L'amour est aveugle, mais il sait compter

Vendredi 27 Juillet 2012 - 09:11


Plus les gens sont diplômés, moins ils font compte commun avec leur conjoint

L'amour est aveugle, mais il sait compter
D’un côté, il y a ceux qui partagent tout. Impossible de se mentir, avec un compte joint, tous les deux savent ce qui a été gagné et dépensé. De l’autre, il y a ceux qui gardent leurs cartes bleues strictement à distance l’une de l’autre. Et il y a ceux du milieu, qui mettent un peu en commun, et gardent le reste pour eux. Comment les couples s’accordent-ils au niveau du porte-monnaie ? C’est la question que s’est posée l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui publie ce jeudi 26 juillet un rapport, sur la mise en commun des revenus dans le couple. L’étude concerne des couples qui vivent ensemble depuis au moins un an, et dont l’un des deux, au minimum, est actif - c’est à dire qu’il a un emploi ou en cherche un.
 
Deux tiers des couples partagent tous leurs revenus
 

Le premier groupe, que nous appellerons les «partageurs», est majoritaire : 64% des couples mettent totalement en commun leurs revenus. Cette position se retrouve d’autant plus chez les couples mariés, ou ayant au moins un enfant, ou encore vivant ensemble depuis longtemps - 80% des couples avec vingt ans d’ancienneté mettent l’intégralité de leurs revenus en commun.
Le reste se répartit également entre le deuxième groupe, les «séparatistes», qui ne mêlent pas du tout leurs revenus et représentent 18% des couples , et le troisième groupe, les «modérés», 18% aussi, qui mettent une partie de leurs revenus en commun mais gardent leur liberté sur les dépenses personnelles. Plus le niveau de diplôme ou de revenus est élevé, moins les couples ont tendance à appartenir au premier groupe - surtout lorsque les deux travaillent. Il en est de même en cas de recomposition familiale : là aussi, les couples ont davantage tendance à séparer au moins une partie de leurs revenus.
 

La majorité des couples opte pour un modèle redistributif
 

Comme dans un Etat, le ménage n’échappe pas à la question du «qui paye quoi» ? 51% des couples optent pour un système de redistribution, où chacun contribue aux dépenses en fonction de son revenu. Chez 13% de ces couples, c’est d’ailleurs seulement l’un(e) des deux qui prend en charge les dépenses communes. 21% des couples, de leur côté, coupent la poire en deux parts égales : chacun paye la même chose. Et 16%, enfin, répartissent les charges par domaine : l’un(e) paye le loyer, l’autre les dépenses courantes, l’un(e) signe le chèque pour la crêche, l’autre celui des courses alimentaires, etc.
Pour les couples dôtés d’un compte-joint, se pose néanmoins la - délicate - question des dépenses personnelles. Une large majorité des couples (79%) affirme ne pas s’être clairement fixé de limite, mais la concertation reste de mise. Ainsi, quand le bien convoité semble cher, 50 à 60% des personnes consultent leur conjoint, même lorsque leurs revenus sont gérés séparément. Ce sont d’ailleurs les hommes qui ont tendance à demander conseil à leur conjoint(e), davantage que les femmes, avant de faire un achat important.
Quel que soit le mode de gestion des revenus choisi, cette décision est le plus souvent stable dans le temps : 90% des couples interrogés ont déclaré n’avoir jamais changé de modèle. Et c’est la spontanéité qui prime : entre 64 et 72% des couples ont affirmé avoir fait leur choix instinctivement, sans passer par une longue discussion. C’est toujours une dispute en moins de gagnée.
 
Par KIM HULLOT-GUIOT
 
Source: libération.fr




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