La crise au FPI mélange les plans de Hollande à Abidjan:Visite du Chef de l’Etat français en CI

Jeudi 26 Juin 2014 - 02:54


François Hollande, président Français
François Hollande, président Français
Au front populaire ivoirien, évoquer l’entrée du parti dans un gouvernement d’union nationale présidée par Alassane Ouattara provoque des crises d’urticaire au sommet. Parce que les proches du président du parti mis régulièrement à l’index n’en voient pas la manifestation. Hier encore, le conseiller technique chargé de la communication, Franck Anderson Kouassi, est paru étonné qu’on ouvre à nouveau ce débat après la ènième mise au point du concerné avant- hier à son domicile, où il avait reçu les responsables des JV11, journaux victimes du 11 avril. Parce que, répète-t-il à souhait, « le pouvoir ne l’a jamais proposé au FPI lors de discussions formelles ». Entrer dans un gouvernement dirigé par Alassane Ouattara n’est donc pas à l’ordre du jour, même à l’approche de la visite du chef de l’Etat français François Hollande qui, selon certaines sources, aurait pourtant ob- tenu des garanties sur cette question. Mais la question de l’entrée du FPI au gouvernement constitue un véritable serpent de mer. L’ancien ministre de la dé- fense Michel Amani a pourtant évoqué la question à un secréta- riat exécutif du parti et il ne l’a pas nié outremesure. Par ailleurs, le ministre de l’intérieur ivoirien va aussi en France pour rassurer les autorités françaises sur les derniers développements de l’ac- tualité nationale : le maintien du boycott du RGPH, la crise interne au FPI qui ruine a priori toute possibilité d’un gouvernement d’union nationale, le blocage du dialogue politique… En raison justement  des obstacles liés à l’entrée du FPI au gouvernement, le gouvernement ivoirien mise sur de nouveaux viatiques et principalement la nouvelle commission électorale indépendante qui semble dorénavant être acceptée par l’opposition qui en revendique même la présidence. Le gouvernement table aussi sur la libération des 50 prisonniers po- litiques sur les 800 encore détenus et, surtout, sur la diabolisation du FPI qui refuse de s’engager dans le processus de réconciliation nationale. Mais quoiqu’il en soit, le conseiller d’Affi s’est voulu clair. « Le président ne connait pas l’agenda d’Hollande. S’agissant du gou- vernement d’ouverture, celui-ci n’a jamais fait l’objet de débat ni dans les instances du parti ni avec le pouvoir. Cela n’a jamais été une préoccupation ». En évoquant d’ailleurs sa stratégie lundi dernier devant les JV11, le président du FPI n’a pas dit autre chose, affirmant qu’il n’a pas d’ambition présidentielle pour essayer le clouer le bec à ses détracteurs. Pascal Affi N’guessan a aussi accusé ses détracteurs d’instrumentaliser cette question pour le diaboliser afin de prendre sa place lors du prochain congrès du parti dont la nécessité se discute encore sous cap. Alassane Ouattara, lui, respire le grand air. Le 1er juillet, son ministre de l’intérieur se rend à Paris. Ce dernier doit en effet rencontrer les autorités françaises pour discuter des préparatifs de la visite de François Hollande à Abidjan. La visite d’Hamed Ba- kayoko vise surtout à renvoyer l’ascenseur à l’Elysée qui avait fait venir, il y a quelques mois, son ministre de la défense sur les bords de la lagune ébrié. Le Drian avait notamment reçu, à cette occasion, à la maison de France, le président du front populaire ivoirien pour un entretien tenu secret. Franck Anderson Kouassi n’a d’ailleurs pas démenti le caractère confidentiel de cette rencontre. « Je n’y étais pas mais il s’est certainement agi pour le ministre français d’emmener le président du parti à soutenir les efforts de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire». En fait, comme tous les diplomates accrédités en Côte d’Ivoire, lesquels considèrent que la direction du FPI doit tourner la page Gbagbo, le conseiller d’Affi a reconnu que le ministre français a souhaité que « le FPI rentre dans le jeu politique ». C’est-à- dire « qu’il renonce aux boycotts » tel que celui qui frappe le recensement général de la population et de l’habitat. Selon des sources bien introduites, c’est en raison de l’agacement de ces derniers face à la boulimie du secrétaire national par intérim Justin Koua que la nécessité de faire rentrer d’exil Konaté Navigué s’est imposée. Ce dernier a alors repris fonction depuis quelques semaines mais a du mal à faire face à l’attente des militants. Pour enrayer cette spirale, le président du FPI négocie discrètement, depuis quelques jours, le retour de l’ancien bureau exécutif national autour de Konaté Navigué. Ce dernier que le journal Aujourd’hui a joint au téléphone a confirmé ces négociations qu’il faut analyser, selon lui, comme une recherche de la cohésion. « La direction du parti avait promis que s’il y avait quelques difficultés, elle interviendrait. C’est donc ce qui se passe », a-t-il dédramatisé. Le président du FPI tente surtout de colmater les brèches pour ne pas multiplier les armes contraires. Le retour de Koua et de ses camarades devrait donc donner à la JFPI le punch dont les militants ont besoin tout en lui permettant de tenir fermement sa direction. Affi N’guessan a aussi rencontré la « presse bleue » pour l’exhorter à ne pas faire comme leur confrère Aujourd’hui qui dis- trait la marche du parti avec des articles qui servent les intérêts des adversaires. Le président du FPI anime surtout ce matin une conférence de presse au siège provisoire du FPI à Attoban sur la confirmation des charges de la CPI contre Laurent Gbagbo. L’objectif est clair. Il s’agit de faire retomber les critiques en calmant ceux qui l’accusent de vouloir tourner la page Gbagbo et qui ont trouvé des justifications supplémentaires dans l’absence d’une réaction officielle du parti après la confirmation des charges contre Laurent Gbagbo. Mais Affi N’guessan ne renonce pas pour autant à sa ligne de négociation. Devant les JV11, il a encore réitéré que c’est ce qu’il faut à l’heure actuelle pour libérer les militants encore emprisonnés, faire rentrer les exilés et aider à dégeler les comptes encore sous séquestre gouvernemental ou international. Au-delà, il estime qu’il y a la nécessité de restaurer le parti avec les tournées à l’intérieur du pays notamment, pour faire reculer la peur. On le voit, le président Gbagbo ne s’affiche pas comme une priorité pour lui. Le dire n’est pas travailler pour le RDR comme il accusé, lundi, le directeur de publication d’Aujourd’hui.▄

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui / N°671 du Mercredi 25 Juin 2014




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