L’alternance 2020 et le quatrième larron ( Par Koffi Bertin)

CIVOX.NET
Jeudi 29 Juin 2017 - 07:23


Actuellement, l’alternance au pouvoir d’Etat en 2020 est le principal sujet d’empoignades entre les cadres du RHDP d’une part, ceux du RDR/PDCI-RDA d’autre part et le Clan SORO d’une autre part. Où met-on le quatrième Larron ?

Le respect de la parole donnée. Il est bon de rappeler que, liés par l’Accord de Paris de mai 2004 qui stipulait le report des voix au candidat le mieux qualifié pour le second tour, les leaders de l’alliance RHDP sont allés en rang dispersé au 1er tour des élections présidentielles d’octobre-novembre 2010. Après le premier tour, le Président du PDCI-RDA s’est classé en 3ème position donc, écarté du second tour. Par la suite, ses réserves sur la question poussent à se demander si le classement des urnes a-t-il été régulier ou manipulé ? Toutefois au nom de leur accord, le baobab de Daoukro, contre mauvaise fortune, a choisi de faire bon cœur pour que triomphe le respect de la parole donnée du parjure.  Cette décision du Président Bédié a permis, dès avril 2011, au RDR et à son chef de parvenir au pouvoir d’Etat. Pour ce faire, je tire mon chapeau au Président Bédié car, le respect de la parole est culturellement sacré dans nos sociétés et elle engage l’homme dans tous les domaines de la vie. La parole est l’égal de l’homme et tout le monde doit avoir un respect scrupuleux pour sa propre parole. Voilà pourquoi, tout Homme qui ne respecte pas sa parole doit être considéré comme un « sous homme ».

La politique de l’autruche. Alors que des grincements de dents subsistaient ; alors que des tensions couvaient ; alors que des frustrations écumaient des visages ; alors que des mécontentements rongeaient des cœurs, les partis (UPCI, UDPCI, RDR et PDCI-RDA) rescapés de l’alliance n’ont trouvé nécessaire  d’auditer de façon honnête et responsable la gestion du premier mandat. Dans la grisaille, des mots catalyseurs vont naître : « réglages, rattrapages ethniques,… ». Bien que conscient de cette atmosphère morose au sein de l’alliance et particulièrement, au sein de son propre parti, le Président Bédié lance ‘’l’Appel de Daoukro’’ au profit du RDR et de son chef pour les élections de 2015. Et, tel dans un corridor de la tentation, les cadres, femmes, hommes et enfants du parti se sont jeté à travers villes, campagnes et hameaux, dans une caravane de promotion de « l’Appel-Loi » du Président Bédié. La mayonnaise ne pouvait que prendre surtout avec des insinuations dopantes et dirigistes comme : « Le 3ème pont en lui seul vaut deux mandats » selon le Président Bédié à l’inauguration de cet ouvrage d’art. Aujourd’hui, les réglages n’ont pas eu lieu mais le rattrapage ethnique est vivant. Soit, mais le Président du PDCI-RDA est auréolé des plus belles épithètes en ce qui concerne, sa grande vision, sa sagesse, sa posture de pacifiste. Pourquoi ces richesses en valeurs humaines dont regorge le Président Bédié n’ont-elles pas pu changer la donne dans la promotion équilibrée des cadres entre partis alliés ? Et pourtant, les tête à tête n’ont jamais manqué entre les deux frères révélés à nos aises. Pourquoi au sein du PDCI-RDA aujourd’hui, il y a des rencontres, des séminaires et d’autres réunions pour dire qu’en 2020, il y aura un candidat du parti ? Cette fois-ci, espérons que de simples présomptions puissent avoir force de loi plus que n’en a eu la résolution du 12ème congrès du parti tenu à Yamoussoukro.

Si tant est que Joël N’Guessan Kouassi ne représente que sa personne, mais au moins, il porte la parole du RDR ? Pourquoi après sa sortie « hasardeuse », n’est-il pas interpelé voire mis sous discipline ? Je trouve Joël Kouassi N’Guessan, porteur des paroles du RDR et de son chef, très réaliste et intellectuellement honnête. Joël Kouassi N’Guessan, par sa sortie, veut nous faire savoir, qu’à la différence d’un autre parti où la parole du leader peut désavouer éternellement, la résolution d’un congrès ; au RDR, tout est structuré et que le congrès est le seul organe souverain de décision. D’ailleurs avant Joël N’Guessan Kouassi, Adama Bigtogo, Cissé Ibrahim Bacongo, et d’autres cadres du RDR ont tenu des propos du même genre. La sortie de Joël N’Guessan Kouassi doit être pour nous, une alerte à être sur nos gardes et elle vaut son pesant d’or. Ne le prenons pas en ennemi ni en clown, c’est un adversaire qui est honnête et qui veut nous battre à la régulière. Au fond, est-ce que le RHDP existe encore quand il s’agit des intérêts particuliers du RDR ? Cessons de faire l’autruche, levons nos têtes et regardons la réalité en face !

Bédié n’est pas Jésus, il est homme. Je ne conteste pas que le Président Bédié soit le modèle achevé du sauveur providentiel qui règle tout au doigt et à l’œil. Je ne lui dénie pas le symbole du sphinx incarné, je ne conteste pas qu’il ait tout seul le monopole d’amour pour son pays et son peuple… Mais, sachons qu’il est homme et qu’il peut lui arriver de se tromper ! D’ailleurs, le coup d’Etat de 1999 est une preuve qu’il s’est trompé dans le choix des hommes et dans l’appréciation de la mutinerie et de ses contours ! A-t-on fait un examen sérieux pour tirer les leçons de ce coup d’Etat ? Rendons service au Président Bédié en l’aidant à jauger et à mieux apprécier les situations avant de prendre les meilleures décisions. Le retour à la maison de Gnamien Yao, Kouadio Konan Bertin, Essy Amara, Charles Konan Banny et des cadres indépendants élus députés est-il une preuve suffisante pour conclure que le Président Bédié avait eu raison d’eux ? Arrêtons de nous arcbouter sur nos intérêts égoïstes de peur qu’on nous les arrache, le meilleur est devant. De quelle écurie doit-on classer Guillaume Soro et de quoi retournent ses prétentions pour 2020 ?

Il faut jouer la montre, voilà le défi, factuel ! Nous en sommes-là à nous chipoter sur le virtuel. Or, il me parait urgent de nous organiser pour créer les conditions de possibles élections présidentielles en 2020. D’abord, au sein du PDCI-RDA, comment s’organise-t-on ? Qui sont les potentiels candidats à la candidature pour les présidentielles de 2020 ? Quel est le trio gagnant et quel est le meilleur profil qu’on doit dégager parmi les trois retenus ? Puis, quelles sont les stratégies à mettre en place pour le ‘’vendre’’ en milieux urbain, rural et à l’extérieur ?  Ensuite, étant à 40 mois seulement (il faut en extraire l’année des préparatifs) de ces échéances, qu’est-ce que le PDCI-RDA peut-il attendre encore de miraculeux du Duo Ouattara-Bédié qu’il n’ait pu leur offrir en 80 mois déjà écoulés ? Doit-on encore, face aux enjeux majeurs de notre parti et du pays, distraire notre temps et nos énergies sur des conjectures et attendre que Dieu nous offre le pouvoir sans aucun effort ? Levons-nous et inscrivons nos actions dans les faits tangibles.

C’est à cette question essentielle qu’intervient le quatrième Larron. Je veux parler des revendications des ex-combattants et leurs différentes segmentations. Je veux parler aussi des démobilisés, des forces spéciales et de tous ceux qui revendiquent les agitations dans les casernes. A-t-on trouvé l’espace et le temps nécessaires pour les écouter, les comprendre et régler définitivement leurs problèmes. A-t-on trouvé la formule pour les amener à s’approprier la discipline civique qui pourra les retenir dans les casernes sans troubler les élections, si celles-ci devaient s’organiser ? Ce package constitue le premier membre du 4ème Larron.

Le second membre est tout simple : qui sait effectivement la nature du pacte entre les mutins et le pouvoir ? Qui sait le contenu des discussions ? Qui sait le nouveau contrat ? Ainsi, comme le stipule notre constitution, en cas de troubles pendant l’organisation des élections et que le pays est pris d’assaut, de part en part, par des éléments armés, le Président en place gouverne jusqu’à ce que le pays soit pacifié. Nous n’ignorons pas que des groupes, au sein du RDR,  rêvent de façon audible d’un troisième mandat pour le Président Ouattara.

                                                                                                                     Bertin KOFFI

 




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