La coalition nationale pour le changement passe à l’offensive: La CNC annonce un grand meeting et des marches éclatées

Vendredi 15 Mai 2015 - 09:33


Les jours à venir risquent d’être chauds si Alassane Ouattara continue de rester dans sa logique qui consiste à empêcher les meetings de ses adversaires comme il l’a fait à Mama, pour le FPI et à Gagnoa, pour le député KKB, pourtant candidat déclaré à l’élection présidentielle à venir. Car pour lui arracher le principe de la discussion, y compris les conditions de la réconciliation nationale, la coalition pour le changement a décidé de programmer des manifestations de masse dès la semaine suivant la signature officielle de sa charte. Cette cérémonie verra la participation des différents présidents de parti ou candidats déclarés à la présidentielle qui sont présents dans cette coalition. De sources proches du présidium, non seulement la cérémonie du vendredi est bel et bien maintenue à l’hôtel Bellecôte, mais une nouvelle rencontre est prévue ce jour pour harmoniser toutes les dates. En attendant, le timing des manifestations prévoit après le grand meeting d’ouverture du 23 mai, des marches éclatées aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays. Ces manifestations de rue devront durer le temps qu’il faudra pour que Ouattara accepte de discuter. Car ce ne sont pas les revendications qui manquent. Dans une charte de 17 pages qui sera paraphée par les différents responsables de la coalition, l’opposition demande entre autres la dissolution de la commission électorale indépendante dont le président est un obligé de Ouattara pour que ne soient nommées que des personnalités non apparentées et connues pour leur probité morale. L’opposition conteste aussi le code électoral réformé discrètement en conseil de ministres par le gouvernement et remettant en cause tous les acquis essentiels tels que la proclamation des résultats dans chaque bureau de vote ou encore le droit de remettre à chaque représentant de candidat le procès-verbal entérinant les résultats du bureau de vote. Par ailleurs sur la question de l’éligibilité du chef de l’Etat sortant, la coalition n’entend pas transiger sur le respect de la constitution. Pour elle, si l’article 35 devait être révisée, ce ne devrait qu’être à la condition que soit organisé un référendum. La coalition nationale pour le changement demande surtout que soient remplies les conditions de la réconciliation nationale, à savoir la libération des prisonniers politiques, à commencer par le président Laurent Gbagbo détenu à La Haye, de même que le retour sécurisé des exilés politiques. Dans une déclaration publiée dimanche, la conférence épiscopale a partagé l’ensemble de ces préoccupations égrenées par l’opposition depuis de nombreuses années. Les Evêques de Côte d’Ivoire ont surtout déploré les mensonges des gouvernants, y compris la justice des vainqueurs, et demandé que les leaders politiques nationaux se rencontrent pour vider le lourd contentieux laissé par la crise postélectorale. « Une vraie réconciliation, dans notre contexte actuel, nécessite un certain nombre de conditions dont, entre autres : la rencontre entre les leaders politiques, l’unité au sein de chaque parti politique, le désarmement, la vérité, une justice équitable et le pardon», ont d’ailleurs insisté les prélats. Mais la perspective d’une discussion entre les leaders n’est visiblement pas souhaitée par le chef de l’Etat sortant qui ne peut plus éviter Gbagbo élu président du parti par le clan majoritaire du FPI. L’idée d’un tête-à-tête Gbagbo-Ouattara avait d’ailleurs été ouvertement évoquée par l’Evêque de Yamoussoukro qui, lors d’un office auquel participait le couple présidentiel, avait demandé que cela soit fait pour donner une chance à la réconciliation des Ivoiriens. Dimanche dernier, les Evêques ont parfois attaqué le chef de l’Etat à son talon d’Achille et notamment sur sa politique de rattrapage ethnique vitupérée par l’opinion publique nationale. En raison d’un contexte politique chargé de tensions, les observateurs de la vie politique ivoirienne attendent avec une certaine anxiété ces manifestations. Le présidium a encore quelques réglages à faire, notamment sur les dates des manifestations, a commenté, un peu dubitatif, une source proche d’un des candidats déclarés. « On verra demain », préfère dire le président de la coalition des Indignés de Côte d’Ivoire qui fait partie de cette coalition. A la demande du présidium, son président David Samba a d’ailleurs annulé le sit-in qu’il prévoyait d’organiser le 16 mai à la place de la République. Les élections présidentielles doivent se tenir en octobre prochain. Mais à quelque cinq mois de cette échéance capitale, rien n’est toujours pas réglé au plan technique. Le gouvernement annonce la révision des listes électorales en juin prochain et a reconduit les services de l’ancien opérateur technique français. Mais la nouvelle coalition le conteste déjà, indiquant que l’institut national de la statistique peut valablement faire ce travail. L’opposition demande également la mise en place d’un cadre consensuel pour discuter de toutes autres dispositions nécessaires à la tenue de l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Par Sévérine Blé

Aujourd’hui / N°888




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !