L'ombre du Zèbre

Jeudi 6 Mars 2014 - 07:48


L’ombre d’un zèbre n’a pas de rayures.Elle n’est qu’une ombre, elle n’est jamais le zèbre lui-même.Quand alors l’ombre d’un zèbre se projette et se matérialise quelque part, le zèbre est toujours ailleurs.C’est donc en vain que le RDR a tenté de faire croire aux ivoiriens qu’Alassane Dramane Ouattara est revenu en Côte D’Ivoire après sa très polémique opération chirurgicale de la sciatique en France.En réalité, celui qui est descendu de l’avion le 02 mars 2014  à  l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, n’est pas celui qui était parti, c’est bien plutôt son ombre.

Alors que les militants et sympathisants du RDR manifestaient bruyamment leur joie de l’avoir de nouveau parmi eux, Alassane Dramane Ouattara était en réalité ailleurs.Et ceci se répétera sans doute aussi au palais présidentiel, aux différents Conseils des Ministres et aux grands rendez-vous de l’état où sa présence s’impose.Les militants et sympathisants du RDR doivent ainsi ouvrir les yeux pour savoir qu’Alassane Dramane Ouattara les a désormais quittés définitivement, même si son ombre pourrait encore continuer d’errer ici et là pendant un certain temps encore avant de rejoindre les ténèbres.Dramane ne sera donc plus jamais le même.

Il ne sera plus l’arrogant mossi qui montait et descendait les marches des escaliers quatre à quatre, ni celui qui se vantait de sa virilité pour avoir réussi à dompter et à séduire l’insatiable et mystérieuse épouse blonde du Bélier de Yamoussoukro.Il ne sera plus jamais le prétentieux parrain des rebelles qui manipulait tout le monde au plan national et international, décrétait des embargos jusqu’aux produits pharmaceutiques, ordonnait l’assaut sur Abidjan et supervisait le bombardement de la résidence présidentielle pour capturer mort ou vif le président Laurent Gbagbo.

En un mot comme en mille, Ouattara ne sera plus jamais Alassane, et  vice-versa.Il est fini et bien fini.A partir de maintenant, il  est condamné par sa maladie à vivre son drame dans sa chair et dans son âme en attendant sa fin.Le RDR qui caressait l’espoir déclaré de l’utiliser encore pour 20 ans, aura donc lamentablement échoué sur toute la ligne.La liesse populaire mise en scène de manière grotesque lors de l’accueil réservé à cette triste ombre qui marche n’a en effet pas empêché le monde entier de voir qu’Alassane Dramane Ouattara, de retour de son opération en France, n’est plus et ne sera plus jamais le même.

Au-délà de cette foire hérétique organisée en guise d’accueil et qui a rassemblé chômeurs, analphabètes, criminels, délinquants, vendeuses et revendeurs ambulants, c’est d’ailleurs un véritable supplice populaire qui a été infligé ce jour-là à l’aéroport au malheureux mort-vivant qu’était devenu subitement Dramane Ouattara.Après une descente pesante et très douloureuse de l’avion, tout indique en effet que celui-ci a regardé presqu’avec terreur tous ces individus bizarres venus l’accueillir comme des apaches excités dansant leur danse macabre du scalp autour d’un poteau de torture auquel il serait attaché.

Après s’être évadé de l’hôpital parisien où il devait en principe observer un repos médical suite à sa très délicate opération chirurgicale, Ouattara n’avait en effet nullement besoin de ce tintamarre à son retour à Abidjan.La preuve, il serait déjà en train de refaire ses valises pour repartir à l’hôpital à Paris.Le grand risque pour le pays et pour le peuple est cependant de voir ce cirque perdurer et empêcher toute avancée dans le processus de normalisation de la situation socio-politique en Côte D’Ivoire.
 
Après la grave crise politico-militaire que le pays a vécue pendant plus d’une décennie par la faute de la rébellion sanguinaire qu’il a créée, la mise en oeuvre des grandes décisions doit en effet passer maintenant et rapidement à la vitesse supérieure pour éviter l’irréparable.Dans un pays aussi brisé comme le nôtre, la sagesse aurait même recommandé de penser déjà à la succession et ne pas attendre l’ouragan.Que tentent de démontrer Ouattara et ses sbires en s’accrochant à un fauteuil présidentiel volé pendant que des urgences sérieuses se signalent?

Le retour précipité du chef de l’Etat a d’ailleurs ajouté considérablement à la confusion car l’ombre du grand malade planera dorénavant sur tous les grands chantiers de l’état, alors que le pays reste toujours bloqué.Le processus de réconciliation nationale est toujours dans l’impasse, l’insécurité et de réelles tensions persistent. Le désarmement des ex-combattants est toujours loin d’être une réalité tandis que les chasseurs dozos continuent de réfuser de retourner dans leur aire géographique d’origine.

Les libertés et les droits sont toujours piétinés, les exilés et réfugiés sont toujours ignorés, les avoirs des partisans du président Laurent Gbagbo sont toujours bloqués, les problèmes du foncier et de la nationalité demeurent toujours en suspens, l’indispensable consensus pour rendre les prochaines élections véritablement démocratiques et transparentes n’est toujours pas trouvé, le problème de la nationalité de Ouattara lui-même n’est toujours pas résolu.

La vérité est que, préoccupé au plus haut point aujourd’hui par l’extension rapide dans son corps du mal pernicieux qui continue de le ronger et pourrait très bientôt l’emporter dans la tombe, Alassane Dramane Ouattara n’a désormais ni l’envie, ni la capacité nécessaire de penser au présent et au futur de cette Côte D’Ivoire qu’il a mélangée, déchirée et défigurée.La seule chose qui le préoccupe actuellement et pour laquelle il semble d’ailleurs avoir été aidé à se tenir encore sur ses pieds, c’est de permettre à la mafia internationale de récupérer en espèces ou en nature l’argent qu'elle a investi dans le soutien multiforme qu’elle lui a apporté dans sa conquête armée du pouvoir d’état.

Si l’on commence alors à parler depuis un certain temps de la probable sortie des rebelles de la CEI et même du départ de ce gros menteur de Youssouf Bakayoko de la tête de cette importante institution, force est de reconnaître que la liste des chantiers en attente reste toujours longue.

Face à l’ampleur des tâches et dans ces conditions que nous connaissons, personne ne doit attendre des solutions concrètes d’un homme qui a déjà un pied dans la tombe.Que pouvait-on attendre véritablement d’un Ouattara gravement malade qui n’est désormais que l’ombre de lui-même?Un parti aussi irresponsable et hypocrite comme le RDR qui en réalité n’a aucune idée de ce que l’on appelle être républicain, peut-il éviter une autre crise majeure à notre pays?

Combien de temps encore l’ombre fantomatique d’Alassane Dramane Ouattara va-t-elle continuer de hanter le palais présidentiel ivoirien?Très certainement la France et les États-Unis le savent déjà et pourraient le moment venu accompagner l'inévitable transition qui se profile à l’horizon.En attendant, c’est un Ouattara au visage totalement pâle et à l’aspect cadavérique qui accueille son complice Blaise Compaoré, ombre comme lui parmi les ombres.A quand la fin du ballet des ombres qui marchent?

Libre opinion, une contribution de:
Océane Yacé, Politologue, Monaco
oyace84@gmail.com




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