La liberté de Gbagbo devient indiscutable

Jeudi 24 Mai 2012 - 07:43


La liberté de Gbagbo devient indiscutable

Laurent Gbagbo n’a-t-il pas passé trop de temps en détention au regard de tous les mensonges qu’on a véhiculés sur son compte et qui ne résistent plus à l’épreuve du temps ? La question mérite aujourd’hui d’être posée parce que l’idée même qu’il ne sorte pas de la Haye blanchi, commence à pâlir dans l’esprit de ses pires ennemis. Toutes les Organisations Non Gouvernementales qui ont produits des rapports sur la crise ivoirienne, malgré leurs divergences, sont toutes d’accord pour dire que les crimes de guerre ont été commis de part et d’autre. Même Dramane Ouattara qui fait la fine bouche pour dire que Gbagbo est « là où il doit être parce qu’il a été le chef d’une armée qui a fait 3000 morts pendant la crise postélectorale » sait que sa place à lui aussi se trouve en prison. Parce que, justice pour justice, il a créé et il est le commandant en chef des FRCI qui n’ont pas laissé moins de 800 morts sur leur passage à Duékoué. Alors, après avoir saisi le président Gbagbo et déporté à la CPI, le monde entier attendait qu’à défaut de se rendre lui-même aux juges du Tribunal Pénal International, il livre, au moins, un de ses hommes de main dont la culpabilité pour les crimes atroces n’est pas à démontrer. Quand la CPI lui a exposé cette préoccupation élémentaire de l’équilibre de la justice, Dramane Ouattara a trouvé que sa justice était désormais compétente pour juger les criminels de guerre. Et que s’ils sont encore en liberté jusqu’aujourd’hui cela est dû à la lenteur de la justice qu’il ne veut pas influencer. Si la Côte d’Ivoire est devenue compétente pour juger les auteurs directs de crime de guerre, celui qui peut le plus, pouvant forcement le moins, la CPI ne peut que relâcher le coauteur indirect en attendant que Dramane juge les auteurs directs. Au-delà de ces incongruités auxquelles on nous a habitués finalement, il y a la chute d’une des plus grosses méprises de l’histoire de la Côte d’Ivoire. On a fait croire, à force de propagandes médiatiques sans fondement, qu’il suffisait d’extirper le président Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire pour que le pays devienne un paradis. Ils l’ont fait. Mais la conséquence qu’ils escomptaient est devenue un mirage. Pire, l’enfer s’est pointé au rendez-vous. Le pays est bloqué depuis que le « problème » n’est plus là. Le Conseil de Sécurité de l’ONU qui avait été bassiné par les performances politiques de Dramane n’y comprenant plus rien, c’est à juste titre que les opposants à l’unanimité lui ont signifié que Gbagbo est mieux et qu’il faut le libérer.*


Joseph Marat

 
 
 




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