L’indéboulonnable en pièces détachées

Mercredi 29 Octobre 2014 - 06:31


Le Burkinabé Alassane Dramane Ouattara est venu dans notre pays. Installé au pouvoir par la France sarkozienne, il nous nargue. Affi N’guessan qu’on croyait un des nôtres, lui aussi commence à faire des siennes, demain en bon Burkinabé, il nous narguera. Tout cela par la faute d’Houphouët-Boigny qui avait une vision politique restée toute sa vie dans l’optique du Rassemblement Démocratique Africain (RDA). Or, force est de constater que l’horizon du RDA se limite aux frontières ivoiriennes car ailleurs, les Ivoiriens ne jouissent pas d’un traitement réciproque… Je serai heureux d’être contredit par la preuve contraire. N’en déplaise à ceux qui sont prompts à nous critiquer. Les Ivoiriens sont fatigués de s’opposer entre eux.

Quand Houphouët a tiré sa révérence, celui-là même qui lui a succédé ne fait que nuire à sa réputation. La médiocrité politique son label, a poussé Bédié à nuire insidieusement d’abord à Mohamed Diawara, brillant polytechnicien qui lui portait ombrage par son aura de technocrate (Cf. Jacques Baulin). M. Bédié pour ne pas le nommer, avec son comportement de monarque sans peuple, aidé par certains caciques du parti houphouétien, ont fait accoucher par césarienne le PDCI. Le bébé de leurs œuvres s’appelle le Rassemblement Des Républicains (RDR) de feu Djéni Kobéna. Mais comment en est-on arrivé là ? C’était à une réunion publique. Les méthodes autoritaires et monarchiques du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’antan, ont amené à refuser la parole à Djéni Kobina. Regardé comme un pestiféré, ce dernier a été fortement contrarié. Et c’est cela qui provoqua la cassure pour fonder un mouvement des « modérés » devenu le RDR. Notons au passage que la modération est devenue un lointain souvenir pour les républicains reconvertis depuis dans la violence politique sous Ouattara.

Bien plus tard, l’UDPCI naîtra du refus du PDCI d’adouber le général Guéï pour la candidature à la présidentielle de l’an 2000. Ces partis créés par dépit sont aujourd’hui lorgnés par le pseudo monarque Bédié. Il ambitionne de les rassembler tous dans un même et unique parti comme autrefois. Mais comme l’homme est tout sauf courageux, il ne va pas droit au but. Il se croit plus malin que ceux qui sont partis de la formation mère qu’est le PDCI. Alors il procède par les mêmes attitudes désobligeantes, mais cette fois-ci contre le peuple de ses suiveurs du PDCI. En clair, M. Bédié retourne les mêmes agissements litigieux contre son propre parti dont il prend l’ensemble des militants pour des moins que rien. Et il croit que les partis convoités vont se laisser faire. Ainsi, le 17 septembre dernier, il proclama urbi et orbi la candidature unique du RHDP au bénéfice d’Alassane Dramane Ouattara, l’homme qu’il a d’ailleurs longtemps voulu ostraciser…

Or, ADO a compris depuis longtemps qu’il suffisait de flatter Bédié pour lui faire dire tout ce qu’on veut. Alors, il suit son « grand frère » avec bienveil-lance. Le duo pose tous les ingrédients d’un autre conflit meurtrier pour 2015, d’abord en reconduisant le sinistre Youssouf Bakayoko en tant que représentant du PDCI à la Commission Electorale Indépendante (CEI). Ensuite, contrairement à leur accord de principe avec les partis d’opposition, ils tournent le dos au procédé consensuel de désignation du président de cette structure, pour imposer une majorité automatique pour ne pas dire arithmétique. La justice dite des vainqueurs mine de son côté l’atmosphère sociale pratiquement au bord de l’explosion. Elle est aggravée par un jury coopté sur une base tribale appelé à juger les pro-Gbagbo. Ouattara et Bédié veulent brûler la Côte d’Ivoire. Leur désir de se mettre ensemble n’a pas d’autres buts que de fuir la démocratie. A l’évidence, ils sont conscients de ce que l’appel au boycott du FPI aux dernières législatives et municipales, ait été massivement suivi. L’opposition prête à les accompagner dans leur parodie électorale n’étant pas très significative, ils veulent quand même parer à toute éventualité d’un outsider de poids. Qu’ils se rassurent, car ils seront bientôt copieusement servis. Depuis que M. Bédié a décidé tout seul que les mesures prises au congrès de 2013 ne seront plus appliquées, nous scrutions le ciel des velléités de candidatures au PDCI. Et tous les Ivoiriens, mais les vrais qui n’ont pas un autre pays que celui que la France a prêté à ADO, sont prêts à voter même un âne bâté, pourvu qu’il soit un Ivoirien qui veuille nous débarrasser d’ADO. Par bonheur, une éminence grise s’est désignée pour porter la contradiction à Ouattara. Nous jubilons à cette annonce du professeur Brou.

Du coup, l’indéboulonnable a senti le danger, parce qu’en face de lui, il trouvera un « non suiveur » de M. Bédié. La démocratie qu’il voulait cacher avec une main est en train de s’imposer à lui. Ses boulons alors un par un, commencent à tomber avant le début des hostilités. Un candidat qui n’est pas un « Gnambro » d’Adjamé donne déjà le tournis à Bédié et Ouattara. 2015 fera tomber les tout derniers boulons de l’indéboulonnable afin que les enfants de notre pays, qu’ils soient du nord, du sud, du centre, de l’Est ou de l’ouest puissent se réconcilier au bénéfice de leur pays. Les « suiveurs de Bédié ne pensent qu’à leur ventre et non à la Côte d’Ivoire aux mains de gens qui nous divisent ; alors il faut les mettre au placard.

Julius Blawa Aguisso





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