L’échec programmé de Banny

Jeudi 28 Juin 2012 - 04:25


L’échec programmé de Banny
Le gouvernement de Alassane Ouattara et Charles Konan Banny ont échoué à réconcilier les Ivoiriens parce que dans le fond, ils n’ont pas été intéressés par sa signification. Au propre comme au figuré, dans la forme comme dans le fond, ils ignorent le sens de la réconciliation pour un état comme la Côte d’Ivoire. Et ils n’en ont tellement rien à faire que depuis plus d’un an, disons depuis le début, ils se cassent le nez, mais ils n’en ont cure. Au point qu’il est presqu’inapproprié de dire qu’ils ont échoué. Ils n’ont en fait jamais essayé de réconcilier les Ivoiriens, parce qu’ils ne se sont jamais engagés dans la voie de la réconciliation. Pour le besoin de la cause j’ai bien voulu remonter à l’hygiène de l’interprétation du mot réconciliation. Le Larousse en ligne enseigne que c’est le fait de réconcilier et que réconcilier veut dire : « Ramener des personnes à la bonne entente, rétablir entre elles des relations amicales.» Ce qui présuppose évidemment que les personnes ou les parties à concilier sont en conflit. Après la crise postélectorale que nous avons connue, il a été bien inspiré de vouloir réconcilier les Ivoiriens. Encore faut-il qu’on fasse l’effort d’en épouser l’esprit. D’aucuns ont voulu enraciner l’échec de cette réconciliation dans le choix de la personne de Banny. Je pense que non ! L’initiateur d’une réconciliation peut être une partie du conflit. Ce qui est en cause n’est donc pas le choix de Banny. Aujourd’hui, par rétrospection Charles Konan Banny consacre l’échec de cette réconciliation nationale parce qu’il n’a pas été capable de se départir de sa rancœur et de sa haine viscérale pour l’un des partis qu’il doit réconcilier. En clair, l’homme s’est engager dans la réconciliation en voulant recréer de façon absurde les conditions du conflit. Banny n’a pas pris de la hauteur et a refusé de se vêtir de l’habit du conciliateur le jour où il a pensé qu’il pouvait réussir sa mission sans Laurent Gbagbo. Des cet instant, l’homme avait déjà, lui-même, mis des bâtons dans ses propres roues. Son équipe et lui se plaignent aujourd’hui que le gouvernement d’Alassane Ouattara sabote son action. Ils oublient que ce sont eux qui leur ont envoyé le signal qu’ils avaient raison sur toute la ligne et que le moins qu’ils pouvaient attendre des autres est qu’ils viennent se mettre à genoux devant eux pour implorer leur pardon. Banny a donc perverti l’esprit de la réconciliation en faisant croire à une partie qu’elle se résumerait à la soumission, à l’aplatissement d’un camp dans la totale reconnaissance de ses torts et l’oubli de ses propres griefs contre les vainqueurs. A la suite de la justice des vainqueurs, Banny a lancé la réconciliation du vainqueur. Apparemment tout comme la première, celle-ci ne pouvait qu’échouer. Tout ce qui reste à Banny aujourd’hui, pour l’honneur, c’est sa démission. Toute tentative de rafistolage sera perçue comme un acte de trahison par le camp Ouattara qui est déjà trop avancé dans l’idée que les pro-Gbagbo doivent se soumettre ou périr.

Joseph Marat ( Aujourd’hui )

Au nom des étrangers ?




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