La Coordination du FPI en exil accuse et condamne les massacres de Duékoué

Mercredi 25 Juillet 2012 - 06:50


La Coordination du FPI en exil accuse et condamne les massacres de Duékoué
DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL SUITE AUX MASSACRES DE DUEKOUE
 
 
Le vendredi 20 juillet 2012, les populations malinké du quartier KOKOMAN à DUEKOUE, armées de machettes, d’allumettes, d’essence et de fusils, appuyées par des miliciens pro-OUATTARA, des FRCI et des DOZO ont brulé, égorgé et fusillé des dizaines de réfugiés wè du camp des déplacés de NAHIBLY. L e nombre exact de morts n’est pas encore connu, la Croix Rouge, venue immédiatement pour ramasser les corps, a subi des tirs nourris pour les en empêcher.
Le samedi 21 juillet 2012, accompagnée des forces de l’ordre, la Croix Rouge ramasse 13 corps et ne retrouve point certains corps qu’elle avait repérés la veille.
Des rescapés rapportent que 60 jeunes ont été transportés par 3 cargos des FRCI pour être exécutés et 16 autres, faits prisonniers, ont été exécutés à côté des fosses creusées au préalable par les FRCI. Un parmi eux, ayant fait le mort, est venu rendre témoignage.
D’autres cadavres ont été découverts dans des puits dans la ville et la course poursuite a continué jusqu’en pleine brousse. Certaines sources dont la cellule wè de DUEKOUE ont dénombré déjà 200 morts, chiffres non encore exhaustifs.
Ce massacre fait suite aux massacres de 2002 puis à ceux de Petit Duékoué et Guitrozon en 2006 et au génocide de 2011 commis par la même combinaison d’alliés.
La première de cette série noire a amené le Président Laurent GBAGBO à lancer un appel au secours à la Communauté Internationale comme force impartiale pour désarmer les agresseurs.
L’ironie veut que l’agressé ayant demandé l’aide de la Communauté Internationale se retrouve aujourd’hui devant la Cour Pénale Internationale (CPI) et ses proches collaborateurs en prison pour génocide et crime contre l’humanité tandis que l’agresseur est surarmé par cette même Communauté Internationale pour continuer la série noire. Mais jusqu’à quand ?
La réaction du régime actuel, auteur et bénéficiaire principal de cette agression est des plus surprenantes.
En effet, tandis que les gendarmes, après une fouille le même jour du crime, ont découvert pour seules « armes de défense » des masques traditionnels brûlés, les FRCI quant à eux découvrent, le jour suivant, des kalachnikovs sorties des cendres desdits masques qu’ils brandissent pour justifier leur intervention. Là où la population malinké dit avoir découvert du sang au sol les conduisant de leur quartier au camp de NAHIBLI, le porte-parole du ministère de la défense lui, fait surgir des pro-GBAGBO responsables de l’agression des malinkés ayant déclenché le courroux de ces derniers.
Le Ministre délégué à la défense rejette la responsabilité sur l’ONUCI après que son chef Alassane OUATTARA ait prêté serment sur la constitution ivoirienne pour assurer la sécurité de chaque citoyen ? Dans un état démocratique normal et moderne donc responsable, cela serait une déclaration suffisante pour être démis de ses fonctions ! Mais la démocratie imposée, ignore certainement les valeurs démocratiques !
Le ministre délégué à la défense poussant le ridicule jusqu’à excuser les agresseurs sous prétexte qu’ils ont été aussi agressés, oubliant ainsi les principes républicains de la séparation des pouvoirs prescrivant que « nul ne peut se faire justice ». Pour un serviteur du parti censé rassembler les républicains de Côte d’Ivoire, notre surprise ne peut qu’être que plus grande !
Ainsi va la démocratie et la République issues des bombes françaises…
Le représentant de l’ONUCI a fait un pas en condamnant cette agression. L’Union Européenne en a fait autant ainsi que les ambassadeurs des Etats-Unis et de la SUISSE. Cela tranche évidemment avec l’ensemble des sanctions qui ont frappé le régime GBAGBO pour des crimes supposés dont les 6 femmes d’ABOBO ayant déclenché la résolution 1975 du conseil de sécurité de l’ONU.
Les pro-GBAGBO sont condamnés par les mêmes acteurs sans enquête comme co-auteurs indirects. Pour le cas du génocide wè, les auteurs, coauteurs directs et indirects se déplacent en arme devant eux sans aucun permis de port d’arme et sont reçus dans tous les palais du monde mais restent invisibles aux yeux de la Communauté Internationale qui demande une enquête aux responsables des crimes.
La France, la CPI et M. Ouattara gardent le silence en attendant probablement le résultat de ces enquêtes.
Le mauvais diagnostic sur le virus responsable des crimes en Côte d’Ivoire depuis 2002 ne peut que prolonger la souffrance du peuple ivoirien. Après avoir écarté du pouvoir le régime GBAGBO indexé comme l’unique responsable des crimes, la Côte d’Ivoire continue de sombrer dans l’insécurité. Restreinte à la zone Centre, Nord et Ouest de la Côte d’Ivoire de 2002 à 2010, l’insécurité s’est généralisée au Sud : Abidjan, Sikensi, Arrah etc. sont les théâtres presque quotidiens de criminels baptisés FRCI après avoir désarmé les professionnels de la sécurité et de la défense: gendarmes, policiers et militaires formés à cet effet. La justice des vainqueurs (CPI, justice ivoirienne), la communication des vainqueurs (France 24, RFI, TV5, CNN, Africa 24 etc.) et la communauté internationale des vainqueurs (CEDEAO, ONU, UE etc.) continuent la série noire commencée depuis 2002.
La coordination FPI en exil, de manière vigoureuse, condamne ce massacre qui n’est malheureusement pas le dernier tant que le vrai diagnostic n’est pas effectué.
La coordination FPI adresse ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées.
La coordination FPI dénonce la complicité active des forces ONUSIENNES et des forces LICORNE dont la présence sous le chapitre 7 des statuts des Nations Unies a démontré l’instrumentalisation de l’ONU dans les conflits mondiaux au profit de certaines grandes puissances dont la France dans le cas de la Côte d’Ivoire.
La coordination FPI interpelle une fois de plus toute la communauté internationale, et l’invite à prévenir plutôt qu’à guérir en mettant fin à la justice des vainqueurs et en prenant des sanctions contre les vrais responsables des crimes qu’ils côtoient et reçoivent chaque jour.
La coordination FPI en exil appel à l’unité d’action toutes les filles et fils du pays, du Nord comme du Sud, de l’Ouest comme de l’Est en passant par le Centre ainsi que tous les étrangers vivant en Côte d’Ivoire à se donner la main pour vaincre le virus de l’insécurité, de la division et du tribalisme en Côte d’Ivoire car personne ne gagne à terme dans ce jeu d’autodestruction programmé par la France-Afrique.

Fait à Accra, le 24 Juillet 2012
Pour la coordination FPI en exil
Le coordonnateur et porte-parole
 
Dr ASSOA ADOU
 
 
 
 
 
 
 
 




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