La Côte d’Ivoire, otage du trio infernal (RDR, FPI et du PDCI) : Mémorandum à l’attention des « Elders »

Samedi 12 Octobre 2013 - 15:54


Konan Bédié, président du PDCI , et Alassane Ouattara, président du RDR
Konan Bédié, président du PDCI , et Alassane Ouattara, président du RDR
Au moment où séjournent les «Elders »  dans notre pays, pour évaluer les causes du blocage de la réconciliation politique en Côte d’Ivoire,  il est utile de leur donner les nouvelles du pays, mais alors les vraies, avant que le  trio infernal (RDR,FPI et PDCI) qui sévit et écume le pays depuis la disparition d’Houphouet-Boigny,  grand architecte de ce cercle de feu, rallumé puis activé périodiquement par les leaders de ces partis,  ne leur servent  du vent, point de départ d’un éventuel mauvais diagnostic du mal ou du spleen ivoi- rien, qui pourrait vicier toute nouvelle prescription de solution.
 1-Même s’ils se réclament théorique- ment d’idéologies différentes, les trois partis traditionnels (PDCI, FPI, RDR) portent le même projet politique à savoir : piller les ressources du pays à leur seul profit et à celui de leur famille sans se soucier du peuple ; C’est ainsi que « le rattrapage eth- nique » a succédé au « recrutement tribal » dans l’administration ivoirienne.
 2-Il n’y a pas d’opposition idéologique en leur sein, dans la mesure où ils nouent des alliances dans le seul but de s’accaparer et de garder le gâteau, en faisant fi de l’éthique et des incompatibilités idéologiques; C’est ainsi qu’un ex-chef rebelle, premier ministre, a été qualifié de « meilleur premier ministre» par sa victime ;
3-Les raisons de rupture ou de me- nace de rupture des alliances portent toujours et invariablement sur l’iné- galité dans le partage du butin. C’est ainsi que le plus vieux parti, le PDCI, au sortir d’un congrès après onze ans, a pour seule proposition, la révision constitutionnelle pour l’institution d’un poste de vice-présidence, calqué sur les mensurations de M. BEDIE, afin que son butin à lui, ne dépende pas des humeurs de M. Ouattara, au cas où  le RDR conserverait la garde du butin en 2015. Autre résolution du congrès du PDCI, un plaidoyer aux fins d’amener le RDR à augmenter la part du gâteau du PDCI. A l’analyse, aucune résolution relative à la promotion de l’intérêt général, n’apparaît nulle part dans les actes du congrès. Les préoccupations alimentaires égocentriques et tribales ont pris le pas sur les préoccupations d’envergure nationale.
4-Ces partis sont capables de corrom- pre les idéaux et les rêves partagés par leurs militants, pourvu que transiger et renier son âme permette de conser- ver le pouvoir au grand dame des « gardiens du temple ». C’est ainsi qu’après avoir frappé d’ostracisme le Pr Mamadou Koulibaly,  les premiers responsables de la campagne du can- didat Laurent Gbagbo, jadis très hostile à la monnaie coloniale  franc CFA, ont consigné dans le livre de campagne à l’élection présidentielle de 2010, leur ambition non seulement de consolider l’existant, mais d’étendre le champ de règne du CFA aux pays anglophones. Sans que l’on explique le mobile de ce revirement à 180 degrés aux Ivoiriens  désemparés au sujet du chapitre phare de la Refondation, le FPI masque cette déviation gravissime, là où même l’UEMOA, se débat et en- visage sérieusement de se défaire de la captivité  du CFA.
5-Au plus fort de l’animosité qui pourrait les animer, ils veillent jalou- sement cependant, afin que le pouvoir reste éternellement au sein du trio infernal. Tout parti ou groupement de partis non membre du trio est considéré comme un intrus, qu’il faut éjecter à tout prix, peu importe l’importance des propositions novatrices de changement au bénéfice des populations, dont sont porteurs les nouveaux partis. C’est à cette réalité que l’opposition regroupée au sein du Cadre Permanent du Dialogue (CPD) fait face.
6-Lorsque l’un de ces trois partis traditionnels essaie de se faire désirer en jouant au bébé gâté, ce n’est jamais pour la défense de l’intérêt général. C’est plutôt une tactique pour augmenter les enchères dans la perspective d’un gouvernement d’union attendu pour la jouissance éhontée du maigre patrimoine national qui n’a enregistré la moindre croissance significative et visible depuis 1990, c'est-à-dire depuis 23 ans qu’ils gèrent les affaires du pays à tour de rôle.

CONCLUSION

Excellences, messieurs les Elders, dans votre agenda, vous avez prévu rencontrer la société civile. Mais laquelle ? Sans préjuger de la réponse à cette question embarrassante, permettez, excellence, que nous vous prévenions que beaucoup d’organisations de la société civile sont des succursales de partis politiques. Cela dit, certaines organisations sont quand même crédibles. Le mal pernicieux  ivoirien a pour nom le cercle de feu constitué par le triangle égocentrique : PDCI-RDR- FPI. Bien sûr que la solution ne consiste pas à les démanteler.  Mais, il s’agit de limiter leur capacité de nuisance et de manœuvre, ne se- rait-ce que momentanément. Il faut un gouvernement de transition ou de réconciliation avec un premier ministre de poigne, crédible et non corrompu qui pourra assener ses vérités à la fois à chacun des leaders suivants : Ouattara-Affi- Bédié-Banny . Pour cela, nous vous recommandons d’être attentif  à la feuille de route élaborée par les partis de l’opposition membres du Cadre Permanent du Dialogue (CPD). C’est de cette coalition que pourrait provenir un Premier Ministre qui convienne aux circonstances actuelles. Rythmée depuis deux ans par l’actua- lité à La Haye, la vie est devenue in- fernale et insupportable dans notre pays, où les animateurs des partis du trio, usent de farces et de mensonges à longueur de journée, pour un seul objectif : maintenir les militants dans de faux espoirs, sans lendemain. L’une de ces farces dont particulière- ment le FPI a le secret, c’est de bercer d’illusions les militants dangereuse- ment en voie de clochardisation in- consciente, jour après jour, de ce que Laurent GBAGBO serait en route pour Abidjan. Et pour reprendre le pouvoir après en avoir joui pendant dix longues années.  Certes, c’est légitime de souhaiter  la libération de Gbagbo. Mais de  là à manipuler et à exploiter, malicieusement, la naïveté des pauvres popula- tions, afin d’en tirer des dividendes personnelles en termes d’ascension dans l’appareil du parti, c’est la forme caractérisée du cynisme. Le régime PDCI dont Robert Guéi était le Chef d’Etat major, a clochar- disé les gros bras appelés les loubards de 1990 à 1999, puis les a jetés en pâ- ture à l’avènement du régime militaire du même Guéi Robert qui les a éliminés physiquement. Le RDR a clochardisé les populations des gares routières, milieux dont sont issus les ex-combattants qui menacent à présent le régime de monsieur Ouat- tara. La guerre est ouverte entre les hommes de Paul Koffi koffi et les ex- combattants reconvertis en coupeurs de routes. Aujourd’hui comme hier, le FPI surfe sur les sans emplois, pour lesquels ce parti n’a manifestement aucun plan de résorbassions du chômage, ni hier, ni demain. C’est une autre bombe à frag- mentation qui menace la gouvernance post-2015. Il faut en finir avec ce cycle d’espoirs à chaque fois déçus. Ces partis tradi- tionnels se révèlent incapables non pas par mauvaise volonté, mais parce que dépassés par les thématiques des temps modernes Les nouvelles formations moins démagogiques et à base non tribale constituent une alternative crédible qui pourrait rompre le cercle vicieux de la violence, entretenu et nourri au machiavélisme. Tandis que les anciens partis ont pour repère Machiavel,   les nouveaux partis ont l’avantage d’avoir pour repères : Martin Luther King, Barack Obama ou Bill Gates et Dubaï, Shanghai, Pékin pour modèle de développement.

Fait à Abidjan le 9/09/2013

 K .DAPA  Donacien
 Chroniqueur Indépendant. dapadonacien@yahoo.fr

Source: L’éléphant déchaîné N°197 du vendredi 11 au lundi 14 octobre 2013  / 2ème année




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