La logique suicidaire d’Affi N’guessan

Jeudi 4 Décembre 2014 - 12:38


Il faudra attendre encore quelques jours,-pour les prévisions les plus optimistes-, pour voir le FPI, aller en bLoc serré, au congrès ordinaire de la mi-décembre prochain. La faute, au président Pascal Affi N’Guessan, qui a, de bonnes sources, décidé de jouer les prolongations dans la crise qui secoue depuis plusieurs semaines maintenant, la direction du Front populaire ivoirien (FPI). En effet, alors que la plupart des militants et nombre d’observateurs extérieurs avaient pensé que la lettre d’engagement du président Laurent Gbagbo à briguer la présidence du parti à la rose lors du prochain congrès, suffirait à calmer toutes les ardeurs contraires pour célébrer l’union retrouvée, à ces assises, ceux-ci seront surpris d’apprendre qu’Affi n’a aucune intention de se retirer de la course à la présidence du parti mais pis, jure désormais  d’invalider par tous les moyens, la candidature du président Laurent Gbagbo. Une posture qui a surpris plus d’un, même au sein de la garde rapprochée de l’ancien premier ministre, où l’on a enregistré hier, à la mi-journée, la démission de Franck-Anderson Kouassi, jusque-là, patron de la communication au sein de l’équipe de campagne du président Pascal Affi N’guessan. Selon nos sources, ce départ pourrait cacher bien d’autres, annoncés, eux, pour les prochaines heures. Notamment à compter de demain jeudi, après la conférence de presse projetée ce jour-là par le président du FPI pour expliquer certainement son engagement à aller jusqu’au bout malgré tous les appels à la retenue. Car nombreux sont ceux qui ne comprendraient plus la démarche d’Affi. Dans l’entendement de ces derniers, dès lors qu’ils auraient la preuve que le président Laurent Gbagbo est vraiment intéressé par le poste de président du FPI, la candidature d’Affi devrait s’effacer d’elle-même au profit du « grand chef » dont tout le monde se réclame au FPI, y compris Affi N’guessan lui-même. Et forcément tout schéma qui ne va pas dans ce sens, est frappé de suspicion légitime de la part de certains, dans l’entourage de l’ancien maire de Bongouanou, qui a commencé à se fissurer avec la démission du communicant attitré de la maison Affi. Pourquoi vouloir s’entêter à s’enfermer dans une logique suicidaire, là où le président actuel du FPI avait l’occasion de sortir de la crise de la façon la plus élégante et la plus honorable qui soit, en se retirant de la course pour laisser toute la place au « grand fétiche», Laurent Gbagbo ? A l’occasion, l’homme aurait trouvé les mots justes pour expliquer son combat et la démarche adoptés jusque-là. Une posture pleine d’humilité, qui aurait certainement valu que ses contradicteurs les plus irréductibles, baissent les armes en lui accordant leur pardon après avoir passé la main sur les tiraillements observés récemment au sein de la maison « bleu et blanc ». Bien que malheureux du choix d’Affi, ses adversaires ne restent pas pour autant, les bras croisés. Dans leur quartier général, nommé « Bouaké »,-en raison de la proximité du lieu d’avec les locaux de l’université de Bouaké délocalisée autrefois à Abidjan, mais aussi, pour la symbolique avec la rébellion ivoirienne de 2002 qui avait installé son QG dans la capitale du centre du pays-, les uns et les autres continuent de peaufiner leur stratégie pour contenir les assauts d’Affi. Entre arguments juridiques à mobiliser et préparation du lancement officiel de la campagne du candidat Laurent Gbagbo au prochain congrès du parti, Laurent Akoun et les siens s’affairent par petits groupes et ne veulent négliger aucun détail dans l’affaire, pour disent-il, « sauver le FPI et l’idéal d’espérance » que ce parti représente en Côte d’Ivoire. Car pour la plupart d’entre eux, il sera aujourd’hui difficile de recoller les morceaux avec le « lion de Moronou », en raison notamment de la profonde divergence quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de la communauté internationale, les premiers estimant qu’il ne faut pas se faire mener par le bout du nez par les impérialistes, tandis que le camp Affi est en faveur d’une tutelle des occidentaux. Déboussolés par cette guerre fratricide, le gros des militants attend impatiemment que la sagesse gagne tout le monde, afin que l’hymne du parti soit à nouveau entonné par toutes les poitrines dans une ambiance fusionnelle qui rappelle les heures de gloire du Front populaire ivoirien.


Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°780 du mardi 02 décembre 2014
 




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