L’ombrageux Alassane Ouattara et ses paradoxes

Samedi 19 Mai 2012 - 08:00


L’ombrageux Alassane Ouattara et ses paradoxes
Chacun de nous a vu, ne serait-ce que dans les films westerns, le comportement du cheval quand il aperçoit sa propre ombre. Il saute de côté et lève anormalement ses pattes de devant. Ce mouvement signifie qu’il a peur. Parfois il pousse un cri quand il entend un bruit. C’est de cette même façon que M. Alassane Ouattara se comporte. Jamais un homme qui se prétend chef n’a vraiment égalé la panique qui s’empare de ce Monsieur-là dès qu’il entend un petit bruit inhabituel de pétard. Notre incrédulité nous a amené à le défendre en disant que la prudence vaut mieux que la témérité qui ne saurait être confondue avec le courage. Malheureusement, l’on nous a opposé que si M. A. Ouattara avait été à la place de M. Laurent Gbagbo, au moment où les premières bombes françaises ont commencé à éclater sur la résidence présidentielle, il se serait sauvé en abandonnant famille et amis. On nous a même donné l’exemple du temps où il était dans l’opposition ; il avait sauté par-dessus le mur mitoyen qui le sépare de la résidence de l’ambassadrice d’Allemagne, pour se mettre à l’abri, au vu des militaires aux premières heures de la rébellion.
Alors devant ces faits cités qui sont apparemment vrais, nous nous sommes posé la question de savoir, comment un tel homme peut-il se prendre pour le chef suprême des chefs de guerre ? D’aucuns disent même qu’il aurait promis à ses supplétifs des miliciens dits forces nouvelles, la mise à disposition de chacun, la coquette somme d’argent de cinq millions de nos francs et d’une villa. Si cela est vrai, il est évident que ce n’est pas la promesse d’un Peureux, car il a eu au moins trente neuf mille miliciens rebelles et dozos compris, il aura à débourser une fortune, par ces temps de vaches maigres… A cette remarque, notre interlocuteur s’exclama pour dire que la présence prolongée dans les villes et les villages des dozos et Frci qui narguent le pouvoir et défient l’autorité de M. Ouattara n’est pas un fait du hasard. M. ADO-solution est coincé. Où prendra-t-il l’argent pour désintéresser tout ce monde ? Autrement dit, la guerre est finie depuis la victoire militaire de Nicolas Sarkozy sur Laurent Gbagbo, comment peut-on encore s’expliquer la présence de ces individus venus combattre l’ex-régime ? M. Ouattara est à la fois autoritaire et violent dans le propos, mais il a une peur bleu de ses propres ouailles qui ont la gâchette facile. Ainsi, plus le point d’achèvement de l’initiative de pays pauvres très endettés est reculé (PPTE), plus les dozos et les Frci tarderont à quitter les rues où ils font des exactions en toute impunité. Devant l’évidence, nous sommes amenés à comprendre que les Frci qui depuis un an n’ont aucun traitement (financier) de la part de leur mentor, multiplient les braquages, pis, se muent en coupeurs de route tous azimuts. Le régime Ouattara a très bien identifié tous ces malfrats cependant, il ferme les yeux sur leurs faits et gestes. Mais alors pourquoi limoge-t-il systématiquement tout fonctionnaire qui fait l’objet d’un manquement, tel que les deux officiers supérieurs de la gendarmerie de Korhogo et les deux gardiens de prison de la MACA et d’Agboville ? Il paraît que c’est son paradoxe qu’il cultive qui amène M. Ouattara à exiger plus, d’autrui que lui-même ne peut faire.
 
Le paradoxe d’Alassane Ouattara.
 
Nous avons lu dans les journaux que les agents des anciennes forces de défenses et de sécurité qui ont répondu positivement à son appel de reprendre du service, ont été désarmés par le régime Ouattara. Ainsi, dans les commissariats et gendarmeries, les vrais agents formés par l’État pour assurer la protection du peuple, sont à la merci des barbouzes de M. Ouattara. Dans ces conditions, pourquoi ne change-t-il pas l’appellation des militaires qu’on nomme gendarmes, étant donné qu’ils n’en possèdent point ? Ils sont purement et simplement des commis des FRCI au même titre que les commis de sous-préfecture ! On nous a répondu que cela est vrai, mais M. Ouattara a peur, il ne fait pas confiance aux anciens agents des forces de défense, donc ils ne doivent pas être armés. Pourtant, ses affidés ont fait courir le bruit qu’aux dernières présidentielles, les militaires ont voté à 60% pour Alassane Ouattara dans les casernes, donc naturellement ceux qui sont revenus prendre du service, sont d’abord ceux qui étaient en phase avec lui, comment peut-il les faire complètement désarmer puis les laisser travailler avec les rebelles et dozos dont lui-même a peur ? Les policiers sont laxistes, cela s’explique aisément, car ils n’ont pas d’armes pour se défendre en cas d’agression. Or, M. Alassane Ouattara sait bien que la corporation des FRCI-dozos rime avec le grand banditisme par son fait, pourquoi voudrait-il que les gardiens de prisons désarmés s’offrent sur l’autel de sa propre sécurité ? Que vaut un gardien de prison sans arme devant un bandit de grand chemin ? Circonstance aggravante, quand des Frci surarmés viennent forcer les portes des prisons pour libérer leurs frères de corporation, M. Ouattara voudrait-il que les gardiens fassent du zèle pour se faire tuer ?
Si sa crainte maladive est justifiée, le coup fatal, ne viendra pas de ceux et celles que M. Ouattara soupçonne, mais plutôt de ses affidés. Ce sont des pères de famille détournés de leurs occupations habituelles par l’idée d’avoir une villa et cinq millions de francs CFA en espèce. Combien de temps pense-t-il que cela va durer à les tourner en bourriques ? De plus, les putschs en Guinée-Bissau et surtout au Mali promettent à terme de lui faire la peau pour trahison, car ils ont aidé plus ou moins à l’installer au pouvoir et il n’a que le mot sanction à la bouche contre leurs peuples. Trois cents militaires français pour sa protection, c’est beaucoup, mais aussi très peu face à un peuple qui, se soulevant, bouscule tout au passage comme un tsunami. M. Alassane Ouattara oublie-t-il qu’Anouar El-Sadate était l’homme le plus protégé au monde, mais cela n’a pas empêché son assassinat. La psychose à tout moment ne règle rien, le tout est de savoir raison garder.
Louis-Freddy Aguisso
 




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