La pression change de camps / Pourquoi Ouattara relâche des otages pro-Gbagbo

Pascal Affi N’Guessan, Michel GBAGBO, Aboudramane Sangaré, Géneviève Bro Grébé, Lida Kouassi Moïse, Alcide Djédjé Hilary, Martin Sokouri Bohui, Koua Justin, Dakoury Tabley Philippe Henry, Seka Obodji Désiré, Kuyo Téa Narcisse, Alphonse Douaty, colonel Konadi Kouakou, Edjro Nomel Jonas, ces proches du président GBAGBO détenus depuis deux ans dans les geôles du régime de Ouattara recouvrent enfin la liberté. Pourquoi Ouattara a-t-il concédé soudainement ces libérations ? Décryptage.

Mercredi 7 Août 2013 - 03:57


La pression change de camps / Pourquoi Ouattara relâche des otages pro-Gbagbo

« Nous nous réjouissons de ces libérations. Et nous saluons nos camarades notamment le président Affi N’guessan. Cette libération de nos camarades qui étaient en prison de façon injustifiée est la bienvenue. Ouattara doit aller plus loin. Il est temps de prendre une loi d’amnistie général comme le président Laurent GBAGBO l’avait fait pour gracier les rebelles afin que toutes les personnes qui restent en prison suite à la crise politique soient mises en liberté. Simone GBAGBO qui est toujours détenue de façon injustifiée doit être aussi libérée très rapidement…» Pour Mme Adé Assalé, représentante du FPI en France qui tient ces propos, il est toutefois important de connaître les tenants et aboutissants de ces libérations subites qualifiées selon le régime de provisoires.

ACCULE DE PARTOUT…IL NE PEUT PLUS COMPTER SUR SARKOZY

En réalité, et nos sources sont formelles, Alassane Dramane Ouattara a consenti à libérer ces personnalités proches de GBAGBO pour donner une bouffée d’oxygène à son régime étouffé par son incapacité à tenir les solutions promises. Du coup, suite aux fortes pressions de la communauté internationale désabusée et aujourd’hui consciente de s’être fait embarquer dans une aventure sans commune mesure en Côte d’Ivoire, le président Ivoirien change sa communication politique.

Les organisations internationales des droits de l’homme, les capitales occidentales, le régime du président Américain Barack Obama, tout ce beau monde avait, on s’en souvient, fait front pour attaquer GBAGBO, au nom du respect de la démocratie que semblait vouloir fouler au pied le régime de ce dernier. Savamment et diaboliquement présenté par l’ex-président français Nicolas Sarkozy, comme le perdant des élections.

Après deux ans de présence au palais présidentiel d’Abidjan, ces mêmes entités diplomatiques se sont rendues compte que l’impopularité exacerbée de leur poulain; son incapacité à redresser politiquement, économiquement et socialement le pays ne pouvait s’expliquer que de deux façons : soit l’homme sur lequel ils avaient misé était un incapable notoire, soit il n’avait aucun lien fusionnel avec le peuple.

LA RÉACTION DE AMÉRICAINE SUZANNE RICE…

En même temps qu’ils s’interrogeaient sur la capacité réelle de Dramane Ouattara à gérer la Côte d’Ivoire, ils s’expliquaient par ailleurs difficilement, que Laurent GBAGBO qui avait été cloué au pilori soit toujours aussi populaire bien qu’il soit dans les liens d’une détention sensée jeter sur lui un épais voile d’oubli.

Dans cet imbroglio où confusion et hésitation étaient ruminées dans les salons des chancelleries occidentales, une femme, a décidé de jeter le pavé dans la mare. Notamment Suzan Rice, ex-ambassadrice des Etats Unis à l’ONU, et actuelle conseillère à la Sécurité nationale d’Obama. Décryptant un coup d’Etat en Côte d’Ivoire, elle avouera : " Dans le cas de la Côte d’Ivoire, le peuple avait élu un leader mais l’ONU s’est impliquée car les votes étaient manipulés. Il fallait la personne appropriée et cela à été accompli à l’aide de moyens militaires…" Cette incroyable et exceptionnelle révélation de la proche collaboratrice de Barack Obama sur une chaine de télé aux Etats Unis a eu un effet dévastateur sur le régime d’Alassane Ouattara.

MULTIPLIER LES VOYAGES D’OU IL RENTRAIT CHAQUE FOIS BREDOUILLE…

Pour endiguer les fuites et empêcher son régime de sombrer, Ouattara a cru bien faire de multiplier les voyages à l’extérieur d’où il rentrait chaque fois bredouille pour se donner une contenance internationale en maintenant pour ses aficionados, l’illusion du président très demandé à l’extérieur. Mais en réalité, il n’espérait qu’une chose. Être adoubé par le régime d’Obama. C’est pourquoi, à défaut d’être reçu à la Maison Blanche, grâce aux lobbies de son épouse Dominique, Ouattara a fait le forcing pour obtenir ne serait-ce qu’une escale d’Obama à l’aéroport d’Abidjan lors de ses deux voyages en Afrique. Hélas la chose tant espérée n’est pas venue.

Et ce, par la faute, d’un certain Phillip Carter III, ex-ambassadeur des Etats unis en Côte d’Ivoire qui, loin d’œuvrer à la consolidation d’un pouvoir qu’il a fortement contribué a mettre en place en avril 2011, s’est contenté de cautionner auprès de sa hiérarchie, les accablants rapports d’Amnesty International et de la très écoutée organisation américaine de défense des droits de l’homme, Human Rigths Watch, qui ont sévèrement épinglé dans des écrits volumineux, le pouvoir d’Alassane Ouattara pour atteintes graves à la dignité humaine. En représailles, Ouattara a cru bien faire d’exiger le départ du diplomate américain. Réponse du berger à la bergère, la porte de Washington s’est fermée à double tour pour lui. Barack Obama n’aimant pas être contrarié dans de circonstances pareilles.

L’ISOLEMENT DE OUATTARA S’EST ACCRU…

Résultat des courses, de dégringolades en désillusion, le président ivoirien, malgré le rayonnement sous régional trompeur, s’est considérablement isolé des dirigeants occidentaux. Et comme il n’y a pas deux sans trois, Les attaques sont aussi venues de l’interne. Notamment du RHDP et de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR). Connu pour son franc-parler, le président du MFA, parti signataire de la charte du RHDP avait martelé au micro d’eventnewstv à Paris qu’il était temps de libérer les prisonniers proches de Laurent GBAGBO si tant était que Ouattara souhaitait la réconciliation nationale. Même son de cloche du côté du premier ministre Charles Konan Banny, patron de la réconciliation qui ne comprenait pas que son taf soit saboté par le régime qui multipliait les arrestations et les emprisonnements des personnalités de l’opposition.

Pour clore, la série de ces volets de bois vert, François Hollande, le président Français avait certes reçu Ouattara à l’Elysée, mais lui avait enjoint de libérer le Français Michel GBAGBO fut-il fils d’un GBAGBO qu’il n’aimait pas particulièrement. En décidant de faire la sourde oreille Ouattara s’est une fois de plus exposé aux sanctions. Conséquence, pas d’invitation pour Ouattara à la fête du 14 juillet 2013.

Comme on le voit, après la cruauté des détentions injustifiées, qui ont accouché des menaces de la communauté internationale, le régime d’Alassane Ouattara ne pourra pas tirer une quelconque gloire de la libération d’Affi N’guessan et ses compagnons d’infortune détenus depuis deux ans, en faisait croire à un geste de magnanimité. La réalité est que la pression a désormais changé de camps.
De Augustin Djédjé Eventnewstv





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