La réconciliation nationale. Pourquoi le régime Ouattara crée –t-il une CDVR bis ?

Vendredi 17 Mai 2013 - 06:35


Charles Konan Banny, Président de la CDVR, et Alassane Ouattara
Charles Konan Banny, Président de la CDVR, et Alassane Ouattara
La crise qui ronge la Côte d’Ivoire n’est pas une crise spontanée. Ses sources sont lointaines et profondes. C’est la raison pour laquelle la quête des solutions à cette crise requiert une démarche méthodique et patiente. Le diagnostic de notre société ne doit pas être fait à l’aune des échéances électorales. L’on risquerait de préconiser des pis-aller en guise de remèdes. Les autorités actuelles ont elle appréhendé de manière sereine la profondeur de la crise ? Si elles considèrent que la cohésion sociale est un préalable à la mise en œuvre de tout programme économique et sociale, alors une certaine dose de morale et de respect des peuples de Côte d’Ivoire doit être de mise.    
La réconciliation ne se décrète pas. Elle doit être le résultat d’une longue et lente maturation des remèdes appliqués aux meurtrissures subies dans toutes les strates de la société. Une certaine dialectique est donc indéniable. Pour l’illustrer nous dirions qu’il faut « laisser le temps au temps ». Le délai imparti à M. Banny tenait-il compte de la profondeur et de la gravité de la crise, qui contrairement à ce que l’on écrit ou l’on dit, ne date pas de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle. Les évènements postélectoraux ne sont que des coups sidéraux reçus par les populations ivoiriennes.
La réconciliation nationale doit être volontariste ; elle doit même constituer un projet de société dans son essence. Le PNCS (Programme National de Cohésion Sociale) qui fonctionne en réalité depuis février 2012 a les mêmes attributions que la CDVR. Mais le paradoxe réside dans les moyens alloués à chaque instrument, le PNCS étant nettement mieux loti avec un budget de 7 milliards de Francs CFA (sources : divers quotidiens ivoiriens du 14 mai 2013).  Pourquoi donc deux poids deux mesures ? Quel est le sens politique de ce doublon ? Le régime actuel laisse donc libre cours à toutes les supputations. La liberté, la paix et la réconciliation sont si importantes qu’elles ne doivent pas être que des slogans politiciens.   
La multiplication des instruments de réconciliation constitue une source de confusion et si l’on n’y prend garde, œuvre à contre courant des objectifs d’unité. Dans ces conditions, n’était-il pas plus sage de laisser la CDVR poursuivre sa mission dont le terme court jusqu’à la fin du mois de septembre 2013 ? Il aurait mieux valu faire une économie de temps et de moyens en capitalisant l’expérience acquise sur le terrain par l’équipe dirigée par M. Banny. L’enjeu est si important que nous récusons avec force la légèreté des méthodes utilisées par les autorités. La réconciliation permettra à chaque Ivoirien de s’approprier de manière individuelle et collective son destin. Il s’agit de construire le « vivre-ensemble » dont chaque Ivoirien a besoin, un pays unifié dans toutes ses composantes. Il est interdit de ruser avec la vérité. Les priorités sont si nombreuses, les demandes sont si pressantes pour les populations, qu’il serait suicidaire et irresponsable de les ignorer.  

Ives Gougnon




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !