L'intégralité de la plaidoirie de Maître N'Dri Claver, Avocat de Blé Goudé

Vendredi 3 Octobre 2014 - 13:31


1.Madame le Président, Mesdames les Juges, étant entendu que je suis le premier Ivoirien à prendre la parole dans cette salle pour une affaire qui concerne mon pays, je prie que votre Cour me permette de m'incliner sur la mémoire de toutes les victimes de la crise ivoirienne...(Temps de silence). Je vous remercie.
 2.Madame le Président, Mesdames les Juges, il existe des moments de l'histoire où les évènements qui surviennent révèlent un homme qui y inscrit son nom soit du mauvais côté en posant des actes détestables soit du bon côté en posant des actions qui répondent aux aspirations du peuple.
3.On aurait beau essayer de ré- écrire l'histoire de ces leaders qui ont inscrit leur nom du bon côté en tentant de falsifier les faits, leurs meilleurs défenseurs, ce ne sont pas leurs avocats mais leurs actions écrites comme des lettres indélé- biles.
 4.Madame le Président, Mesdames les Juges,
5.les actions posées par monsieur Charles Blé Goudé durant la crise ivoirienne suffisent à elles seules pour faire écrouler l'édifice du procureur dont le vecteur directeur de l'enquête, si et seulement si il y a eu une enquête, a été de faire du suspect de la présente affaire ce qu'il n'est pas.
6.Contre un document contenant les charges, trop engagé, trop partial et malheureusement pour le procureur, trop faible pour porter la valise de la vérité, nous allons restituer à l'histoire son histoire.
7.Le 19 Septembre 2002, une tentative de coup d'Etat a lieu en Côte d'Ivoire alors que le Président Laurent GBAGBO se trouve en voyage en Italie.
8.Cette tentative échoue et se transforme en rébellion armée qui occupe une partie du territoire na- tional. 9.Contre la barbarie des armes l'on assiste à l'émergence d'une société  civile qui condamne la prise du pouvoir par la force.
10.Parmi les animateurs de cette société civile, se trouve un jeune homme de 30 ans à cette époque qui était à l'Université de Manchester et qui a décidé de rentrer au chevet de sa mère patrie qui venait d'être infectée par le virus de la ré- bellion.
11.Dans l'avion qui le ramène sur la terre natale, une question lui revient sans cesse: "Que dois-je faire pour mon pays ce que je dois?"   
12.A son arrivée, Charles Blé Goudé crée l'Alliance de la Jeunesse pour le Sursaut National (AJSN) qui n'est ni une organisation militaire ni une organisation para- militaire comme veut le faire croire le procureur mais il s'agit d'un ras- semblement de plusieurs organisations qui partagent les valeurs démocratiques d'accession et d'exercice du pouvoir d'Etat.

 13.Contre la sauvagerie de la rébel- lion armée, Charles Blé Goudé fait une option qu'il exprime ainsi dans son Livre intitulé D'un stade à un autre. Il dit très clairement et je cite: " Je fais mienne cette maxime porteuse d'une grande sagesse:"Plutôt que de vaincre un ennemi, il vaut mieux le convaincre car un ennemi convaincu est un ami à vie. Par contre un ennemi vaincu revient toujours sous une forme ou une autre". Convaincre et non vaincre, tel doit être notre leitmotiv." Fin de citation. Nous montre- rons tout au long de notre intervention que ces propos de monsieur Charles Blé Goudé loin d'être un discours vide, étaient bien au contraire le ciment de ses actions.

14.Pour partager à ses concitoyens ses opinions comme tout homme en a le droit et pour faire échec à la rébellion armée, Charles Blé Goudé utilise la seule arme par laquelle il est entré en politique qui est la même qui lui reste aujourd'hui: la parole. Ce charisme, la parole, qui est érigé  par le Procureur comme un instrument ayant été mis au service d'une mystérieuse structure ayant conçu un plan commun auquel aurait participé le suspect. Un Proverbe Africain nous enseigne que "lorsqu'on veut accuser quelqu'un ses atouts sont présentés comme des dé- fauts." Je retrouve une illustration parfaite de la vérité de ce proverbe africain ici avec le document contenant les charges contre monsieur Blé Goudé. Le charisme de la parole est vu comme un crime par le procureur. Même le bénéfice d'une bourse d'étude financée par la présidence de son pays est honteusement brandie comme preuve de sa proximité avec le Président Laurent GBAGBO et donc, selon le raisonnement du procureur comme faisant de monsieur Charles Blé Goudé un membre d'une entreprise criminelle. Pour information aujourd'hui, ils sont des centaines les Ivoiriens qui bénéficient de bourse d'études de la présidence de Côte d'Ivoire. Cela a été aux temps  des présidents Félix Houphouët Boigny, Henri Konan Bédié, et aujourd'hui avec monsieur Alassane Dramane Ouattara. Mais je comprends, le sens de toutes cette gesticulation, il faut beaucoup au procureur pour tenter de faire ou- blier les actions concrètes de monsieur Blé Goudé. Ce sera sans succès.  
15.Concrètement dans son agir sur le terrain, le 02 Octobre 2002, monsieur Charles Blé Goudé appelle tous les Ivoiriens, les Afri- cains, les démocratiques du monde entier à un grand rassemblement à la "Place de la République" au Plateau, une commune du District d'Abidjan pour dire non à la rébellion armée et pour dire non aux coups d'Etat en Afrique.
16.Ce grand rassemblement sera suivi de d'autres, les 02 Novembre 2002 et 03 Février 2003 toujours à l'initiative de monsieur Charles Blé Goudé.

17.A chaque fois à son appel, ce sont des centaines de milliers d'Ivoiriens, d'Africains et même de Français qui se rassemblaient pour exprimer de façon démocratique leur option afin de demander aux rebelles de déposer les armes.
18.Je pense que si ce que madame Bensouda a dit hier, à savoir que ce procès est un message fort contre tous ceux qui utilisent la violence comme mode d'accession et d'exercice du pouvoir d'état, si elle pense réellement ce qu'elle dit, il y a une personne devant qui elle devait tomber d'admiration: c'est monsieur Charles Blé Goudé. Parce que depuis 2002, jusqu'à la crise postélectorale l'objectif de monsieur Charles Blé Goudé a été de demander aux rebelles qui ont pris les armes pour renverser un prési- dent démocratiquement élu, de les déposer. Par un raisonnement inversé, les agissements de monsieur Charles Blé Goudé ont été tous analysés comme devant servir à faire demeurer monsieur Laurent GBAGBO au pouvoir. Pourquoi un tel raisonnement? Pourquoi le procureur a toujours interprété les actions de Blé Goudé comme faisant partie d'un mystérieux plan commun sans insérer vraiment ses actions dans leur véritable contexte à savoir faire échec à une rébellion armée par la voie de la mobilisation pacifique de ses concitoyens.

19.Madame le Président, Mesdames les Juges, vous remarquerez que pas une seule fois, le procureur n'a prononcé le mot rebelles. Il est mal à l'aise pour situer les actions de monsieur Blé Goudé dans leur véritable contexte. Le Procureur tente de vous faire croire autre chose. C'est pourquoi j'ai dit, il existe dans l'histoire des évènements qui révèlent un homme qui y inscrit son nom soit du bon coté avec de bonnes actions soit du mauvais coté par des actions détestables. Monsieur Charles Blé Goudé a été et monsieur Charles Blé Goudé est parce qu'il y a eu en Côte d'Ivoire une date que le procureur veut faire ignorer. Cette date c'est le 19 Septembre 2002 avec une tentative de coup d'état dont l'auteur n'est pas monsieur Charles Blé Goudé. Il était à l'Université de Manchester lorsque des individus ont attaqué son pays. Il est rentré pour s'opposer à une rébellion armée. Dans une société normale, un tel homme ne mérite t-il pas d'être salué? Et le procureur n'a pas honte d'affirmer que la vio- lence a commencé avec monsieur Charles Blé Goudé? Vous voulez adoucir ici aux yeux du monde les méfaits d'une rébellion armée et décidé de faire d'un homme qui a passé tout son temps a mobilisé ses concitoyens pour dire "non" à une rébellion armée comme l'auteur des tueries dans son pays? Quel monde voulons-nous? La violence a commencé avec monsieur Charles Blé Goudé? Quelle déformation de l'histoire? Le Procureur connait-il vraiment la Côte d'Ivoire. A-t-il entendu parler du "Commando Invisible"? Si vous avez en- tendu parler du "Commando Invisible" vous ne pouvez pas affirmer sans avoir une honte que c'est monsieur Charles Blé Goudé qui a envoyé la violence en Côte d'Ivoire.   

  20.Monsieur Charles Blé Goudé durant tous ces rassemblements n'a jamais demandé de s'attaquer à qui que ce soit. Jamais. Tout comme, il n'a jamais prôné une philosophie de prise des armes ou d'incitation à la violence comme l'affirme le procureur. Il ne croit qu'à une force pour changer le monde. C'est la force de la parole. Il est si convaincu de cette vérité qu'il lance un concept: "la résis- tance aux mains nues". Je l'ai dit il ne s'agit pas de parole en l'air. Ce concept se traduit dans les faits par des actes concrets.
21.Premier fait: Le Jeudi 04 Novembre 2004, après plusieurs accords de paix, les rebelles refusent toujours de déposer les armes alors qu'au nom d'un sacrifice extrême consenti pour la paix, ils occupent des ministères clés dans le Gouvernement GBAGBO. On a même ajouté pour trahir l'histoire et tromper l'intelligence de ne plus les appeler "Rebelles" mais "Forces nouvelles". Face à cette situation de refus de désarmement, les Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire (FANCI) déclenchent l'"Opération Dignité" en vue d'unifier le pays divisé en zone sous contrôle gouvernemental et en zone sous contrôle rebelle.

  22.Le Samedi 06 Novembre 2004 aucune opposition rebelle ne se manifeste sur le terrain. Tout est bien parti pour qu'en une semaine, le territoire ivoirien retrouve son unité et que la rébellion soit rangée au placard des souvenirs.
 23.C'est ce moment qui est choisi par les soldats français de la Force Licorne pour intervenir en freinant l'avancée des FANCI par la destruction de tous les hélicoptères de combats de l'armée ivoirienne. Pour justifier son intervention, l'armée française explique qu'au cours de "l'opération Dignité" une bombe serait tombée dans leur camp  "Descartes" à Bouaké et qu'elle aurait tué neuf (09) de ses soldats.

24.Devant cet acte inexplicable des soldats de la Force Licorne, les Ivoiriens s'interrogent. Ils ne comprennent pas surtout une chose: la présence suspecte des chars français aux alentours de la Résidence présidentielle. Les ordres semblent être sans ambigüité: se débarrasser du Président ivoirien Laurent GBAGBO.
25.C'est dans ces circonstances que monsieur Charles Blé Goudé, entouré de plusieurs membres de l'Alliance de la Jeunesse pour le Sursaut National (AJSN) lance un appel à la résistance pacifique contre cet acte des militaires français de la "Force Licorne" assimilé à un acte de violation de la souve- raineté nationale.
26.C'est le fameux appel lancé à la Radio Télédiffusion Ivoirienne qui fera date dans l'histoire de ce pays: " Si tu dors, réveilles-toi. Si tu manges, arrêtes de manger. Tous à l'aéroport pour libérer notre pays".
27.En lançant son appel ce soir là, monsieur Charles Blé Goudé précise ceci: "Je ne vous demande pas d'aller vous attaquer aux français qui sont chez eux à la maison et qui n'ont certainement rien à avoir dans la situation que nous vivons".

28.La suite de ce message est connu: échec du plan de la Force Licorne de destituer le président Laurent GBAGBO au prix du sang des résistants aux mains nues qui ont été pris pour cibles par les soldats de la Force Licorne.
29.Madame le Président, Mesdames les Juges, si la justice ne condamne pas sur des présomptions mais sur des faits établis, si chacun de nous doit répondre de ses actes à lui alors la question que je me pose à ce stade de mon intervention est celle de savoir si les mobilisations de ses concitoyens à manifester les mains nues pour dire non à la rébellion armée sont constitutives de crimes contre l'humanité?

30.Les crimes contre l'humanité est-ce le fait d'appeler ses concitoyens à sortir les mains nues pour empêcher la destitution d'un président? C'est une question que je pose en toute franchise mais qui est en réalité destinée en principal au procureur. Ce dernier n'a-t-il pas reçu des informations claires et nettes concernant les véritables auteurs des exécutions sommaires de gendarmes et de leur famille à Bouaké, à petit Duékoué, à Guitrozon, à Anonkoua-Kouté. Mais jusqu'à présent ces victimes attendent que le procureur nous fasse la preuve qu'il ne fait pas de politique. Pour l'instant, sa promesse de faire toute la lumière sur les évènements de la crise en Côte d'Ivoire est loin de son accomplissement. Parce que cette promesse faite hier par le procureur; il y a deux ans, nous l'avons entendu lors de l'audience de confirmation des charges contre le Président Laurent GBAGBO. Et jusqu'à pré- sent rien est fait. De toutes les fa- çons, les Ivoiriens dans leur majorité ne sont pas dupes: ils sa- vent que rien ne sera fait.

31.Je voudrai profiter à ce stade de mon propos par contre pour dire à madame la représentante des vic- times de bien vouloir rectifier ses propos lorsqu'elle affirme et je cite: "On retrouve la même origine ethnique de toutes les victimes". Je vous en supplie, ne vous enlisez pas sur ce terrain politique. Les victimes, dans mon pays, il y en a eu de tous les bords. Respectez la mémoire de toutes les victimes qui n'ont pas toute la même origine ethnique à moins que vous ne vous présentiez officiellement comme la représentante des victimes d'un camp. Alors je vous aurais comprise.
 
  32.Pour avancer dans mon déve- loppement concernant monsieur Blé Goudé. Je cite un deuxième fait qui illustre la réalité de la résistance aux mains nues. Aux termes de la Constitution ivoirienne, "les pouvoirs de l'Assemblée Nationale expirent à la fin de la deuxième session ordinaire de la dernière année de son mandat." Du fait de la crise ivoirienne de Septembre 2002,  le mandat quinquennal des parlementaires ivoiriens doit être réglée car ni la Constitution ivoi- rienne ni le Code électoral n'a prévu le cas où les élections des députés ne se tiendraient pas dans les délais prescrits.
33.Devant ce vide juridique, le Président Laurent GBAGBO interroge le Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire qui par une réponse référencée 2005/013/CC/SG du 15 Décembre 2005 émet l'avis selon lequel l'Assemblée Nationale devait rester en fonction et conserver ses pouvoirs.

34.Suite à une réunion tenue le 15 Janvier 2006, le  Groupe de Travail International pour la Côte d'Ivoire tire la conclusion selon laquelle le mandat des députés n'a pas à être prorogé (CIV-OTP-0063-3159). En se prononçant contre l'avis de pro- longation du mandat parlementaire, le Groupe de Travail International est entré en opposition avec l'avis donné par le Conseil Constitutionnel, une institution de la République de Côte d'Ivoire.

35.Devant cet imbroglio et jugeant ce fait comme une violation de la Constitution, loi suprême de tout Etat, monsieur Charles Blé Goudé décide de faire entendre sa voix sur le plan international. Il choisit l'Ambassade de France pour cible. Non avec une lance-roquette ni avec une ou un kalachnikov mais avec sur ses épaules un matelas, oui vous m'avez bien entendu un ma- telas pour y entamer une grève de la faim.       

36.Du mardi 17 Janvier 2006 au Jeudi 19 Janvier 2006, monsieur Blé Goudé, couché sur son matelas devant l'Ambassade de France décide de ne pas boire et de ne pas manger jusqu'à la satisfaction de ses principales revendications qui sont l'établissement d'un chronogramme clair et précis du désarmement et le maintien en place des institutions de la République dont l'Assemblée Nationale de son pays. Il est rejoint dans cette voie pacifique de revendication par des jeunes qui les mains nues se sont regroupés devant l'Ambassade de France.

37.L'intervention du Président en exercice de l'Union Africaine de cette époque, le Président nigérian de l'époque  Olusegun Obasanjo et l'implication de certaines autorités ivoiriennes parviennent à convaincre monsieur Charles Blé Goudé de mettre un terme à sa grève. Ce qu'il obtient par ce fait est considérable. L'Assemblée Nationale est maintenue avec tous ses pouvoirs. Une victoire obtenue non avec les armes mais au moyen d'une grève de la faim qui aurait pu le conduire au sacrifice suprême pour l'amour de sa nation.  

38.Madame le Président, mesdames les juges, quel est cet homme violent qui utilise ces moyens peu ordinaires de la violence pour agir? Le procureur a-t-il déjà vu un membre de Al Quaïda ou de Boko haram entamer une grève de la faim comme un moyen de revendication? Le procureur a- t-il déjà vu un terroriste ou un milicien entamer une grève de la faim pour revendiquer? Ces moyens par lesquels monsieur Charles Blé Goudé faisait connaitre ses opi- nions ne témoignent-ils pas assez de son option de ne jamais faire usage des moyens violents d'expression  que sont les armes? Ce message n'est-il pas suffisamment clair pour le procureur qui durant toute son intervention n'a pas été capable ne serait-ce qu'une seule fois de nous dire voici un message de Blé Goudé qui demande de tuer, de violer, de s'attaquer aux partisans de monsieur Alassane Dramane Ouattara ou aux ressortissants du nord. Le document qui contient les Charges contre monsieur Blé Goudé brille par son absence de preuve. Le document qui contient les charges est révoltant. Un excellent document qui n'a qu'un mérite: celui d'avoir su résumer les articles tant de la presse nationale que de la presse internationale dont les lignes éditoriales ne sont pas en faveur de monsieur Charles Blé Goudé et de l'Alliance de la Jeunesse pour le Sursaut National (AJSN).

39.Le procureur dans son désir farouche de faire de monsieur Blé Goudé ce qu'il n'est pas va même jusqu'à la limite de l'intolérable et présente monsieur Charles Blé Goudé comme celui qui incitait ses concitoyens à avoir de la haine contre les ressortissants du Nord de la Côte d'Ivoire et contre les musulmans. Le procureur présente Charles Blé Goudé comme un xé- nophobe qui détesterait les étrangers notamment les Burkinabés.
40.Madame le Président, Madame et Monsieur les Juges, je veux ici faire parler trois témoins qui vont contredire les allégations du procureur.

41.Il s'agit premièrement, du té- moin numéro CIV-D25-P-0001. Elle est musulmane. Elle vient du Nord de la Côte d'Ivoire. Lors de son audition, elle a dit ceci et je cite: "Depuis 2004, toutes les fois qu'il (Charles Blé Goudé) a été sollicité par notre communauté, il a été présent. Il offrait des biens d'avions pour le pèlerinage à la Mecque à certains membres de la communauté dont moi-même. Toutes les fois qu'un membre de la communauté ou quelqu'un de sa famille avait un problème, il n'hésitait pas à faire intervenir son ami méde- cin... et prenait en charge tous les frais médicaux. Que ce soit à Abobo ou à Yopougon. Quelqu'un qui n'aime pas les Dioulas ne peut pas avoir de Dioulas dans son staff...Je lui ai dit une fois mais tu es souvent avec les musulmans, alors il te faut apprendre la "FA- TIHA". Il a accepté et il a appris la sourate. Quand il est allé à Soubré après avoir fait réparer la Mosquée, il a récité la "FATIHA" devant les Imams et tout le monde était surpris. Il m'a même dit par la suite que la "FATIHA" est un peu comme la prière "Notre Père" des chrétiens".

42.Le second témoin référencé sous le numéro CIV-D25-P-0006 est une Burkinabée. Elle vivait chez Charles Blé Goudé. Plus tard, comme elle l'affirme elle-même lors de son audition, à sa demande Charles Blé Goudé lui a ouvert un magasin de pagnes à Yopougon. Elle est Burkinabée de nationalité. Charles Blé Goudé la présentait aux visiteurs comme sa sœur. Ce fait dément l'affirmation du procureur qui fait de Charles Blé Goudé un homme qui détesterait les étrangers principalement les populations de l'Afrique de l'Ouest.    
43.Le troisième est un membre de l'Alliance de la Jeunesse pour le Sursaut National. Le témoin numéro CIV-D25-P-0010 dit ceci: " Moi, je m'appelle[...] (c'est un nom d'un ressortissant du nord de la Côte d'Ivoire). Nous faisons partie de l'équipe de Blé Goudé. Ce n'est pas possible qu'on aurait accepté un plan contre nos parents du nord. Nous aurons dénoncé cela".
44.Une vidéo va être présentée  pour montrer l'intégration de Charles Blé Goudé dans la commu- nauté musulmane (Projection de la vidéo).

 45.Madame le Président, honorables membres de la Cour, vous le constatez. Les allégations du procureur vous présentant monsieur Charles Blé Goudé comme un messager de la haine contre les musulmans et les ressortissants du nord de la Côte d'Ivoire relèvent d'un cliché trop falsifié pour correspondre à la réalité. Ce fait n'existe que dans l'esprit du procureur qui veut nous faire partager son aventure. Mais nous ne sommes pas à une aventure. Le cas est sérieux. Il s'agit de la vie d'un homme à qui l'on reproche d'avoir commis les crimes les plus graves contre l'humanité. Agissons avec un peu plus de res- ponsabilité.  46.L'amour que Charles porte pour son pays lui donne de considérer tous les Ivoiriens comme les en- fants d'une même patrie.

47.C'est au nom de son amour pour son pays et non exclusivement pour monsieur Laurent GBAGBO que Charles Blé Goudé a su faire tomber les clivages toutes les fois où la survie de cette nation était en jeu. En témoigne en 2006 lors de la crise dite des audiences foraines. 48.En effet, pour une question qui tenait à un préalable, le Front Populaire Ivoirien (FPI) avait lancé un mot d'ordre de boycott des audiences foraines qui devaient per- mettre à des magistrats répartis sur toute l'étendue du territoire national de délivrer des jugements supplétifs à ceux qui en avaient le droit.

49.Pour le FPI, les audiences foraines considérées comme la première phase du processus d'identification pour les élections à venir ne peuvent se dérouler dans un pays divisé avec près de 2/3 de son territoire sous contrôle des bandes armées. Il faut restaurer la souveraineté de l'Etat avant les audiences foraines selon ce parti. Malgré cette réserve, les audiences foraines débutent car les adversaires du camp présidentiel voient dans la position du FPI non une préoccupation légitime mais une stratégie visant à retarder les élections présidentielles fixées au 31 Octobre 2006.

 50.Deux camps s'affrontent. Ceux qui boycottent les audiences foraines d'une part et d'autre part ceux qui les approuvent.
51.Sur le terrain depuis le démarrage des audiences foraines le 17 Juillet 2006, nous assistons à des affrontements. Chaque jour, la Côte d'Ivoire compte ses morts et ses blessés autour de la question de ces audiences.
52.Face à ce tournant important de la crise ivoirienne qui vire du terrain politico-militaire vers le terrain d'une guerre civile, monsieur Charles Blé Goudé décide d'appeler tous les Présidents de la jeunesse des différents partis politiques à s'assoir autour d'une table afin de régler cette épineuse question par la voie du dialogue et du compromis.

 53.Le 26 Juillet 2006, les responsa- bles des jeunesses des partis politiques issus aussi bien de l'opposition que du régime en place lancent un appel à leurs ainés politiques et appellent à l'arrêt des affrontements. Ce sont ces accords qui sont appelés "Accords du Café de Versailles" du nom d'un com- merce du célèbre chanteur ivoirien Alpha Blondy.
54.Suite à ces accords, les hostilités prennent fin. Blé Goudé fait l'objet de critiques acerbes à la fois de ses alliés et de ses adversaires pour avoir mené une telle démarche.

55.Il y a les propos du Témoin Nu- méro CIV-D25-P-0009 qui illustrent les adversités que Blé Goudé a dû combattre pour prendre cette initiative. Ce témoin dit ceci et je cite :"Lors de la signature du Café de Versailles entre Blé Goudé et les leaders de la JPDCI (Jeunesse du Partie Démocratique de Côte d'Ivoire) et JRDR (Jeunesse du Rassemblement Des Républicains), nous avons estimé que Blé Goudé nous avait trahi..."
56.Madame le juge, honorables membres de la Cour, je l'ai dit à l'entame de mon intervention. Je ne suis pas le meilleur défenseur de monsieur Charles Blé Goudé. Ses actions concrètes posées lors de la crise ivoirienne témoignent pour lui et rendent difficile la tache du procureur qui veut falsifier l'his- toire. Oui restituons à l'histoire son histoire.

57.Le procureur ne peut dire d'un tel homme qu'il est un adepte de la violence puisque ses actions visent à mettre un terme à la violence. C'est une question de déduction logique et d'intelligence, il me semble. Celui qui aime la violence encourage les actions violentes. Celui qui les déteste pose des actes pour les arrêter. C'est ce que monsieur Charles Blé Goudé a fait. A propos de cette affaire monsieur Zio Moussa, journaliste et écrivain ivoirien, post-facier du livre D'un Stade à un autre de Charles Blé Goudé va écrire ceci: «L’histoire récente de la Côte d’Ivoire en porte témoignage: l’ar- rêt de l’engrenage meurtrier des audiences foraines l’atteste. Charles Blé Goudé, les siens et ses anciens camarades, au-delà des divergences politiques, ont fait barrage à la «rwandisation» qui guettait le pays». (CIV-D25-0001- 2190). Il n'y a que le procureur pour ne pas voir ses grandes ac- tions. S'il avait pris le temps d'enquêter sans à priori, son travail aurait été meilleur.

58.S'il avait été impartial, le procureur aurait vu tous les efforts fournis par Charles Blé Goudé pour faire sortir son pays de la crise mi- litaro-politique née depuis Septembre 2002.
59.Le procureur aurait parlé de la Caravane de la Paix, une initiative de Charles Blé Goudé pour faire accepter l'un des points les plus délicats de l'accord politique de Ouagadougou à savoir la nomination de monsieur Soro Guillaume, chef de la rébellion armée comme premier ministre de la République de Côte d'Ivoire.
 60.Cette initiative n'a pas été aussi facile que l'on pense. Charles Blé Goudé a été combattu pour cette tournée. Beaucoup de personnes n'acceptaient  pas le projet de faire de monsieur SORO Guillaume le Premier Ministre de la Côte d'Ivoire.

 61.Blé Goudé pressent les difficultés qu'il y aura sur le terrain. Il décide de la Caravane de la paix avec comme Slogan de sa tournée: "Prends ma main mon frère, prends ma main ma sœur".
62.De Janvier 2007 à Avril 2007, Blé Goudé va parcourir les chemins rocailleux pour rencontrer les vic- times de la guerre pour écouter leur souffrance. Malgré souvent des récits révoltants de certaines victimes comme la petite Prisca, violée par les rebelles,  Blé Goudé a annoncé le message du pardon, de la réconciliation et de la Paix dans les villages, dans les mos- quées, dans les églises et sur les places publiques (CIV-OTP-0062- 0144).
 63.Pour apaiser les cœurs, Blé Goudé a fait enregistrer une œuvre musicale sur laquelle il a posé un message fort en ces termes: "La valeur du pardon réside dans la gra- vité de la faute pardonnée." Il invitait ainsi ses concitoyens quel que soient la profondeur des blessures, il fallait pardonner.

64.En plus de cette caravane, Blé Goudé a lancé une campagne de sensibilisation dénommée "Fais de moi ton frère" pour que les re- belles soient acceptés dans les zones sous contrôle gouvernemen- tal. Et il est parvenu à réunir les Ivoiriens là où la force des armes a échoué. Grâce à cette Caravane menée par Charles Blé Goudé, SORO Guillaume va être accepté comme premier ministre par la majeure partie des Ivoiriens.

 65.A propos, lors de l'apothéose de la Caravane de la Paix, qui a eu lieu le 21 Avril 2007 à Yopougon, monsieur Konaté Sidiki, porte-parole des rebelles et Ministre du Tou- risme et de l'Artisanat va dire ceci de monsieur Charles Blé Goudé: "Comme un visionnaire, tu as décidé d'arpenter les ruelles des villes, de parcourir les routes du pays, les sentiers des villages et des campements afin de préparer d'avance les esprits à cette nouvelle donne. Que dis-je tu as décidé de faire en sorte que les populations qui sont ici accueillent en paix les accords de paix de Ouagadougou. Merci pour cette mis- sion délicate."

 66. Les actions de paix et de réconciliation de Charles Blé Goudé ne vont pas s'arrêter là. Charles Blé Goudé va aller vers ses frères qui ont pris les armes contre la Répu- blique. Il va briser le rideau de fer issu de la scission du pays en deux zones pour recevoir successivement monsieur Konaté Sidiki, porte-parole des rebelles, Ministre du Tourisme et de l'Artisanat et monsieur Issiaka Ouattara dit WATAO, chef d'Etat Major adjoint de la rébellion armée.

67.Le 20 Octobre 2007, monsieur Charles Blé Goudé invite monsieur SORO guillaume à Gagnoa qui est la ville natale du Président Laurent GBAGBO. Il va organiser une rencontre entre monsieur Guillaume SORO et la mère du Président Laurent GBAGBO. Tous ses actes n'ont qu'un but: briser le mur de mé- fiance et permettre aux rebelles de déposer les armes pour une Côte d'Ivoire réunifiée.
 68.Charles Blé Goudé va se rendre à Bouaké, ville du centre de la Côte d'Ivoire considérée comme le fief des rebelles. Malgré les appréhen- sions, il est allé à Bouaké. Mais un grand acte qu'il va poser a été de dormir dans la chambre de mon- sieur ISSIAKA OUATTARA chef re- belle à une époque où aucun pro-GBAGBO ne pouvait franchir le seuil de cette ville.

 69.Madame le président, mesdames les juges, est-ce que pour des hommes de bonne volonté, le procureur ne s'est pas trompé sur le criminel qu'il cherche. S'il s'était affranchi des clichés, n'aurait-il pas perçu dans l'âme du suspect les aptitudes d'un homme de paix qui a tout donné pour son pays? Sa jeu- nesse, le sacrifice de ses études, de sa famille même? Un homme qui a pris des risques et qui a exposé sa vie pour que ses frères se retrouvent. Nous n'avons pas la même lecture avec le Procureur. De tels sacrifices, on les consent par conviction. Non pour un homme.
70.Monsieur Blé Goudé a tout fait pour éviter à la Côte d'Ivoire la crise qu'elle a connue. A l'approche de la présidentielle d'octobre 2010, l'atmosphère préélectorale était empreinte de violence notamment dans la partie nord de la Côte d'Ivoire. A partir de Février 2010, les domiciles des membres de la direction nationale de campagne de Laurent GBAGBO sont incendiés. Il s'agit des domiciles de messieurs Issa Malick Coulibaly, Gervais Coulibaly . Le siège du FPI situé au quartier Soba est saccagé

71.Blé Goudé sollicite une audience avec monsieur CHOI, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations-unies afin d'attirer son attention sur ce qui se passe et qui augure les conflits pos- télectoraux.

72.Si la communauté internatio- nale avait voulu jouer son rôle en Côte d'Ivoire, elle aurait purement et simplement désarmé les rebelles pour faire comprendre à tous que la rébellion n'est pas une voie de revendication dans une société démocratique. Comme elle se ligue aujourd'hui pour s'attaquer au terrorisme. Ce qui est condamné ailleurs a été toléré en Côte d'Ivoire. L'inertie observée a provoqué ce que nous savons.
73.Peut-on continuer à dire d'un homme qui s'inquiète des condi- tions de déroulement d'une élec- tion à venir en demandant au représentant spécial des nationsunies de bien vouloir faire appli- quer le point de l'accord politique de Ouagadougou relatif au désar- mement de tous les groupes qui ne sont pas en droit de posséder une arme, qu'il est un chef de milice? L'allégation du procureur faisant de Blé Goudé quelqu'un qui finançait les milices peut-elle encore tenir la route? L'affirmation qui fait de Blé Goudé un financier des milices peut-elle encore prospérer? Pourquoi demanderait-il une au- dience avec le représentant spécial des nations-unies pour que le dés- armement ait lieu si pendant long- temps il les a armés et financé?

74.Monsieur Blé Goudé n'a jamais été pour les milices. Il n'a jamais été pour la distribution des armes comme l'affirme sans preuve le procureur. Jamais. Ses actions ont été claires. Une force de conviction qu'il partage à tous par sa parole.

 75.Madame le Président, Mesdames les juges, le 21 Mars 2011 au journal de 20H00 à la télévision ivoirienne, suite à l'appel lancé pour l'enrôlement des jeunes dans l'armée de Côte d'Ivoire qui n'au- rait pas été effectif, monsieur Charles Blé Goudé affirme suite à la question de la journaliste. Il dit et je cite:

76."Nous marquons là la différence entre les méthodes de ceux qui sont en face et nous nos mé- thodes. Voyez-vous pour défendre une nation, quand vous voulez prendre une arme il faut que vous ayez le droit d'avoir cette arme. Cela veut dire ou vous êtes poli- ciers ou vous êtes gendarmes ou vous êtes militaires. Mais on ne peut pas dans un pays qu'on veut diriger distribuer des armes à des civils, qu'ils mettent sous leurs ha- bits et puis ils tirent partout dans le pays, qui égorgent partout dans le pays. Ce n'est pas comme ça qu'on va diriger la Côte d'Ivoire. C'est pourquoi pour nous les jeunes patriotes ou les gens tout court, tous ceux qui brulent d'envie de libérer leur pays, de participer à leur manière à la libération de leur pays et qui jugent que c'est de façon militaire qu'ils veulent le faire, il y a une voie légale, c'est de rentrer dans l'armée régulière de Côte d'Ivoire. C'est pourquoi sim- plement demain je les appelle à se rendre à l'Etat Major et le Chef d'Etat Major avec son équipe trou- veront les moyens de les enregistrer et de les enrôler dans l'armée de Côte d'Ivoire. C'est ce qui est normal dans un Etat de droit. Si non ceux qui veulent transformer la Côte d'Ivoire en Rwanda je leur dis je ne veux pas de guerre civile dans ce pays parce qu'on ne trou- vera pas un pays où il n'y aura que des pro-OUATTARA en faisant disparaitre les pro-GBAGBO  tout comme on ne trouvera pas un pays où on trouvera seulement des pro- GBAGBO en faisant disparaitre les pro-OUATTARA. Cela n'existe pas (Journal de 20Heures du 21 Mars 2011)


77.Voici une déclaration claire qui témoigne d'une part du refus de Blé Goudé de distribuer les armes aux civils et d'autre part du dé- menti d'un plan commun de meurtre portant sur des pro-Ouattara. Il a dit: "on ne trouvera pas un pays où il n'y aura que des pro-OUAT- TARA en faisant disparaitre les pro- GBAGBO  tout comme on ne trouvera pas un pays où on trou- vera seulement des pro-GBAGBO en faisant disparaitre les pro- OUATTARA. Cela n'existe pas". Blé Goudé aurait-il conçu un plan chimérique? Puisqu'il sait d'avance que ce projet de faire d'un pays uniquement pro-GBAGBO est une illusion. Il dit: "Cela n'existe pas" 78.Ce qu'un homme dit, c'est cela qui vaut. Ce qu'un homme n'a pas dit, si vous l'interprétez vous émet- tez une hypothèse. On ne condamne pas pour les crimes les plus graves avec des suppositions ou sur des hypothèses.

79.Pour ironiser sur le choix politique de Blé Goudé, le témoin CIV- D25-P-0009 a dit:" Il se prenait pour Marthin Luther King ou Gandhi. Mais maintenant, il est en prison". Fin de citation.

80.Madame le président, mesdames les juges, si monsieur Blé Goudé avait conçu un plan commun, je le dis franchement, la crise ivoirienne n'aurait pas connu l'is- sue que nous avons eue. Regardez le monde qui se reconnaissait dans ce leader et qui était prêt à en dé- coudre avec la rébellion armée. Si monsieur Charles Blé Goudé avait distribué des armes à tout ce monde, la Côte d'Ivoire aurait connu une catastrophe qui aurait été certainement pire que le Rwanda. C'est pourquoi au cœur de la crise ivoirienne Blé Goudé n'a pas appelé la jeunesse à sortir. Il a perçu en tant que leader qu'il ne fallait pas écrire davantage l'histoire de son pays avec le sang de ses enfants. Son attitude finale montre clairement que toutes ses actions n'avaient rien de tributaire d'un plan commun. Le témoin CIV- D25-P-0010 dit ceci et je cite:" On lui reproche aussi d’avoir aban- donné le combat. Certains gens de la CONARECI disaient cela. Mais pour moi c’est parce que ce n’est pas un homme d’armes. Il n’était pas éduqué dedans, il ne peut pas participer à tout ce qui est violent. C'est pour cela que BLE GOUDE a estimé un moment donné de partir – ce n’était plus sa place, il ne pouvait plus donner des discours, il ne pouvait plus faire les meetings. L’accusation d’avoir trahi la lutte, ce n’est pas vrai parce qu’il n’est pas combattant." Fin de citation.

81.Les personnes armées qui ont été montrées en photos lors d'une manifestation de Blé Goudé le 19 Mars 2011 comme étant des miliciens sont des militaires. Madame le Président, Mesdames les juges, c'est toute la difficulté de la justice éloignée sinon un juge ivoirien vite compris. Mais voua allez comprendre vous aussi lorsque je vais vous expliquer. A partir de Décembre 2010, un Commando mystérieux sévissait dans la ville d'Abidjan et s'en prenait principalement aux corps habillés. Ils passaient dans des voitures banalisées et les occu- pants, habillés en tenues civiles tiraient sur les hommes en uniforme. Ce Commando va se dé- voiler plus tard comme le "Com- mando Invisible" dirigé par feu Ibrahim Coulibaly, un des membres de la rébellion armée. Ce Commando dit Invisible avait semé une telle psychose en Côte d'Ivoire que les hommes en uniforme ne revê- taient plus leur tenue. C'est ce qui explique tout simplement cette photo que le procureur brandit comme un témoignage qui enlève- rait à monsieur Blé Goudé sa phi- losophie de la non violence. 82.Ceci dit, je voudrait conclure peut-être avec monsieur Jean-Baptiste Akrou, directeur général du Groupe Fraternité Matin qui apprécie l’œuvre et le parcours de Blé Goudé en ces termes dans la préface du livre D'un Stade à un autre et je cite: «Sans partager ses convictions, nous avons beaucoup d’admiration pour celui que nous considérons comme le plus accompli, au plan politique, dans sa génération». Fin de citation. 83.Une vie entière est toujours le plus sûr témoignage contre ou en faveur de quelqu'un qu'on accuse. La vie de Charles Blé Goudé et ses actions qu'il a posées durant la crise ivoirienne s'opposent aux allégations du document qui contient les charges contre lui. Ses actions sont ses meilleurs avocats. Ce sont elles que j'ai pris plaisir à vous faire connaitre avec le cœur d'un enfant qui ne sait rien dissimuler. Sont-ce les actions d'un Chef de milice, d'un criminel? Ou ce sont les actions d'un homme adepte de la non violence qui a exprimé ses opinions par des moyens pacifiques comme un être humain en a le droit tel que le reconnait la Charte des Nations-unies? C'est désormais à vous de nous dire, nobles juges si l'homme que je vous ai présenté mérite d'être renvoyé en jugement pour crimes contre l'humanité. 84.Madame le Président, Mes- dames les Juges, votre Cour incarne une espérance promise à l'humanité. Vous savez votre de- voir. Le monde vous écoute. L'Afrique veut vous donner sa confiance. La postérité vous attend. J'ai plaidé.  

Source: Aujourd’hui / N°738 du 02 octobre 2014





1.Posté par Linge Hermann GNAGO le 21/10/2014 00:54 (depuis mobile)
tres cher Me, faut pas te fatiguer. ils savent tous ce que tu as dis. mais penses-tu qu'ils vont vouloir perdre a nouveau ce pays? oui! car liberer Son Excellence GBAGBO et le Ministre BLE, donne droit aux Ivoiriens de gerer a nouveau leurs ressources.

Nouveau commentaire :

Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !