La CEDEAO met la vie de ses populations en danger

Mardi 3 Juillet 2012 - 04:05


Chefs d'Etats de la CEDEAO
Chefs d'Etats de la CEDEAO
La Cedeao est dans tous ses états. Cette Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest n’a jamais été aussi ridicule dans son impuissance à régler une crise. Est-ce parce qu’elle s’est donnée pour la première fois un président ivoirien que la force du dicton qui dit : « celui qui règne par les armes périt par les armes » s’impose ? Ou bien, est-ce parce qu’elle n’a pas mesuré la portée de cette parole de sagesse du président Laurent Gbagbo qui disait ceci « quand la maison du voisin brule, aide-le à éteindre le feu de peur qu’il ne se propage et n’atteigne la tienne » ? Dans tous les cas, la Cedeao est prise au piège de ses propres turpitudes. Après avoir porté à bout de bras la rébellion ivoirienne et soutenu l’insoutenable dans la crise postélectorale en Côte d’ivoire, la voilà incapable aujourd’hui de recourir à ses propres panacées. Depuis le déclenchement de la crise malienne, elle tient réunion sur réunion pour prendre des décisions aussi farfelues les unes que les autres. Dès le coup de force du capitaine Sanogo, sans comprendre pour quoi un pareil coup de force, à seulement un mois d’une élection présidentielle, elle a appelé au retour de l’ordre constitutionnel. Sur un ton très arrogant, Ouattara avait même dit qu’il ne tôlerait pas que prospère à sa frontière nord un putsch. La même Cedeao, toujours sans solution ou avec les solutions de Ouattara, reviendra, contre la même constitution, imposer au peuple malien un mandat d’un an pour Dioncounda Traoré. Ce dernier contesté par la junte reste actuellement introuvable. Et comme si elle ne pouvait pas se départir d’une méthode qui apparemment ne marche pas, la Cedeao vient de se réunir pour une énième fois à Yamoussoukro pour prendre des décisions incongrues et lancer des diatribes. Elle exige que le président Dioncounda Traoré revienne de France comme si quelqu’un l’y retenait. Elle décide que le capitaine Sanogo est déchu de son titre d’ancien chef d’Etat comme si cela pouvait servir de solution à la profondeur de la crise malienne. Et comme si la sagesse avait vraiment quitté cette organisation sous régionale, elle vient de décider de l’envoi d’une force militaire contre les mouvements islamistes du nord-Mali, obstruant ainsi toute voie de négociation et de dialogue avec les parties en conflits. La négociation « ne serait pas possible avec les terroristes ». La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre. Les mouvements islamistes d’Ansar Dine et du Mujao qui ont actuellement le vent en poupe en chassant les «indépendantistes » du MNLA de Gao et de Tombouctou et que la Cedeao qualifie de terroristes pour appâter l’aide américaine, viennent d’envoyer un message bien clair à tous les chefs d’Etat de la Cedeao. Tout Etat ouest africain qui apportera son concours à la Micema (Mission de la Cédéao au Mali) verra sur son sol la manifestation d’actes terroristes. Cette menace est inédite. Et nous notons qu’elle est consécutive à la démarche, depuis toujours ambigüe, et ces derniers temps cavalière, de la Cedeao. Les attentats à la bombe ou autre que nous avions l’habitude de voir à la télévision, et qui paraissait si loin et si étrangers vont bientôt entrer dans notre quotidien. Pour les Ivoiriens, c’est une situation assez ubuesque. Il a fallu attendre l’arrivée d’un « houphouëtiste » au pouvoir en Côte d’Ivoire et à la tête de la Cedeao pour que la notion de dialogue devienne taboue et que la voix des armes occupe tout l’espace diplomatique.

Joseph Marat

 
 
 




Tags : cedeao

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