L’ambassadeur des usa en côte d’Ivoire doit songer à prendre sa carte de militant du RDR

Lundi 20 Octobre 2014 - 11:34


L’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Terence Mc Culley
L’ambassadeur des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, Terence Mc Culley
Aux échos presqu’inaudibles de Bédié et Affi N’guessan, le diplomate représentant les Usa en Côte d’Ivoire, s’est époumoné à leur donner un vibrant timbre. « Les USA conseillent au Fpi d’accepter la main tendue de la coalition au pouvoir en faisant partie de la Commission Electorale Indépendante de sorte que les voix de tous les ivoiriens y soient représentées ». Ne vous y trompez pas, ces propos méprisants et partisans sont du représentant des Etats Unis, pays de référence pour son brassage pigmentaire et son aura stratégique dans le monde. Sacré Terence McCulley ! Il est sur un nuage celui là. A la vérité, son Excellence Terence McCulley marche dans les mauvais et boueux pas de son prédécesseur. Cet autre-là, un diplomate d’espèce sans mesure et sans poigne que ne souhaite plus recevoir des pays du tiers monde. Lui, n’a pas eu besoin de ce genre d’appel pour participer au braquage des résultats électoraux ivoiriens de 2010. Rappelons les faits : nous sommes en Décembre 2010. Un contentieux électoral éclate entre l’ex Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo candidat sortant et Alassane Ouattara, le candidat de l’opposition. La Commission Electorale Indépendante infestée des mêmes qui sont récusés aujourd’hui dont le sulfureux Youssouf Bakayoko tente de manipuler les résultats au profit d’Alassane Ouattara. La vigilance du Fpi empêche le passage en force des aventuriers politiques du RDR. Les choses sont bloquées et la CEI ne fait rien pour les arranger avant la date limite. C’est là que le prédécesseur de son Excellence Terence McCulley entre en jeu. Dans une parade digne des grands holdups, il embarque sans honte et sans aucune mesure, Youssouf Bakayoko le Président de la Commission Electorale Indépendante dans sa voiture de commandement pour le trainer au Golf Hôtel, QG de Ouattara et l’y aider à proclamer les faux résultats de l’élection présidentielle ivoirienne de 2010. L’opinion générale ivoirienne est médusée  et stupéfaite. C’est qu’en d’autres lieux comme à Moscou ou à Paris, il ne l’aurait jamais fait. Encore que pour le « vote des bêtes sauvages » le diplomate expert des élections ivoiriennes d’alors aurait du prendre certaines précautions : D’abord, que la CEI de Youssouf Bakayoko était forclose. Le délai qui lui était imparti pour communiquer les résultats préliminaires sous forme de tendance était terminé.  Ensuite, que le lieu qu’il avait choisi pour célébrer la bravoure de son ami Ouattara sur la souveraineté ivoirienne n’était pas le bon lieu ; c’était le Quartier Général du candidat Ouattara. Y proclamer des résultats hors délais et à mille lieux du siège de l’institution chargé de la gestion des élections et non de la proclamation officielle et constitutionnelle des résultats définitifs des élections du Président de la Côte d’ivoire, pays membre des Nations Unies comme les Usa relevait d’une grave forfaiture. Enfin, que les USA n’avaient pratiquement rien à voir de délibératif dans des élections ivoiriennes. Le moment venu, le pays de Terence McCulley en tirera toutes les conséquences. Car aucune communauté si modeste soit-elle n’est restée perdante dans la marche de l’histoire. Peu importe le temps que cela mettra, l’histoire lui restitue toujours la vérité et les dédommagements conséquents. Cette maladroite ingérence donc du diplomate américain d’alors dans nos élections présidentielles ivoiriennes a occasionné ici des millions de morts, plusieurs disparus et des traumatismes de toute nature. La vérité de l’adage qui dit que les mêmes causes produisent les mêmes effets justifie ici notre inquiétude suite à cette sortie hasardeuse du diplomate américain. Les questions suivantes nous viennent donc à l’esprit : Pourquoi les grandes puissances et les nations unies dans leur ensemble laissent- elles divaguer outrageusement leurs représentants dans les poli - tiques africaines de cette façon ? A-t-on conscience tant à l’Onu qu’aux Etats Unis que les Etat-nations du tiers monde sont fragiles dans toutes leurs composantes démocratiques et montrent de fait une grave  faillite de la lecture de l’idéologie et des alternances ?  Au constat, la fragilité des systèmes constitutionnels qui concourent aux manquements des alternances que revendiquent malheureusement les pays du tiers monde  se retrouve dans la préférence effrénée aux coups d’Etat et autres violences fratricides de succession ou d’accaparement des pouvoirs d’Etat. Ce constat devrait obliger et encourager les partenaires qui sont incapable ou – qui refusent, c’est leur droit - de nous apporter une expertise constructive, à s’éloigner de cette posture qui consiste à l’obstination pour eux de s’assoir là où il ne faut pas s’assoir. Dans le cas ivoirien,  c'est de convaincre son Excellence Terence McCulley malgré ses amitiés et ses accointances avec Alassane Ouattara, de refuser avec raison la place du militant dévoué du RDR ou du membre du comité de soutien à Alassane Dramane Ouattara pour les présidentielles de 2015. On le voit bien,  la composition de la chanson du vil groupe musical électoral ivoirien composé de Ouattara, Bédié et AFFI qui appelle à des élections présidentielles ivoiriennes de 2015 ( ?) sonne hélas comme un rythme de moquerie à l’infernal tourment antidémocratique que vit les ivoiriens depuis le 11 Avril 2011. Il est indéniable de croire et comprendre que tant que les traumatismes faits aux ivoiriens des suites de la prétendue précédente  élection calamiteuse de 2010 de Ouattara sont ignorés, Affi et Bédié et désormais son Excellence Terence McCulley peineront à rallier la conscience politique ivoirienne à l’acceptation d’un referendum. Voyez-vous, depuis le 11 Avril 2011, la terre a cessé de tourner pour certaines parties de la Côte d’Ivoire. La nuit y est tombée et le jour tarde aussi à y revenir plongeant du coup les habitants de ces zones dans les ténèbres d’un régime fasciste et tortionnaire.  Le jour où Alassane Ouattara s’est accaparé du pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire par effraction, des millions d’ivoiriens ont perdu leurs emplois au fallacieux prétexte de chômage économique. A leur place, l’on a préféré les ténébreux miliciens des FRCI. Népotisme et rattrapage ethnique ont eu raison du cursus scolaire et professionnel. Ce qui n’est évidemment pas le cas aux Usa. Dès ce jour là aussi, plusieurs millions de personnes innocentes à la politique ont été assassinées par les mêmes miliciens pro Ouattara. Depuis l’Ouest de notre pays jusqu’à Abidjan, ce sont des églises, des villages entiers, des quartiers et des plantations qui ont été pillés, saccagés et brulés. Dans la foulée, l’Onu a choisi d’aider à la réalisation complète du génocide en concentrant en un seul lieu plusieurs milliers de réfugiés de l’ethnie Guerre pour ensuite demander aux miliciens pro Ouattara de les exécuter. On dénombrera plusieurs milliers de morts.  Jusqu’à maintenant, aucune  enquête na été diligentée pour au moins situer les contours de la barbarie organisée par les Nations Unies du camp de Nahibly. La savante et mafieuse dissémination sur le territoire national ivoirien des chasseurs traditionnels appelés communément Dozos ont obligés les autochtones a abandonner leurs gites et biens. C’est par millions que ces derniers se sont retrouvés au Liberia, au Ghana et dans tous les pays du monde piégé par un exil forcé qui semble, malgré son apprêté, ne point émouvoir les Usa et son ambassadeur. Les disparus et les pri vations de liberté sous Ouattara depuis ce temps, ne se comptent plus. Dans la partie septentrionale du pays, le pouvoir actuel en Côte d’Ivoire a érigé des camps de concentration où la mort des détenus se programme par empoisonnement. Tous ceux qui croyaient avoir été libéré par suite de diverses pressions politiques, sont morts de maladies mystérieuses et incurables dues aux poisons qu’ils ont ingurgités. Les principaux leaders des partis d’opposition qui devraient participer à la vie politique de la Côte d’ Ivoire sont pour la plus part en prison ou en exil. Leurs avoirs sont gelés et leurs résidences occupées par les mêmes miliciens. C’en est de même des cités et autres résidences universitaires devenus irréversiblement peut être des camps militaires. La Côte d’Ivoire sous Ouattara s’est lourdement écroulée. Des millions de personnes sont à la rue, leurs domiciles démolis sans que les occupants soient relogés. Aucunes prise en charge sociale n’est proposée aux chômeurs, aux victimes de guerre et aux nombreux déguerpis. Les miliciens pro Ouattara qui ont servi dans la rébellion depuis 2002 et ont participé aux exactions après la fameuse crise post électorale sont encore en arme. Ils n’ont aucune formation et ne respectent aucune procédure des exercices du métier de militaire. Leurs patrons, les chiens de guerre de la rébellion pro Ouattara sont tous commandeurs de notre armée.  Les résultats du recensement général de la population, quoique manipulés à souhait par le pouvoir actuel à son profit et boycotté par le Fpi montrent que le pays tout entier n’adhère sous aucune forme à un référendum tant que le pouvoir reste dans la logique des menaces et intimidation. L’Assemblée nationale est parcellaire du relief politique en ce qu’elle n’est constituée que de représentants de la même coalition au pouvoir. Ici, la contradiction dans l’opinion n’existe pas. La pensée semble unique et l’opposition que son Excellence Terence McCulley appelle à la participation des élections ivoiriennes n’a aucun droit d’existence ; pas de meeting politique, pas de liberté d’expression et d’action. Les dirigeants sont en liberté provisoire et chaque jour qui passe ressemble à leurs yeux à une victoire sur la dictature. Les journalistes et autres chroniqueurs sont traqués dans tous les sens ; l’opinion est confisquée. Dans les foyers, pendant que la paupérisation gagne du terrain, l’inflation flambe. Les ivoiriens sont tenus à la gorge par une misère sans précédent. Une minorité d’individus s’enrichit au détriment de la population. Les plantations sont expropriées de leur maîtres et la peur pour les paysans de se rendre dans les forêts occupés de force par des allogènes armés jusqu’aux dents et qui se sont accaparés des terres  comme butin de guerre créera forcement une crise alimentaire et une crise du foncier. Dans les administrations ivoiriennes, le favoritisme s’est installé. Seuls les ressortissants du nord sont les Directeurs de toutes les structures. Dans leurs organigrammes de fonctionnement, on ne retrouve que leurs parents du nord qui composent une administration complètement noyée par une invasion ethnique. Les marchés sont octroyés gré à gré sans que l’inspection d’Etat et le Secrétariat à la bonne gouvernance ne soient capable de mettre fin à la pratique ou de lever au moins le petit doigt. Le justiciable n’a aucune confiance au théâtre judiciaire qui se joue et les criminels et autres bourreaux cavalent tranquillement sans crainte. La corruption gangrène tous les secteurs d’activités y compris  celui de l’emploi où les cabinets de recrutement se sont invités sans retenue dans la danse. Le taux de déscolarisation est à son pique tant les parents qui ont perdus leurs emplois et biens vivent une situation d’indigence prononcée. Tous les secteurs d’activité comme l’agriculture, le transport et même le commerce sont plongés dans un grand cafouillage du fait d’un favoritisme rampant.  Sans être exhaustif, voici les souffrances quotidiennes que les ivoiriens vivent après la chute de Laurent Gbagbo. C’est pourquoi cette sortie de l’ambassadeur des Usa, pays dont la prise de position est dominante dans le monde demande une relecture. Si son Excellence Terence McCulley avait déjà pris sa carte de militant du RDR en vue de prendre part aussi aux élections ivoiriennes de 2015, nous lui demandons de la déchirer ici et maintenant. Ce que les ivoiriens lui recommande, c’est d’appeler à la cohésion sociale et à la réparation de l’injustice qui gangrène le pays et cristallise une grande frustration d’une forte partie de la population qui se réserve le droit de la rejeter tôt ou tard. Ne pas le voir, c’est faire le choix aveugle d’accepter de serrer la main du diable car les ingrédients d’une grave déflagration sont réunis selon le Professeur Mamadou Coulibaly, Président du LIDER, autre parti d’opposition. Les Usa s’en porteront mieux. Jean Pierre Regardan, Chroniqueur politique.

SévérIne blé

Source:  Aujourd’hui / N°749 du 17 octobre 2014




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