La grande leçon de Castro: ne jamais abdiquer, quelles que soient les difficultés

Mercredi 14 Décembre 2016 - 21:57


Fidel Castro
Fidel Castro
Fidel Castro a achevé son pèlerinage terrestre, le 23 novembre 2016. Il avait 90 ans, ce qui est plus qu’un exploit si l’on se réfère à la prière de Moïse selon laquelle “la durée de notre vie s'élève à 70 ans et, pour les plus robustes, à 80 ans” (Psaume 90, verset 10). Le commandante n’avait pas encore été inhumé que ses contempteurs, tels des loups enragés, se jetèrent sur lui, ironisant sur sa révolution, fustigeant son action à la tête de Cuba et moquant sa manière de vivre. Furent alors convoqués toutes sortes de qualificatifs, aussi infamants les uns que les autres, pour nous convaincre que Castro n’était pas un héros mais un vrai dictateur et un grand comédien qui ne vivait pas ce qu’il prêchait. Mais les éternels dénigreurs et donneurs de leçons qu’ils sont incapables de pratiquer eux-mêmes ont-ils atteint leur but? Pourquoi en veulent tant à l’ancien compagnon de Che Guevara? Qu’est-ce qu’ils ne lui pardonnent pas?
Castro était loin d’être parfait. Comme tout un chacun, il commit des erreurs. Son régime fut indiscutablement un régime de répression mais, et notre intention ici n’est ni de l’absoudre ni de faire passer ses victimes par pertes et profits, force est de reconnaître qu’il ne réprima que les traîtres à la révolution, c’est-à-dire les Cubains manipulés et utilisés par les Américains pour le renverser ou/et l’assassiner. Qu’il ait expulsé des prêtres espagnols est une chose incontestable mais était-il normal que les bons pères espagnols récitassent des prières à la gloire du général Franco sur le sol cubain? Oui, il mena la vie dure à l’Église catholique cubaine mais cette Église ne fut-elle pas bien souvent complice du dictateur Fulgencio Batista qui, avec le soutien de Washington, renversa en janvier 1934 le gouvernement de Grau San Martin connu comme le gouvernement des “cent jours” Enfin, contrairement à d’autres pays latino-américains (Argentine, Brésil, Guatemala, Mexique, Salvador), Cuba n’est pas connu comme un pays ayant tué des religieux, prêtres et évêques. Pour ne donner qu’un exemmple, ce n’est pas à la Havane mais à San Salvador que Mgr Oscar Rpomero fut assassiné en pleine messe le 24 mars 1980 (cf. José Fort, “Fidel Castro: un géant du XXe  siècle” dans L’Humanité du 26 novembre 2016)
Et pourtant, avant de déblatérer et de jeter leur bave haineuse sur Castro, ceux qui le traitent de dictateur auraient dû prendre connaissance de ce témoignage d’Ignacio Ramonet: “Quand les éditeurs Galilée et Fayard ont publié mon livre "Fidel Castro. Biographie à deux voix" en 2007, la répression s’est immédiatement abattue sur moi. Sur la radio publique "France Culture", j’animais un programme hebdomadaire le samedi matin, consacré à la politique internationale. Dès la publication de mon livre sur Fidel Castro, les médias dominants commencèrent à m’attaquer violemment, le directeur de la station m’a appelé dans son bureau et, sans détours, m’a déclaré  : "Il est impossible que vous, ami d’un tyran, puissiez vous exprimer sur nos ondes." J’ai essayé d’argumenter. Rien à faire. Les portes des studios se sont fermées à jamais pour moi. Ils m’ont aussi bâillonné. Le silence était imposé à une voix discordante dans l’unanimisme anti-cubain”. L’ancien directeur du “Monde diplomatique” ajoute: “À l’Université Paris-VII, cela faisait 35 ans que j’enseignais la théorie de la communication audiovisuelle. Quand a commencé la diffusion de mon livre et la campagne médiatique contre moi à se propager, un collègue m’a prévenu  : "Attention  ! Certains fonctionnaires disent qu’on ne peut pas tolérer que "l’ami d’un dictateur" donne des cours dans notre faculté..." Bientôt commencèrent à circuler dans les couloirs des dépliants anonymes contre Fidel Castro qui exigeaient mon expulsion de l’université. Peu après, j’étais officiellement informé que mon contrat ne serait pas renouvelé... Au nom de la liberté d’expression, on m’a refusé le droit à l’expression,  j’ai "disparu" des colonnes du journal "Le Monde". Lorsque j’étais cité, c’était seulement pour me lyncher.” (https://legrandsoir.info/fidel-castro-et-la-repression-contre-les-intellectuels.html).



Jean-Claude Djereke
 




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact




 

Les Filles de Saïoua au Palais de Congrès de Montreuil (France) le samedi 16 décembre 2017