Konan Bédié : un tueur épargné

Vendredi 20 Avril 2012 - 05:14


Konan Bédié : un tueur épargné
Dans l’espace politique ivoirien, un acteur principal des malheurs des ivoiriens est rarement inquiété par les prises de positions ou autres dénonciations qui pleuvent sur ceux qui apparaissent comme les causes de tous les écarts enregistrés depuis des décennies. L’homme jouit et fait jouir sa famille en dehors de toute indication légale, et ce, depuis bien longtemps sans être inquiété par un quelconque dispositif judiciaire. Sa capacité à s’abriter et à pérenniser tranquillement ses biens mal acquis est fort interpellante. Il s’auto-protège quand il est aux affaires, et est protégé par on ne sait quoi quand il n’est pas au pouvoir. De quelle arme use-t-il pour se soustraire ainsi de toute condamnation régulière ? Tant que les méfaits restent au stade des détournements de biens publics comme ce fut le cas relativement aux milliards de L’union européenne, on peut comprendre que pour des raisons de dignité nationale, on règle le litige avec les créanciers sans faire trop de vague. Mais qu’il ne soit pas par la suite puni ou forcé à rembourser ce qu’il doit à la Nation, voilà l’intrigant. La quête de la paix à tout prix ne peut intégralement expliquer cette complaisance à son égard. Il est comme couvert par quelque chose voilé à la compréhension générale. Car ses méfaits ne s’arrêtent pas à ces tendances néfastes dont la réitération systématique jalonne le règne PDCI. Ils vont au-delà des malversations financières. Cet homme a en 1995 planifié la mort de nombreux ivoiriens qui ne réclamaient que des dispositifs électoraux sains. Il a fait une chasse meurtrière aux opposants et porté atteinte à la vie de nombreux cadres. Votre serviteur aurait pu faire partie de la liste s’il n’avait réussi à éviter à temps la soldatesque tribale instrumentalisée. Ayant concrètement contribué à la réussite du mot d’ordre de l’opposition dans sa région, il était recherché. Tous ceux qui sont morts ou gravement handicapés par l’hystérique volonté du sphinx à diriger le pays, n’ont été indemnisés par aucune structure indiquée. La parenthèse a été fermée sans que le coupable connu de tous ne soit inquiété ou poussé à demander pardon. Il a, après quelques soubresauts été accepté dans le jeu politique sans que cela n’émeuve outre mesure. Il est même par moments apparu au plan national comme incontournable dans l’inlassable quête de paix. Conscient de l’incapacité de ses collègues politiques à le déstabiliser fondamentalement, il a pris sur lui de participer activement à la déstabilisation sanglante du pays en s’alliant sans état d’âme, et par petites touches au sanguinaire Dramane. Tout ce que ce dernier a fait à la Nation, il l’a réalisé avec la complicité enthousiaste de Bédié. Les deux ont, au même titre et avec la même hargne, réalisé leur funeste dessein. Dès lors, comment comprendre le mutisme général face à son implication outrancière dans ce qui a cours en Côte d’ivoire ? Pourquoi aucune résolution ou dénonciation ne met en exergue son activisme sanglant ; peut-il fondamentalement ne pas être complice du trépas de nos concitoyens alors qu’il a sans voile comploté avec le bourreau indexé ? Qu’est-ce qui fait que ce rancunier sanguinaire soit abrité de toute poursuite ou récrimination alors que son activisme est manifeste ? Nous posons ces questions pour que le débat s’engage sur ce silencieux malfaisant, et que la postérité ait un regard éclairé sur tous les acteurs locaux du drame. Bédié ne s’est pas contenté de participer aux meurtres de nos compatriotes. Il a massivement usé de sa tribu pour accomplir ses actes. La haine inoculée aux baoulé a fait des dégâts, surtout à l’ouest où ceux-ci ont accompli avec dextérité leur mission de purification ethnique aux côtés des étrangers prédateurs. Accueillis sur des terres d’hospitalité légendaire, ils n’ont pas hésité à participer avec zèle à l’extermination de leurs bienfaiteurs, oubliant qu’aucune situation n’est définitive. Les yeux rougis par la perte du pouvoir politique, eux qui ont toujours confondu l’adhésion initiale des ivoiriens au pacte d’Houphouet à une reconnaissance de la supériorité de leur ethnie, ne pouvaient laisser passer l’occasion de faire une démonstration de force. Mais le problème c’est qu’ils ne doivent leur salut qu’à l’implication massive de forces étrangères. Et quand celles-ci ne seront plus là, ils étaleront nécessairement leur authentique faiblesse et fragilité. En d’autres mots, ils redeviendront ce qu’ils ont toujours été aux yeux de leurs bienfaiteurs, c’est- dire des démunis à aider. Avec eux, Bédié a été un acteur de premier plan dans la déstructuration du tissu social. Il doit donc être reconnu comme tel. Il se pourrait que le prix qui lui a été récemment attribué soit la reconnaissance explicite de ses exploits de prédateur financier et sanguinaire : le centre de la Côte d’ivoire, plus précisément le V baoulé a été et est à n’en pas douter le ventre mou des coups contre la Nation. Et Bédié, sorti de ce ventre, est la configuration visible de cette traitrise rarement prise à défaut. Tout comme nous le disions des ivoiriens du nord, il appartient aux baoulé de montrer sans délai qu’ils se dissocient des actes macabres que posent en toute inconscience les tueurs actuels de la République. La vraie liberté s’éprouve dans les situations de péril extrême. Ils doivent être libres ou se libérer de leur pesant fardeau. Leur intégration sans heurt dans la future République va avec une claire dénonciation de ce qui se passe : la balle est au centre.

Dr Oyissé, Suisse





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