L’Afrique du Sud va se retirer de la CPI

CIVOX.NET
Vendredi 21 Octobre 2016 - 13:42


 

Le retrait prendra effet dans un an, selon une lettre de Pretoria transmise aux Nations unies et diffusée vendredi par la télévision publique.

L’Afrique du Sud  risque de devenir  le premier pays africain à se retirer  de la Cour pénale internationale (CPI). Peut-être même avant le Burundi. Pretoria a annoncé dans un courrier à l’ONU, mercredi, que ce retrait « prendra(it) effet dans un an, à compter  de la date de réception de cette lettre par le secrétaire général de l’ONU ». La nouvelle a été diffusée à la télévision publique vendredi 21 octobre.

« La République d’Afrique  du Sud a conclu que ses obligations au regard de la résolution pacifique des conflits étaient parfois incompatibles avec l’interprétation donnée par la Cour pénale internationale », est-il écrit dans la lettre de la chef de la diplomatie  sud-africaine, Maïté Nkoana-Mashabane. Du côté des Nations unies, un porte-parole a refusé de confirmer  la réception de ce courrier, daté du 19 octobre.

Découvrir le visuel interactif :   Quel bilan pour la Cour pénale internationale ?

Visite controversée d’Omar Al-Bachir

L’Afrique du Sud avait exprimé il y a déjà un an l’intention de quitter  la CPI après les critiques émises à son encontre pour ne pas avoir  exécuté un mandat d’arrêt lancé contre le président soudanais Omar Al-Bachir, accusé de génocide et de crimes de guerre. Le gouvernement sud-africain était en théorie tenu d’empêcher la venue du président soudanais sur son territoire ou de l’arrêter s’il venait à s’y trouver. Mais, en juin 2015, M. Al-Bachir était venu assister  au 25e sommet de l’Union africaine  (UA) à Johannesburg puis avait précipitamment fui l’Afrique du Sud, en dépit de la décision d’un tribunal de Pretoria lui interdisant de quitter le territoire. Muet pendant quarante-huit heures, le gouvernement sud-africain avait rompu le silence à l’heure où le président Al-Bachir était déjà rentré à Khartoum.

 

Pour se retirer du traité de Rome, un pays doit en informer  le secrétaire général de l’ONU et son retrait prend officiellement effet un an plus tard. Le Burundi semblait devoir  être  le premier pays à quitter la juridiction internationale après un vote en ce sens de son Parlement la semaine dernière. Le président burundais Pierre Nkurunziza a confirmé cette décision par décret mardi, mais l’ONU n’a pas encore reçu la notification officielle.

 

 

Active depuis juillet 2002 et composée de 124 Etats membres, la CPI est la première juridiction jouissant d’une compétence internationale permanente pour juger  les cas de crime de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre. Cependant, plusieurs pays africains reprochent à cette instance créée par le traité de Rome en 1998 de ne cibler  que despersonnalités  du continent.

En janvier, lors d’un sommet de l’Union africaine, les chefs d’Etat avaient ainsi adopté une proposition du Kenya, dont le président a eu maille à partir  avec la juridiction installée à La Haye, d’élaborer « une feuille de route pour un retrait de la CPI » pour les 34 pays du continent signataires du traité de Rome.

 




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