La fabrication des preuves contre Gbagbo a commencé

Samedi 8 Juin 2013 - 07:20


La fabrication des preuves contre Gbagbo a commencé
La décision des juges de la Chambre préliminaire I de la CPI du lundi 3 juin 2013, de renvoyer la procureure à sa copie – illisible - a plus que sonné le régime Ouattara, qui tente le tout pour le tout pour sauver la face. Les officines sont à pied d’oeuvre pour la fabrication de «preuves supplémentaires » qui selon le régime devraient «couler définitivement » Gbagbo.

C’est la peur-panique dans le camp Ouattara. C’est peu de le dire. Ses partisans s’attendaient à tout sauf à un tel scénario dans lequel, les preuves minutieusement emmagasinées par le régime pour le Bureau du procureur, se sont avérées insuffisantes, plutôt insignifiantes au regard des chefs d’accusation. Et depuis, c’est la course à la fabrication de nouvelles preuves. Mais là où deux ans ont produit des «preuves insuffisantes», quelques 2 à 3 mois peuvent-ils «enfanter» des preuves suffisantes ? Là est la grande interrogation à laquelle tente de répondre le régime Ouattara. L’instrumentalisation des victimes (?) de la crise post-électorale bat son plein. Des victimes qui se sont dit indignées et choquées par la décision de la Cpi. Comme si les victimes étaient une section du RDR, le parti de Ouattara. Le régime a-t-il fait le décompte de victimes pour identifier les siens ? Des victimes, parlons-en ! Il y en a eu depuis septembre 2002, où la rébellion de Guillaume Soro a défiguré la Côte d’Ivoire. Mais, encore les victimes de la récente crise post-électorale. Qui mieux que les victimes du massacre des Wê par les Frci en mars 2011, peuvent se sentir oubliés de la Cpi?

Depuis quelques jours, toutes sortes d’associations de victimes donnent de la voix, pour servir de «preuves vivantes », selon leurs propres termes. Et comme si cela ne suffisait pas, le régime tente – malhonnêtement – de faire croire, par la presse qui lui est proche, qu’il s’agit exclusivement de militants du Rdr tués, à travers l’opération d’exhumation des corps entamée à Yopougon. Par quelle magie les officines du régime Ouattara ont pu deviner que des restes humains exhumés à Yopougon sont des victimes de Gbagbo ? Il faut bien être sorcier pour le savoir n’est-ce pas ? Si la honte pouvait tuer, le Rdr serait bien mort depuis belle lurette.

Au lendemain de la décision de la Cpi, le porte-parole du Rdr, Joël N’guessan, commentant l’actualité a révélé que trouver des preuves supplémentaires étaient chose facile. Faisant allusion à la hiérarchie des ex-Fds à l’époque. On devine aisément que les généraux Philippe Mangou, Edouard Kassaraté, Detho Léto et bien d’autres pourraient bien être mis à rudes épreuves, pour «acculer » Laurent Gbagbo. N’était-ce pas là aussi, les clauses d’un deal secret entre eux et Alassane Ouattara ? En tout cas, la machine à fabriquer les preuves du régime est bien en branle. Comme s’il s’agissait de faire un décompte macabre.

Gérard Koné


Le Nouveau Courrier




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