La Côte D’ivoire à DubaÏ: Le climat politique inquiète les investisseurs

Mercredi 10 Septembre 2014 - 19:08


Daniel Kablan Ducan , prémier ministre de Ouattara
Daniel Kablan Ducan , prémier ministre de Ouattara

C'est aujourd'hui que se tient à Madinat Jumeirah hôtel de Dubaï, aux emirats arabes unis, la Conférence internationale des investisseurs. a l’initiative de la Commission de l’uemoa, l’objectif final de «Investir dans l’Uemoa» est la mobilisation de ressources pour la réalisation de programmes d’envergure régionale créateurs d’emplois, de richesses concourant à l’amélioration des conditions de vie des populations, au développement du tissu industriel et des services. Cette rencontre se situe aussi dans le prolongement de la table ronde sur le financement de la deuxième phase du Programme économique régional (Per), tenue en juillet 2012 à Abidjan. Le coût total des projets étant évalué à 10.759 milliards fCfa. Ce forum concerne en priorité les projets à caractère régional. Dans ce contexte, l’uemoa a retenu, pour la Côte d’ivoire, le prolongement sur 1000 km jusqu’à ouagadougou de l’autoroute abidjan-Yamoussoukro (2600 milliards fCfa). Le projet de réhabilitation et de construction de la ligne ferroviaire abidjan-Kaya  ayant déjà été concédé à sitarail pour 262 milliards fCfa. La Côte d’ivoire table sur 4643 milliards fCfa d’intentions d’investissements sur les 10.759 milliards fCfa attendus par la Commission de l’uemoa, soit 43,15% des intentions en faveur de la zone.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets

 Certes comparaison n’est pas raison, la table ronde des bailleurs de fonds sur le financement de la phase 2 du Programme économique régional de l’uemoa (Peruemoa 2012-2016), organisée à abidjan, a permis de capter 2035 milliards fCfa sur les 4400 milliards fCfa recherchés. si pour toute une région, l’uemoa n’a pu récolter que 2035 milliards fCfa, on peut dire que la Côte d’ivoire, avec ses pré- tentions de 4643 milliards fCfa, se comporte comme ce crapaud qui veut se faire plus gros que le bœuf. au demeurant, l‘expérience récente du forum investir en Côte d’ivoire (iCi) montre que tout ce qui brille n’est pas de l’or. malgré tout le matraquage  médiatique mis en œuvre lors de ce forum, la Côte d’ivoire n’a pu récolter que 443 milliards fCfa d’intentions d’investissements, en trois jours, avec 3733 participants. C’est-à- dire que le monde entier fortement mobilisé en faveur d’un seul pays a promis d’y investir 443 milliards fCfa. Le Premier ministre Kablan Duncan avait qualifié ce moment de «grand succès pour la Côte d’Ivoire». Depuis, plus rien. Les autorités ivoiriennes ne se préoc- cupent pas de faire le bilan de cette manifestation. en coulisses, il se murmure  que la plupart des intentions d’investissements ne se sont pas concrétisées. Le comité de «suivi des résultats et des promesses d’investissements» du forum mis en place regarde, impuissant, le repli des apporteurs d’argent. a l’époque, les investis- seurs redoutaient un climat politique délétère du fait de la rupture unilatérale du dialogue politique et le transfèrement de Charles blé Goudé, le leader de la galaxie patriotique, à la CPi. alors que l’opposition avait fait preuve de bonne foi en se rendant à ce forum par l’intermédiaire du président du fpi, affi n’Guessan. Les hommes d’affaires faisaient ouvertement savoir qu’ils ne pouvaient mettre leur argent dans un pays qui ne fait pas de  la réconciliation, la paix et la sécurité ses priorités. L’argent n’aime pas l’instabilité. Qui va mettre son argent dans un pays où tout peut s’embraser à tout moment ? aujourd’hui, la Côte d’ivoire est à Dubaï. avec ses mêmes opportunités d’investissements : agriculture, infrastructures socio-économiques, mines, énergie, gaz), son même slogan : «Entreprendre en Côte d’Ivoire, simple, rapide, accessible», ses mêmes rêves: récolter le maximum d’intentions d’investissements. mais également, et surtout, le même contexte politique, cette fois trop négativement chargé : le retrait de l’opposition de la Commission électorale indépendante (Cei) par la faute du pouvoir. un retrait que des observateurs de la vie politique ivoirienne traitent de mauvais signal pour les investisseurs. Car cette situation ne donne pas de lisibilité rassurante pour l’avenir. Que va-t-il se passer demain si j’investis aujourd’hui ? telles sont les préoccupations des potentiels investisseurs au regard de l’actualité politique.  Le mauvais climat politique en cours est une situation qui dessert gravement l’image du pays auprès des hommes d’affaires n
J-s LIA
Source: Notre voie n° 4809 du mardi 9 septembre 2014




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