L’économie ivoirienne en 2013: Pays surendetté, économie au rouge, mauvaise gouvernance

Jeudi 2 Janvier 2014 - 10:52


Gouvernement ivoirien conduit par Daniel Kablan Duncan
Gouvernement ivoirien conduit par Daniel Kablan Duncan
Quand la Côte d’Ivoire se ré- veille en ce début d’année 2013, c’est sous les fourches caudines de Mister Inflation. L’inflation qui avait piqué à environ 4% en 2012 poursuit ses méfaits  sous la forme d’une nouvelle augmentation des prix du gaz butane, du super, des produits de grande consommation (huile, viande, lait, savon etc.). On ne compte plus le nombre de hausses qu’il y a au niveau des produits de grande consommation. Des augmentations de prix qui se sont opérées sans informations préalables.  Etonnement général parce  que les Ivoiriens s’attendaient plutôt à une décrispation économique de l’Etat du fait de  l’obtention du point d’achèvement de l’Initiative Ppte obtenu six mois plus tôt.  C’est sans compter sur l’incapacité du gouvernement Ouattara  qui marque les esprits par son caractère outrancier de mauvaise gestion et sa collusion avec les puissances d’argent. En effet, après le point d’achèvement, Alassane Dramane Ouattara promet de redresser les finances publiques. Dans les faits, c’est tout le contraire qui se pro- duit. Selon les perspectives de grosses maisons d’analyses économiques, la Côte d’Ivoire pourrait terminer l’année 2013 avec une dette extérieure avoisinant les 10.000 milliards fcfa. Et les mensonges croisés des membres du gouvernement donnent la pleine mesure de l’embarras qui anime ses membres.  Par exemple, à la signature croisée des projets C2D, le Premier ministre annonce sans gêne que la dette publique de la Côte d’Ivoire est de 1.900 milliards fcfa ; alors qu’à l’issue du conseil des ministres qui a précédé cette cérémo- nie, Koné Bruno indiquait un niveau d’endettement public de 6.175 milliards fcfa (soit 49% du Pib).  L’économie ivoirienne est toujours au rouge, malgré un mirage de la croissance Pourquoi retenir l’endette- ment comme élément fonda- mental de ce bilan ?  C’est que c’est l’endettement massif du pays qui soutient la crois- sance économique. Après le Ppte en 2012, le gouverne- ment  indique un ratio de la dette de 35%. Ainsi pour un Pib estimé à 12.600 milliards fcfa (site du ministère de l’Economie et des Finances), cela donne un montant de dette de 4.410 milliards fcfa. Puis en 2013, le ratio redécolle  à 49%, pour un Pib estimé à 14.126 milliards fcfa, toujours selon le gouverne- ment. Ce qui donne un stock de dette de 6.921 milliards fcfa minimum.  Un dépassement d’environ 3000 milliards fcfa en seulement un an et demi après l’obtention du point d’achèvement. Comment  le gouvernement peut- il récuser le terme « surendettement » alors que selon ses propres prévisions, le taux d’endettement devrait être de 31% du Pib en 2013. Le Ppte aura donc servi pour à surendetter de nouveau la Côte d’Ivoire. Et voilà que la Côte d’Ivoire est contrainte de s’endetter à des guichets non concessionnels et de se mettre sous tutelle du Fmi. L’exemple du Congo-Brazza- ville est là pour nous rappeler la grande honte subie par la Côte d’Ivoire. Subséquemment, le gouvernement peine à respecter ses engagements régaliens : les fournisseurs ne sont pas payés, ou du moins payés sélectivement, les fonctionnaires ont leurs salaires à la limite du mois. Alors, prendre un pays économiquement stable en avril 2011 et le conduire à la ruine en seulement deux ans, il faut être Alassane Ouattara  pour le faire ! Et cela a été fait avec une véritable énergie, mêlée d'une constante satisfaction de soi. Au niveau de l’emploi, le bilan d’Alassane Dramane Ouattara est également très négatif avec une hausse sensible du nombre de demandeurs. Il a promis de créer un million d’emplois par an. A l’évidence, peu d’emplois – au sens noble du terme – ont pu être créés. Et encore grâce à la « générosité » de » quelques opérateurs économiques ! Les emplois aux- quels Alassane Dramane Ouattra fait référence dans tous ses discours sont les em- plois précaires « offerts » par des investisseurs sur leurs chantiers. En 2013, selon certaines indiscrétions, le taux de ces emplois a considérablement baissé. Parce que selon ces sources, les concernés ne trouvent pas utiles de travailler dans la précarité. Le programme jeune à travers le Pejedec n’offre pas également beaucoup de possibilités. Au 30 mars 2013,  quelque 5 191 jeunes sont en activités dans plusieurs entreprises. En 2013, les chiffres réels de l’emploi en Côte d’Ivoire sont catastrophiques. Le taux de demande d’emplois est passé de 15,4% en 2012 à 60,2% en 2013, soit une augmentation de près de 45% équivalant à une perte de 43700 emplois. On comprend dès lors que le chef de l’Etat révise ses ambitions relativement à l’emploi en proposant un million d’emplois en trois ans.
La mauvaise gouvernance est aussi au cœur de ce bilan. L’Autorité de régulation des marchés publics a épinglé le gouvernement sur la trop grande influence du gré à gré dans l’attribution des marchés : près de 80% durant le premier semestre. Ce que le chef de l’Etat a justifié par « je veux aller vite ». Ainsi chacun y va de son petit scandale, des membres du gouvernement aux directeurs de société, sans oublier les relations népotiques. « Notre tour est arrivé de manger », soutient la meute d’intrigants qui pompe impunément l’argent du pays. En somme, la présidence d’Alassane Dramane Ouattara est le symbole de l’échec des politiques néolibérales qui sont politiquement dangereuses, économiquement inefficaces et socialement désastreuses. L’argent public a été dilapidé et l’Etat-providence démantelé, occasionnant une crise économique sans précédent et une grande fracture sociale, dans le seul but de protéger les intérêts des puissances d’argent.

J-S Lia liasylve@yahoo.fr

Notre Voie / N°4605 des mardi 31 décembre 2013 & mercredi 1er janvier 2014




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