La Côte d’Ivoire s’endette déjà ! 330 milliards en trois mois

Jeudi 20 Mars 2014 - 07:33


Le fait n’est pas banal pour qu’il ne soit pas relevé. En moins de trois mois, l’Etat de Côte d’Ivoire a sollicité de l’espace Uemoa, la bagatelle de 330 milliards FCFA. Et rien n’indique que les opérations d’adjudication ne vont pas se poursuivre. De fait, par adjudication n°01/2014 du  25 février dernier, le Trésor public a émis des obligations d’une valeur totale de 250 milliards FCFA. Neuf jours seulement après, soit le  6 mars, par adjudication n°02/2014, c’est le montant de 50 millions FCFA qui est recherché. Depuis, le 21 mars dernier, par adjudication n°3/2014, le Trésor prospecte pour 30 milliards FCFA. Pourquoi cette pressante sollicitude de l’Etat du marché monétaire et financier ? Cela est d’autant plus curieux que dans son message à la nation, le 31 décembre 2013, Alassane Ouattara évoquait d’«excellents résultats économiques» que les indica- teurs traduisent éloquemment et qui placent la Côte d’Ivoire parmi les dix premières nations en croissance dans le monde. Une performance, selon lui, reconnue par les grandes insti- tutions internationales. Dans les services du Trésor public, l’on indique que ces opérations font partie du programme d’émission de ti- tres publics par le Trésor. «L’Etat va souvent sur le marché monétaire et financier en vue de mobiliser des fonds pour faire face à des dépenses urgentes. Pour le moment, ce sont trois opérations, il y en aura certainement d’autres en fonction des besoins de l’Etat», confie un cadre de cette régie. Pour cet autre, le Trésor a enclenché une dynamique de paiement de la dette intérieure qui oblige l’Etat à aller sur le marché de l’Uemoa. Comme pour ignorer  le fameux prêt congolais de 100 milliards Fcfa  censé régler définitivement le problème de la dette intérieure. Mais pour ce que l’on sait du Bon de Trésor – un emprunt à court terme pour soulager les caisses de l’Etat – il est à parier que cette frénésie boursière est le fait de la sécheresse qui frappe durement les caisses de l’Etat. Pour ce premier trimestre, des révélations crédibles font état de ce que la Douane et les Impôts sont en situation de moins-value qui ne permet pas à l’Etat de faire face à ses engagements.
L’endettement se poursuit
«La revalorisation salariale et les engagements financiers en faveur de certaines catégories professionnelles coûtent trop cher à l’Etat. Il a fallu faire des gymnastiques pour tenir la pro- messe vis-à-vis des fonctionnaires et agents de l’Etat pour les salaires de janvier parce que le secteur bancaire n’a plus confiance en l’Etat. En février, ça été encore difficile. Et cela va se poursuivre jusqu’à la fin du premier trimestre. Cela est dû au fait que les Impôts et la Douane ne sont pas encore au maximum de leurs capacités contributives. En outre, il y a d’autres contributions attendues de l’Etat en vue d’être en conformité avec les engagements qu’il a pris. C’est notamment sa part dans le financement des chantiers, le remboursement des dettes. Dans tous les cas, les caisses de l’Etat ne peuvent pas demeurer vides ; il faut bien prendre l’argent quelque part», explique un responsable syndical. D’où la grande inquiétude qui s’empare des observateurs avertis de l’économie ivoirienne. Pour le gouvernement Ouattara, les émissions de bons de Trésor ont pour but de réduire la dépendance financière extérieure grâce à une mobilisation plus accrue de l'épargne intérieure. Or cette épargne intérieure est insignifiante et  les perspectives des indicateurs économiques 2014 dressées par «Perspectives économiques en Afrique» sont alarmantes. Taux de croissance du Pib réel : 9,8% ; taux de croissance du Pib réel par habitant : 7,5% ; inflation : 2,3% ; balance budgétaire rapporté au Pib : -3,1% ; balance courante rapportée au Pib : - 1,9%. Face à des perspectives aussi sombres, les Bons de Trésor, version Ouattara, ne peuvent être que de véritables instruments d‘endettement à court et moyen termes de l’Etat. Cela fait déjà au moins 330 milliards FCFA de dette que l’Etat «confie» aux Ivoiriens.

J-S Lia

Source: Notre Voie N°4670 des mercredi 19 mars 2014






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