La candidature de Ouattara est une promesse de fraude

Jeudi 5 Mars 2015 - 06:39


« Le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a assuré que les élections présidentielles de 2015 seront « libres, justes et transparentes » pour garantir la démocratie, la stabilité et la paix en Côte d’Ivoire ». Lu sous la plume de Armand Depeyla dans le Soir Info du 25 février dernier. Info ou remplissage ? Une chose est certaine, après avoir relu l’article, c’est la seule occurrence sur ce que pense faire Ouattara pour les prochaines élections. Ce qui intrigue, ce n’est certainement pas cette tautologie. Aucun régime au monde ne fait la promesse à son peuple de lui organiser une élection « non transparente ». En revanche, C’est connu, quand un politicien s’empresse de faire de telles promesses, on peut être sur qu’il y a une partie de son cerveau qui pense le contraire. Et c’est ce contraire qui nous intéresse. C’est ce que Ouattara ne dit pas et qu’il aurait dû dire en pareille circonstance qui nous intéresse. Sera-t-il candidat aux élections qu’il compte organiser dans la transparence ? C’est à partir de sa réponse à cette question que son discours sur la transparence des élections de 2015 devient crédible ou non.
Si Ouattara n’est pas candidat aux prochaines élections présidentielles, on peut, peut-être, espérer qu’il jouera la transparence, parce que rien ne nous garantit qu’il ne veuille pas mettre l’un de ses pions en scelle pour avoir une retraite paisible. Sa candidature pour 2015 est donc déjà une promesse de fraude. Pourquoi ? Il y a suffisamment de littérature sur la question ces jours-ci. Même, la réponse de Francis Wodié à la lettre que lui a adressée, tout frileux, Gnénéma Coulibaly pour requérir son avis sur la modification de la constitution est un savoureux faisceau de lumière. Alassane Ouattara n’est pas éligible s’il ne recoud pas sur mesure et par voie référendaire la Constitution Ivoirienne. Ce qui sera un paradoxe aux yeux du peuple Ivoirien qui s’est donné cette Loi fondamentale à plus de 86% parce qu’en son temps le bravetchè avait dit qu’il se sentait visé mais pas concerné. Plus près, en 2010, il a laisse le Président Gbagbo faire de lui un candidat exceptionnel. Il ne s’est pas opposé à cette exception qui confirmait tacitement qu’il était bel et bien concerné par l’article 35. Ouattara et nous savons donc tous qu’il n’est pas éligible et que son cas ne peut prospérer à la suite d’un referendum sans qu’il ne confesse aux Ivoiriens qu’il est concerné même par le « ou » ; sans qu’il n’avoue enfin cette vérité qu’il a toujours su et pour laquelle, il leur a fait subir une décennie de calvaire. En somme, si Ouattara n’est pas éligible et ne peut l’être dans les 8 mois à venir, comment peut-il, en y participant, organiser des élections transparentes ? Sa participation est déjà une fraude, le viol de la règle qui régit la concurrence. Le chef bandit rentre par effraction dans votre maison, vous bâillonne et vous dit : « je vous promets d’être équitable avec vous dans la redistribution des biens de la maison ».
Allez-y comprendre quelque chose. 

Joseph Marat


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