La Côte d’Ivoire est humiliée et discréditée par Soro, Bédié et Ouattara depuis 2002

Mardi 22 Décembre 2015 - 08:45


Ses parents auraient dû le prénommer, non pas Guillaume , mais Jérémie car, en lieu et place d’un discours profond et argumenté, Soro n’a servi que des jérémiades aux pseudo-députés du RHDP venus l’écouter, ce vendredi 18 décembre 2015. En voici quelques exemples: “J'ai été choqué au plus haut point d’être victime de l’une des pires campagnes de dénigrement et de calomnie jamais orchestrées contre ma personne et mon combat politique… J’ai été meurtri par toutes ces cabales qui m’ont frappé de plein fouet… J’ai été blessé… Une juge française a cru devoir par tous les moyens m’humilier.” Que peut-on répondre à ces jérémiades? Je dirai, d’abord, que, devant une épreuve, un “garçon ne pleure pas”, n’ameute pas le monde entier mais supporte et souffre en silence comme ce loup dont Alfred de Vigny a si bien relaté les derniers instants en écrivant: “Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche et, sans daigner savoir comment il a péri, refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri… Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, c'est vous qui le savez, sublimes animaux ! À voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse, seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.- Ah ! Je t'ai bien compris, sauvage voyageur, Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au cœur ! Il disait: " Si tu peux, fais que ton âme arrive, à force de rester studieuse et pensive, jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté. Gémir, pleurer, prier est également lâche. Fais énergiquement ta longue et lourde tâche dans la voie où le Sort a voulu t'appeler. Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.” Soro aurait pris le temps de bien se former, il aurait préféré le long et austère apprentissage dans les amphithéâtres et bibliothèques au raccourci des coups d’État et des tueries, qu’il aurait découvert et assimilé cette belle leçon de courage et de dignité dans la souffrance. Un garçon n’étale pas sa douleur, telle est la première remarque que je voulais faire. Ensuite, un garçon ne fuit pas devant une femme juge qui ne demande qu’à entendre sa version des faits. Soro prétend avoir résisté en ne répondant pas à la convocation de la juge. Non, fuir n’a jamais signifié résister. Ne fuient que les gens couards et ayant des choses à se reprocher ou traînant de nombreuses casseroles. Plus loin, Soro accuse la juge Sabine Khéris d’avoir fait du faux en le convoquant en France pour “des faits qui se sont produits en Côte d'Ivoire et concernant deux Ivoiriens”. Les vrais faussaires, c’est Soro, Dramane Ouattara et son gouvernement pour avoir transformé une visite privée en visite officielle et pour avoir fait parvenir aux autorités françaises un ordre de mission anti-daté. Mais ce n’est pas seulement la juge française qui est attaquée par Soro-le-fuyard. Les dirigeants français, eux aussi, en prennent pour leur grade dans cette logomachie comme en témoigne ce passage: “Nous n’accorderons notre respect qu’à ceux qui nous respectent. Est-il imaginable un seul instant qu’un officiel français soit convoqué par des juridictions nationales ivoiriennes sur des faits qui se sont produits en France entre deux français? Face à la récurrence de tels incidents graves (je rappelle les cas du Maroc, du Gabon, de la Guinée Équatoriale, de l’Algérie, du Rwanda et aujourd’hui de la Côte d’Ivoire, qui n’honorent pas l’excellence de nos relations avec la France), l’Afrique doit se réveiller.” Je laisse à l’Élysée et à Matignon le soin d’apprécier cette volée de bois vert et d’en tirer éventuellement les conséquences. De la même façon, je ne veux pas répondre à la place des Burkinabè dont Soro affirme aimer le pays alors qu’il a essayé, en septembre 2015, de le mettre à feu et à sang, de renverser les autorités de la Transition et de mettre au pouvoir un proche de Blaise Compaoré. Leur nouveau président peut étouffer cette affaire gravissime de conversations téléphoniques où Soro menaçait clairement de tuer Salif Diallo et Chérif Sy mais j’espère qu’il prendra au sérieux la déclaration des USA selon laquelle “le Burkina n’est pas à l’abri d’un faux coup tant que Soro et Compaoré sont en Côte d’Ivoire”. Pour ma part, je voudrais inviter le sieur Soro à ne pas mêler l’Afrique à ses ennuis judiciaires car ce n’est pas elle qui lui a demandé d’attaquer son propre pays le 19 septembre 2002 à partir du Burkina Faso. L’Afrique a été plutôt humiliée, déshonorée, ridiculisée et trahie le jour où Ouattara, Bédié et Soro ont envoyé Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la Haye, quand ils ont demandé à la France de bombarder le palais présidentiel construit par Houphouët, quand ils ont permis à des puisatiers, bagagistes, bouviers, menuisiers, apprentis-gbaka et mécaniciens de devenir ministres ou préfets de région, quand ils ont applaudi la fermeture des banques et l’embargo sur les médicaments, quand ils étaient favorables en 2006 à la dissolution de l'Assemblé nationale. Et le trio continue d’humilier et de torturer l’Afrique en maintenant en prison et en exil des milliers de pro-Gbagbo. Mais, comme “tout finit par finir” (Léandre Sahiri), espérons que nous assisterons sous peu au “crépuscule des crapules”.
Au total, le soi-disant discours de Soro n’est qu’un tissu de mensonges et d’accusations gratuites. Il est même inutilement agressif et injurieux. La seule chose que je trouve intéressante dans ce verbiage creux et pompeux, c’est le fait que, pour la première fois, Soro s’en prend à ceux qui l’ont fait roi. Mais je m’empresse d’ajouter qu’il ne les fustige pas pour les mêmes raisons que les vrais souverainistes africains. Il se déchaîne contre la France parce qu’on a failli l’y arrêter comme un vulgaire malfrat, parce qu’il pensait qu’il ne serait jamais inquiété, parce qu’il se prenait déjà pour un demi-dieu. Sawimbi, Fodey Sanko, Mobutu, Bokassa, Macias Nguema, Ben Ali, Moubarak et autres se prenaient aussi pour des hommes tout-puissants mais nous savons comment ils ont terminé leur pélérinage sur la terre. Soro peut se réjouir d’avoir levé le ton contre la France, le 18 décembre dernier, mais la question que l’on peut se poser est celle-ci: peut-on défier ceux qui vous ont mis au pouvoir?


Jean-Claude DJEREKE
 




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