La lettre de Gbagbo produit déjà ses effets: Marcel Gossio (directeur de campagne d’Affi) : « Le FPI n’explosera pas ! »

Mardi 2 Décembre 2014 - 00:10


Marcel Gossio (directeur de campagne d’Affi)
Marcel Gossio (directeur de campagne d’Affi)
Contexte
Longtemps attendue par les militants du FPI, la note du président Laurent Gbagbo, relative à son engagement à diriger à nouveau le FPI, est finalement arrivée, le week-end écoulé à Abidjan.

Enjeu

Comme un bâton magique, l’engagement de Laurent Gbagbo a commencé à éteindre certaines poches de résistance, conduisant ainsi, le FPI sur le chemin de la réconciliation et de la cohésion retrouvée.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que la lettre du président Laurent Gbagbo adressée aux militants de son parti, pour signifier à ces derniers qu’il répond favorablement à « l’appel de Mama », produise ses premiers effets. Outre la ferveur militante qui est subitement montée en puissance, dans les différentes bases du parti, la réaction la plus significative, pour l’heure est venue de Marcel Gossio, ancien directeur du Port autonome d’Abidjan et directeur de campagne du président Pascal Affi N’guessan, candidat déclaré à la présidence du FPI, au congrès de la mi-décembre 2014. Joint au téléphone samedi dernier, pour vérifier l’information relative à sa démission du clan Affi, annoncée quelques heures plus tôt, par Justin Koua à un meeting du FPI à la place CP1 de Yopougon-Selmer, il soutiendra que : « Je n’ai pas démissionné contrairement à ce qu’a annoncé Justin Koua à Yopougon. Ce n’est pas une bonne chose de dire des contre-vérités en politique. Pour votre gouverne, j’étais avec le président Pascal Affi N’guessan, avec lequel j’ai participé à la rencontre du Secrétariat général relativement aux funérailles de la mère du président Laurent Gbagbo », a confié l’ex-DG du Port d’Abidjan avant d’indiquer que : « Nous avons vu la lettre du président Laurent Gbagbo, adressée le week-end dernier, aux militants. Et le président Affi animera une conférence de presse lundi ou mardi au cours de laquelle, il répondra à toutes les préoccupations. Je peux vous dire qu’il fera une adresse dans le sens de l’apaisement. Les gens se trompent, le FPI n’explosera pas », a conclu Marcel Gossio. Une sortie qui, visiblement, éloigne le péril de la division qui guettait jusque-là le FPI et faisait craindre de ce fait, le rendez-vous de la mi-décembre à nombre de militants. Une appréhension qui a même poussé récemment, certains observateurs à proposer un re- port du congrès, le temps que les bonnes volontés travaillent à refaire l’unité chez les « bleu et blanc » ivoiriens. Un chantier du reste, investi par le mi- nistre Assoa Adou, qui dès son retour au pays, après trois ans d’exil au Ghana voisin, a entre- pris de rencontrer le président
Affi N’guessan à l’effet de le convaincre de retirer sa candi- dature au prochain congrès du parti, vu que celle du président Laurent Gbagbo est belle et bien réelle. Une autre rencontre devrait suivre pour arrondir les angles sur la question. Le journal Aujourd’hui, en fin de semaine dernière, s’était déjà fait l’écho de ce début de négociations entre camarades. C’est dans l’intervalle, que la lettre du président Laurent Gbagbo, aux militants, sera publiée, le lendemain, par la presse ivoirienne dans toute sa diversité, levant ainsi désormais, toute équivoque sur le retour au premier plan, du camarade Laurent Gbagbo, pour mener le combat tel que le Front populaire ivoirien (FPI) l’a toujours voulu et conçu, à savoir, porter les aspirations du peuple et le flambeau de la démocratie en Côte d’ivoire. «(…) Chers camarades, voilà ce que signifie l'appel que les Fédérations m'ont lancé. Je réponds présent. J'accepte d'être candidat à la présidence du Front Populaire ivoirien. Le désirerais-je, je ne pourrais pas échapper à mes responsabilités : si l'on m'appelle, je dois répondre. Je le dois d'autant plus que le FPI subit les assauts de ceux qui veulent préserver leur mainmise sur le pays, de tous ceux qui tentent d'étouffer l'expression démocratique populaire. Je conçois donc que devant tous ces périls et a un moment si crucial pour l'avenir du pays, les camarades des fédérations aient décidé de faire appel à moi (…) Il ne s'agit pas ici seulement d'un combat politique mais aussi d'un combat moral : entre la liberté et l'oppression, nous devons choisir. Et nous devons choisir l'action pacifique avec pour seul objectif la réconciliation et le bien-être de tous », peut-on ainsi lire dans la missive du célèbre prisonnier de la Haye, adressée à ses camarades du FPI. Une reprise en main du bâton de commandement qui a vite fait de donner une autre allure à la mobilisation des militants. On les a vus, sortir en grand nombre le week-end écoulé, de Koumassi à Anyama, en passant par Yopougon et Bingerville, à l’occasion des meetings tenus en ces lieux par Michel Gbagbo, Justin Koua et autres Jocelyne Ipou, qui ont tous surfé sur la réponse du « grand chef » à l’appel des fédérations, avant d’appeler à l’union de tous, pour un FPI, « retrouvé et fortement mobilisé derrière son chef, le président Laurent Gbagbo. » A l’allure où vont désormais les choses, les assises de la mi-décembre sont bien parties pour être une grande fête populaire chez les socialistes de Côte d’ivoire. A condition toutefois que les « vainqueurs » se gardent d’humilier les « vaincus », de la crise qui aura secoué le FPI pendant de longs mois.

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°779 du 1er décembre 2014
 




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