L’introuvable magicien de l’économie nommé Alassane Dramane Ouattara

Dimanche 7 Février 2016 - 09:02


Autrefois ADO, il a fait supprimer la lettre D qui désignait Dramane. Ainsi, pour l’ordinateur, ADO n’est pas Alassane Ouattara. Il y aurait donc deux personnes, chose qu’on ne manquera pas de lui demander lors de son prochain séjour à La Haye en tant que pensionnaire. Mais là n’est pas la raison évidente qui motive ce titre.
Au début des années mille neuf cent quatre vingt dix, on nous a chanté à l’envi, l’arrivée d’un certain Alassane Dramane Ouattara, vrai prodige en économie. Dès les premières mesures prises en sa qualité de premier ministre, la classe politique ivoirienne  se divisa. Ceux qui pensent sans raison que, seuls les gens venus de l’étranger peuvent apporter des solutions magiques aux problèmes du cru, ont continué de voir en ADO un vrai messie. Des ressortissants du Nord sont allés jusqu’à dire de lui qu’il est né pour sauver la Côte d’Ivoire. En langue malinké, on l’a alors appelé un «  na kan man  »  ; traduisible par le vocable messie.
D’autres Ivoiriens ayant la tête sur les épaules et les pieds bien plantés au sol, se sont très vite méfiés du «  brave tchè  » comme ayant une réputation plutôt surfaite. L’individu étant tout aussi vide que le tombeau de Confucius. Ignorant complètement le sacro saint principe de l’égalité de tous devant la loi, l’homme providentiel institua chez les enseignants des salaires à double vitesse  ; à savoir, même effort, même métier, mais différents niveaux de rémunération entre eux.
Adepte d’un libéralisme outrancier, là ou le paysan Houphouët-Boigny avait prôné le capitalisme d’Etat, le messie a fait fi de la fragilité de notre économie nationale pour faire la part belle aux capitalistes. Ainsi, comme prime à son savoir-faire, la dévaluation du FCFA a sanctionné sa politique économique.  Il en a été le grand bénéficiaire personnellement, et comment  ? Dans cette affaire,  personne ne l’a accusé de délit d’initié, quand il a fait rapatrier tous ses fonds au lendemain de la dévaluation,  ce qui a doublé ses gains automatiquement ...Bref.
En fait de magie économique, il avait le devoir d’assainir les comptes ivoiriens, mais on a vu le même homme et/ou ses proches, acheter les biens de l’Etat qu’il a vendus au franc symbolique. Alors des voix se sont encore élevées pour dire que l’économie n’est pas une science exacte, quand d’autres économistes ont critiqué cette façon de faire. L’audit de cette gestion n’est pas encore fait, et voici que l’homme obnubilé par  son autosatisfaction d’avoir sorti la Côte d’ivoire  selon lui, des difficultés, s’intéresse désormais à la présidence de ce pays.
Beaucoup d’Ivoiriens sont jusque là restés endormis. Maladroitement, le «  brave tchè  » au mépris de la loi fondamentale, va entrer en compétition avec le dauphin constitutionnel qui n’est autre qu’Henri Konan Bédié. Il perdra d’ailleurs  ce bras de fer qui lui servira de prétexte pour dire qu’on ne veut pas de lui parce qu’il est musulman et de surcroit d’origine nordique. Et pourtant, il eut été plus courageux de dire que des voix s’opposaient  à sa gouvernance, parce qu’il était  soupçonné d’appartenir au nord du Nord de la Côte d’Ivoire. Au lieu d’apporter la preuve tangible contraire aux allégations qui le présentent comme un étranger, grand affabulateur, il finira par se faire passer pour une victime voire pour le porte-parole des exclus du système, notamment les habitants de la Côte d’Ivoire d’origine étrangère... Il utilisera la méthode Cauet pour se faire admettre sur le plan international comme n’étant pas concerné par ce qu’il faut appeler l’ivoirité politique mortifère.
Piétinant la constitution ivoirienne pour soumettre tout le monde à sa volonté, il a multiplié les tentatives de coups d’Etat, menacé de rendre le pays ingouvernable et tutti quanti. Retors en communication mensongère, il a floué la communauté internationale en arrivant au pouvoir par un autre coup d’Etat mais électoral. Son programme politique le mieux connu que constitue son carnet d’adresse, continue d’endormir ses partisans. Ainsi, des banquiers de renommée internationale comme Christine Lagarde et autres, viennent faire de la communication pour faire croire que la Côte d’Ivoire est sur le bon chemin. A l’horizon 2020, ce pays disent-ils, sera (un pays) émergent économiquement comme si cela se décrétait. Reprenant les projets ficelés par ses prédécesseurs, il s’en octroie la paternité. D’où il peut se vanter d’avoir été un grand bâtisseur de ponts et autres. Il oublie que s’il n’avait pas gêné les autres au cours de leurs mandats, ils auraient fait mieux que lui... Ce qui achève de ruiner l’espoir de ses thuriféraires, ce sont les gaffes récurrentes qu’il commet à chaque fois qu’il ouvre la bouche. Le pire est qu’il nie toujours n’avoir pas acté encore moins dit les choses qu’on lui impute.
Primo, il a déclaré à Paris au mois de Janvier 2013, que les nominations à consonance nordique exclusive est un rattrapage ethnique. Quelques jours plus tard, revenu sur les bords de la lagune Ebrié, il niera tout cela en bloc.
Secundo, il a crié urbi et orbi n’avoir pas de prisonniers politiques dans les geôles ivoiriennes.  Il n’y a pas si longtemps, on l’a entendu parler de grâce présidentielle concernant les prisonniers politiques y compris ceux qui n’ont pas encore été jugés.
Tercio, comme à son habitude, il continue de penser que lui seul a un cerveau qui fonctionne correctement. Il vient encore de déclarer la guerre à la procureure Fatou Bensouda, en disant qu’il n’enverra plus d’Ivoiriens à la Cour Pénale Internationale. La raison fallacieuse avancée fait rire même les mouches.  Hier en 2013, il disait que les tribunaux ivoiriens étaient aptes à juger tout le monde, cependant  en 2014, il s’est contredit en  envoyant Charles Blé Goudé à La Haye. En février 2016, il continue de soutenir qu’aucun Ivoirien n’ira à la CPI, quand il est question d’enquêter sur les crimes commis par ceux de son camp. Se faisant, il donne raison à Charles Blé Goudé qui dit que lui et Laurent Gbagbo sont à La Haye pour éloigner des adversaires redoutables de la scène politique nationale. Sinon, comment comprendre qu’on veuille juger certains des acteurs des mêmes faits et crimes à La Haye pendant que d’autres seront jugés par des pseudo-juges qui appartiennent au même camp que les malfrats à poursuivre  ? A l’évidence, ce que ADO croit que le monde entier ne sait pas, c’est que  ses partisans qui ont tué et violé, l’ont fait pour lui et sous son autorité. Soro Guillaume n’est qu’un lampiste, il venait d’abandonner  l’université  et n’avait pas d’argent pour lever et entretenir une troupe forte de plus de trente neuf mille combattants et combattantes quand la crise est née. Donc, ADO a peur d’aller rejoindre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à La Haye. Il peut donc se gondoler à l’envi, mais les gens de son camp étant poursuivis pour crimes contre l’humanité, finiront par être récupérés par la CPI, car ces crimes sont imprescriptibles. D’ailleurs, cette cour de La Haye, pour redorer son blason, sera tôt ou tard forcée de lancer des poursuites contre les dirigeants français dont Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy  dans l’affaire ivoirienne, pourvu qu’un juge ait le courage de le faire avec la vérité que le procès en cours véhicule. Ainsi ADO, le missionné du grand capital, connaîtra les affres de la prison pour la première mais aussi pour l’ultime fois. Tous ses soutiens maffieux tombent progressivement car nul ne peut échapper à son destin.

          
          Julius Blawa Aguisso
 




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