L’An 1 de la détention arbitraire de Charles Blé Goudé / Affi N’Guessan : « La dictature a échoué, nous avons déjà gagné »

Il y a un an que l’ex-ministre, Charles Blé Goudé, président-fondateur du Cojep, croupit dans les geôles du régime Ouattara. Samedi dernier à Yopougon, son mouvement politique s’est souvenu de ces tristes douze mois. C’était en présence de nombreux invités dont Affi N’Guessan, Abou Cissé, Michel Gbagbo.

Lundi 20 Janvier 2014 - 19:21


Le président du Fpi, l’ex-Premier ministre Psacal Affi N’Guessan, était le parrain, samedi dernier, au Baron de Yopougon, de la commémoration de l’an 1 de la détention arbitraire de Charles Blé Goudé. « Nous avons déjà gagné. La dictature a échoué. Si nous sommes dehors, c’est parce que nous avons triomphé de la dictature », a soutenu Affi N’Guessan dans son adresse aux nombreux jeunes, vieux, femmes et hommes qui pris d’assaut la salle du Baron. « Pourquoi dialogue-t-on avec celui qu’on faisait pomper à Bouna, il y a 3 ans ? » , s’est- il interrogé. Rappelant ainsi la torture que ses codétenus politiques et lui ont subie de la part des hommes armés d’Alassane Dramane Ouattara à la prison de Bouna (nord du pays). M. Affi estime que c’est parce que le Pouvoir actuel a perdu qu’il se bat pour dialoguer avec ceux qu’il a emprisonnés. Selon lui, l’opposition tient le bon bout dans la lutte pour la reconquête du pouvoir.  « Le reste n’est qu’un question de temps pour dénouer ce qui est noué. Nous sommes dans le dialogue avec le gouvernement dans le but de nous rétrocéder le pouvoir », déclare-t-il. Précisant que c’est le Fpi qui peut gouverner la Côte d’Ivoire pour mieux répondre aux attentes des Ivoiriens. Pour lui, ceux qui sont actuellement au pouvoir et qui sont plus préoccupés par les emprisonnements des Ivoiriens y sont parvenus de façon provisoire et accidentelle. Mais pour réussir cette rétrocession du pouvoir au Fpi, Affi N’Guessan demande aux militants du Fpi et à toutes les forces du progrès de rester en permanence mobilisés. Il a évoqué le retour d’exil de Marcel Gossio, Ex-DG du port autonome d’Abidjan, comme un autre indicateur. « Gossio est rentré. L’ambassadeur Anne Gnahoré est rentré. Ils ne peuvent plus les arrêter.
Nous allons organiser le retour solennel des exilés. Restez vigilants et soyez prêts à vous lever quand nous allons vous appeler », a-t-il conclu. Rappelant que les partis et organisations qui luttent pour le même idéal se retrouveront la semaine prochaine pour constituer une dynamique. Parlant des discussions entre le Fpi et le régime Ouattara, Abou Cissé, ex-membre fondateur du Rdr, parti d’Alassane Ouattara, et oncle maternel de celui-ci, a loué la force de caractère d’Affi N’Guessan.

« Gbagbo sera candidat»


Parce que M. Cissé réalise que la tâche n’est pas aisée de discuter avec « des hommes qui n’ont pas de cœur. » . Il a précisé qu’il tient en horreur l’injustice à l’instar de tous ceux qui sont rassemblés, ce samedi au Baron de Yopougon. « J’ai fait la prison pour Ouattara. Il l’a oublié. On arrête des gens et on les traite de criminel. Où est le crime ? Laurent Gbagbo n’a jamais donné l’ordre de verser le sang. Cette injustice que nous subissons ne doit plus se répéter », s’indigne Abou Cissé. Avant de dire son assurance que  les prisonniers politiques seront libérés. Mais, précise-t-il, leur libération ne s’obtiendra pas par la soumission, mais plutôt par la lutte acharnée des Ivoiriens. Il souligne que cette lutte ne se fera avec la kalachnikov mais elle sera gagnée parce qu’elle va ressouder le Nord, le Sud, l’Ouest et l’Est de la Côte d’Ivoire. « Ce n’est pas le pouvoir qui va libérer nos prisonniers. Nous n’allons pas nous mettre à genoux ». Abou Cissé est tout aussi confiant pour la libération du président Gbagbo. « Il faut préparer l’arrivée de Laurent Gbagbo. Il sera parmi nous et sera candi - dat. », dira-t-il. Pour Michel Gbagbo, fils aîné du président Gbagbo, ce rassemblement du Cojep est justifié en ce sens qu’il vise à dénoncer toutes les formes d’injustice. « L’injustice dans notre pays, c’est le rattrapage, les exécutions, l’injustice se bâtit dans le mensonge, la pauvreté et la mal gouvernance. Ne nous laissons pas avoir par ceux qui nous apprennent le désamour. » Il a indiqué que la situation dramatique dans laquelle le pays est plongé est sans précédent. « Jamais nous n’avons été plus meurtris dans ce pays. Notre pays est défiguré, déchiré et occupé. Partout, règne l’injustice qui consume notre sang. Mon cœur saigne », s’écrie Michel Gbagbo. Lui- même ancien prisonnier politique du régime Ouattara, Michel Gbagbo a invité les Ivoiriens à faire en sorte que cette injustice qui ravage la Côte d’Ivoire cesse. Il a appelé le Pouvoir au dialogue pour assainir le pays. Selon lui, pour éviter le chaos, il faut libérer le président Gbagbo et tous les prisonniers politiques. Quant à Me Hervé Gouaméné, porte-parole du collectif des avocats de Charles Blé Goudé, il a dénoncé la situation de non droit qui règne dans le pays. Il a fustigé le traitement inhumain et dégradant infligé à leur client depuis un an. Me Gouaméné avait à ses côtés Me Boblé, président dudit collectif. Les femmes des détenus politiques civils et militaires et Bly Roselin, le président par intérim du Cojep, ont tous,  dans leurs interventions, exigé la libération de tous les détenus politiques.


Benjamin Koré

Source: Le Nouveau Courrier N°4619 lundi 20 janvier 2014







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