif ivoirien, notamment la plus grande des normes juridiques qu’est la Constitution. Dramane voulait, comme il l’a dit dans une interview à lui accordée pendant la crise post-électorale, éloigner Laurent Gbagbo de son pays. Le faisant, tout serait pensait-il joué. Au lieu donc de continuer sur cette voie en poursuivant devant la CPI toutes les parties accusées de crimes contre l’humanité, Dramane Ouattara s’est jusque-là contenté d’appliquer sa justice des vainqueurs.

Aujourd’hui, après deux ans de détention arbitraire, la CPI vient de déclarer Laurent Gbagbo Blanc comme Neige :

LES JUGES DE LA CPI AFFIRMENT QU’ILS N’ONT PAS DE PREUVES SUFFISANTES POUR ALLER A UN PROCES. MAIS ENFIN, C’EST POURQUOI ON DIT QUAND YA PAS DE PREUVES SUFFISANTES ON INFIRME LES CHARGES.

POURQUOI DEMANDER AU PROCUREUR DE CHERCHER D’AUTRES PREUVES ?????. CELA S’APPELLE UN PROCES POLITIQUE. DEPUIS CETTE ANNONCE DE LA CPI, J’AI FOI EN DIEU QUE LES JUGES LIBERERONT LAURENT GBAGBO PUISQU’ IL N' YA EFFECTIVEMENT PAS DE PREUVES. CEPENDANT, DES PREUVES EXISTENT, MAIS SONT EN POSSESSION DES VRAIES VICTIMES QU’ON A VOLONTAIREMENT SUPPRIMEES DU PROCESSUS POUR REPONDRE AUX ORDRES. LES VRAIS CRIMINELS EXISTENT AUSSI, MAIS SE TROUVENT EN COTE D’IVOIRE EN TOTALE LIBERTE ET CONTINUENT DE COMMETTRE IMPUNEMENT D’AUTRES CRIMES EN COMPLICITE AVEC LES DONNEURS D’ORDRE PARCE QU’ILS SONT DU « BON COTE. »

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 A l’ouverture de l’audience de confirmation des charges contre le Président Laurent Gbagbo le 19 Février 2013, le Procureur avait déclaré ceci « J'aimerais que tout le monde comprenne que dans cette affaire, il  ne s’agit  pas  de  déterminer  qui a  gagné  ou  perdu  les  élections.  Il  n’est  en  aucune manière  ici  question de politique. Si nous sommes présents aujourd’hui, c’est parce que des atrocités ont été commises à grande échelle contre la population ivoirienne après les élections. Nous sommes là pour  envoyer  un  message fort  à  ceux  qui  prévoient, essaient  d’accéder  au  pouvoir  ou  de  s’y  maintenir en ayant recours à la violence et à la brutalité : ils devront dorénavant répondre de leurs actes ».
J’ose espérer que si la CPI demande au Procureur des preuves supplémentaires, cela suppose l’ouverture d’une enquête concernant le deuxième camp, celui de Dramane Ouattara, conformément aux déclarations du même Procureur. Il y aurait donc d’autres poursuites. Si tel est le cas, alors, je m’inclinerais. Autrement, le procès du Président Gbagbo ferait effet boomerang car les assassins des ivoiriens depuis plus de dix ans, se trouvent encore en Côte d’Ivoire, en liberté aux ordres de Dominique et Dramane Ouattara.

Ainsi, Dramane Ouattara devrait avoir le courage de donner un sens à la Notion de justice pour tous, de paix, d’égalité devant la loi, qu’il chante partout à qui veut bien l’entendre ; ce qui n’est pas le cas depuis qu’il occupe Provisoirement les rênes du pouvoir d’Etat. Prompt à jeter dans des goulags infâmes du pays ses opposants politiques, l’homme ferme néanmoins les yeux sur les atrocités, arrestations et séquestrations (le cas de Justin KOUA illustre mes propos) que ces bras armés et alliés connus de tous, commettent au quotidien.

L’ouest du pays est pour Dramane Ouattara, une plaie de la délinquance politique au fronton d’un pouvoir installé par les bombes. Cette tâche indélébile ne pourra s’effacer que si le peuple Wê connait la Justice. Si justice est rendue à tous ces milliers d’ivoiriens dépossédés de leurs biens mobiliers et immobiliers, chassés de leurs terres c’est à dire que la plainte des Wê contre Dramane Ouattara devant la CPI est toujours d’actualité.

Au nom donc de la réconciliation et de cette paix, Ouattara et ses complices doivent procéder à la libération tous les prisonniers, doivent ordonner à ses valets l’arrêt immédiat des poursuites contre ses concitoyens, des exactions qu’ils commettent partout sur le territoire, procéder à la restitution sans condition des terres illégalement occupées par des étrangers, entre autres Burkinabè, des biens mobiliers et immobiliers des Ivoiriens, décréter au Journal Officiel le retour sans délai des exilés en toute quiétude, en lieu et place de la chasse à l’homme dans les camps de réfugiés, ainsi que le dégel des avoirs de ses opposants et enfin inculquer à ses indigènes le respect scrupuleux des droits de l’homme.

Je demande donc au régime Ouattara de tirer les leçons du verdict de la CPI concernant l’affaire Laurent Gbagbo, pour apaiser les coeurs meurtris des ivoiriens. La justice, les actes de réconciliation sont les levains de la paix.



                                   Martine KEI VAO
                                Présidente de l’Ardefe.




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